Le monde est en compétition. Des pays sérieux même en Afrique engagent de grandes réformes. Les challenges se jouent sur plusieurs tableaux. Des couleurs sont annoncées à travers des projets d’envergure et des décisions d’amélioration des conditions sociales.
Au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, l’augmentation des salaires dans plusieurs secteurs d’activité a été actée. Au Bénin par exemple, l’agent de police actuellement rémunéré à 111.000 FCFA, passera à 150.000 FCFA soit 34% d’augmentation tandis que le militaire du rang passera de 91.000 FCFA à 133.000 FCFA, soit 46% d’augmentation. Une sage-femme dont le revenu net actuel est de l’ordre de 144.533 FCFA se retrouverait à 182.141 FCFA soit 37.608 FCFA de plus équivalant à 26% d’augmentation.
Un conducteur de véhicule administratif passerait de 62.645 FCFA à 104.024 FCFA, soit une augmentation de 41.379 FCFA correspondant à 66% d’augmentation. Un instituteur passerait de 112.381 FCFA à 150.479 FCFA soit 38.097 FCFA de plus correspondant à 34% d’augmentation. Au Sénégal, une indemnité mensuelle de logement de 100 000 FCFA a été instituée par décret présidentiel en janvier 2026, pour tous les agents de l’État (fonctionnaires et non-fonctionnaires) non logés et non couverts par des dispositions spécifiques, visant à corriger les inégalités de rémunération et à améliorer les conditions de vie des fonctionnaires, selon les annonces du Président Bassirou Diomaye Faye.
Après avoir suivi tous ces faits palpables des pays qui vivent et mettent au cœur de la gouvernance l’humain, on tombe dans un autre nommé Togo et on parle de meilleur classement B-Ready. C’est la trouvaille depuis quelques jours au pays de Faure Gnassingbé.
«Le Togo maintient ses efforts dans la facilitation d’un environnement propice aux affaires. Le pays a de nouveau été classé parmi les meilleurs du continent, selon le Business Ready 2025 (B-Ready) publié fin décembre par la Banque mondiale.
Avec un score global de 61,52 points, le Togo garde son statut de 1er pays business friendly en Afrique de l’Ouest, et se classe 3ème en Afrique Subsaharienne, derrière le Rwanda (67,94 points) et Maurice (63,20 points)», s’enflamment les sources officielles. Et si ce classement est vérifié, quelle est son incidence sur le quotidien des Togolais?
On a passé tout le temps à danser animation, à collectionner des meilleurs dans tous les domaines pendant que tout s’effondre dans le pays. Il est temps que cessent ces flatteries pour se consacrer à l’essentiel.
Honoré ADONTUI
Source : Lecorrecteur
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À l’occasion du Nouvel An 2026 et de la commémoration du 13 janvier, le professeur Pascal Adjamagbo, président du Mouvement du Peuple pour la Liberté (MPL-ABLODEVIWO), adresse un message solennel au peuple togolais. Entre vœux fraternels, dénonciation des dérives politiques et plaidoyer pour une unité nationale conçue comme une unité familiale, il exhorte les Togolais à l’optimisme, à la vérité et à la lutte collective pour la justice, dans la fidélité à l’héritage du Père de la Nation, Sylvanus Olympio.
Message au Peuple Togolais
Pour le Nouvel An et le 13 janvier 2026
Par le Professeur Pascal ADJAMAGBO
Le 13 janvier 2026
À l’occasion du Nouvel An et du 13 janvier 2026, l’amour de la Patrie Togolaise et du Peuple Togolais m’appelle à présenter à mes sœurs et frères togolais, à mes divers titres d’intellectuel engagé togolais et de Président du Mouvement du Peuple pour la Liberté (MPL-ABLODEVIWO), mes vœux les plus cordiaux et fraternels de bien-être et de bonheur familial, professionnel, social et politique, malgré le joug de la vie chère et de la dictature héréditaire depuis bientôt soixante ans, dont on ne voit pas pour le moment le bout du tunnel avec l’imposition illégale et illégitime, à la faveur du dernier « un coup d’état constitutionnel », de la fameuse « cinquième république togolaise ».
Devant « la souffrance du peuple togolais », dont j’ai déjà témoigné à la face du monde dans un article publié sous ce titre dans le journal français « La Croix » du jeudi 4 février 1993, le devoir moral m’interdit de me taire, par lâcheté ou pire par complaisance, conformément à la citation du célèbre intellectuel et linguiste américain, Noam Chomsky, « il est de la responsabilité des intellectuels de dire la vérité et de dénoncer les mensonges ».
Conformément à la réflexion du Prix Nobel de la Paix, Martin Luther King, « un homme meurt lorsqu’il refuse de défendre ce qui est juste. Un homme meurt lorsqu’il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt lorsqu’il refuse de prendre position pour ce qui est vrai », pour compléter mes vœux de bonheur à mes sœurs et frères togolais, qu’il me soit permis d’ajouter les derniers mots du célèbre poème « Desiderata » du poète américain Max Ehrmann, « Sois optimiste. Bats-toi pour être heureux », « Be cheerful. Strive to be happy ».
Pour entretenir l’optimisme et la combativité que je vous souhaite pour l’année 2026 et bien au-delà, permettez-moi de citer et de commenter le slogan du MPL-ABLODEVIWO, « Le Togo, un seul peuple, une seule famille », « Togo, douko deka, pome deka » en éwé-mina.
Ce slogan est d’abord un résumé et une actualisation du second couplet de l’hymne national togolais : « Dans l’unité nous voulons te servir, c’est bien là de nos cœurs, le plus ardent désir. Clamons fort notre devise, que rien ne peut ternir. Seul artisan de ton bonheur, ainsi que de ton avenir, brisons partout les chaînes de la traîtrise, Et nous te jurons toujours fidélité, Et aimer servir, se dépasser, faire encore de toi sans nous lasser, Togo chéri, l’or de l’humanité. »
Ce slogan est aussi une actualisation du vibrant appel à l’unité nationale lancé en les termes suivants par le Père de la Nation Togolaise, Sylvanus Olympio, à la fin de son discours historique à l’Assemblée Nationale Togolaise le jour de la proclamation de l’indépendance du Togo le 27 avril 1960 : « Nous devons tout mettre œuvre pour que le Togo de nos fils et filles soit plus beau, plus grand, plus uni que le nôtre. Les vieilles querelles tribales, les vieilles animosités de familles doivent définitivement disparaître. De l’océan aux frontières du nord, de l’Akposso au Mono, le Togo doit être un, libre et fier. »
Pour le commun des togolais, la nation étant une notion abstraite, contrairement à la notion de peuple, et surtout à la notion de famille dont il a une expérience concrète pouvant être transférée au niveau du peuple togolais, les actualisations citées que représente le slogan du MPL-ABLODEVIWO ont pour but de rendre plus parlante, plus concrète, et surtout plus militante et plus contraignante, l’unité nationale togolaise en la renforçant en la transformant en l’unité familiale togolaise, avec ce que cette dernière unité suppose comme la dénonciation fraternelle des attitudes inacceptables de la part de certains membres de la famille, et comme des processus inéluctables d’auto-régulation familiale pour mettre fin à ces attitudes inacceptables.
C’est au nom de l’égalité inviolable en droit des membres de la famille que dans aucune famille, personne ne peut accepter que certains membres de la famille s’accaparent des pouvoirs et des richesses de la famille au détriment mécanique des autres membres, en allant jusqu’à faire du mal par abus de pouvoir et par méchanceté, inhumanité ou immoralité, à certains membres de la famille. C’est donc au nom de l’unité et de l’égalité familiale que les abus de pouvoir, les détournements de richesse, les actes d’injustice, de corruption et d’immoralité de certains membres de la famille doivent être dénoncées et combattus avec vigueur et rigueur par tous les autres membres de la familles, même si ces derniers ne sont pas personnellement lésés par ces actes déviants, en appliquant au domaine de prédilection que constitue la famille le maxime humaniste universel de Suétone : « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».
Puissent donc le slogan du MPL-ABLODEVIWO, « le Togo, un seul peuple, une seule famille », et l’exhortation de l’auteur du poème « Desiderata », « sois optimiste, bats-toi pour être heureux », entretenir tout le long de cette nouvelle année et bien au-delà d’elle, la flamme des vœux de bonheur que je formule pour tout le peuple togolais pour le Nouvel An 2026, en ce jour solennel de commémoration de l’assassinat du Père de l’indépendance du Togo et le Père de la Nation togolaise, née le 27 avril 1960, comme c’est gravé de manière indiscutable en lettres géantes sur le monument de l’indépendance du Togo !!!
« L’ÉTERNEL BÉNISSE LE TOGO » !!!
ABLODE, ABLODE, ABLODE GBADJA !!!
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S’il est possible de modifier le destin d’un peuple – Notre DESTIN – Il demeure impossible d’altérer notre passé historique !
L’histoire politique du Togo demeure marquée par une controverse fondamentale concernant l’identité du père de la nation. Tandis que le régime d’Gnassingbé Eyadéma s’est efforcé, durant près de quatre décennies, d’imposer la figure du général comme architecte de la nation togolaise, une analyse rigoureuse des faits historiques révèle une tout autre vérité. C’est incontestablement Sylvanus Olympio qui mérite ce titre honorifique, lui qui a conduit le Togo vers son indépendance et posé les fondements institutionnels de l’État moderne. La présente analyse se propose de démontrer, arguments historiques à l’appui, pourquoi la paternité de la nation togolaise revient légitimement à Olympio plutôt qu’à Eyadéma, dont l’accession au pouvoir fut marquée par la violence et dont le règne s’inscrivit dans une logique de prédation plutôt que de construction nationale.
Sylvanus Epiphanio Olympio incarne par excellence la figure du père fondateur. Homme politique visionnaire né en 1902, formé à la London School of Economics, Olympio consacra l’essentiel de sa vie à l’émancipation du peuple togolais. Dès les années 1940, il s’engagea résolument dans le combat anticolonial, devenant en 1946 le président du Comité de l’Unité Togolaise (CUT), mouvement politique qui militait ardemment pour l’indépendance du territoire sous tutelle française.
Son leadership s’exprima particulièrement lors des consultations référendaires des années 1950. En 1956, alors que la France proposait un statut d’autonomie limité, Olympio s’opposa fermement à ce qu’il considérait comme un subterfuge colonial. Son combat aboutit finalement le 27 avril 1960, date à laquelle le Togo accéda à l’indépendance complète, devenant ainsi le premier territoire africain sous tutelle des Nations Unies à obtenir sa souveraineté. Cette réalisation historique constitue en soi un titre de gloire indélébile et justifie pleinement l’attribution du statut de père de la nation.
Au-delà de la conquête de l’indépendance formelle, Olympio se distingua par sa capacité à édifier les structures d’un État moderne. Élu président de la République en avril 1961 lors d’élections démocratiques supervisées par les Nations Unies, il s’attela immédiatement à la construction institutionnelle du jeune État. Il dota le pays d’une constitution, organisa l’administration territoriale, créa une monnaie nationale et jeta les bases d’une économie autonome. Sa gestion rigoureuse des finances publiques et son refus de l’endettement excessif témoignaient d’une vision économique responsable, rare à l’époque dans l’Afrique nouvellement indépendante.
La différence fondamentale entre Olympio et Eyadéma réside dans le mode d’accession au pouvoir. Olympio accéda à la magistrature suprême par la voie démocratique, avec l’assentiment populaire exprimé dans les urnes. Cette légitimité constitutionnelle et populaire confère à son leadership une dimension morale et politique que ne saurait revendiquer celui qui s’empara du pouvoir par la force.
Gnassingbé Eyadéma, de son vrai nom Étienne Eyadéma, ancien sergent de l’armée coloniale française, participa activement au coup d’État sanglant du 13 janvier 1963 qui coûta la vie au président Olympio. Cet assassinat politique, perpétré devant l’ambassade des États-Unis à Lomé, constitue l’un des premiers coups d’État militaires de l’Afrique post-coloniale et inaugura tragiquement une ère d’instabilité politique sur le continent. Eyadéma lui-même ne prit officiellement le pouvoir qu’en 1967, lors d’un second coup d’État, renversant le président Nicolas Grunitzky.
Comment pourrait-on qualifier de père de la nation celui dont l’entrée en politique s’effectua par l’élimination physique du véritable fondateur du pays ? Cette interrogation suffit à elle seule à disqualifier toute prétention d’Eyadéma au titre honorifique revendiqué. Un père de la nation se doit d’incarner les valeurs fondatrices d’un peuple ; il ne saurait être celui qui a versé le sang du véritable géniteur de l’État.
L’examen comparatif des réalisations respectives d’Olympio et d’Eyadéma révèle des trajectoires diamétralement opposées. Durant son bref mandat de moins de trois ans, Olympio parvint à établir les fondements économiques et institutionnels du Togo indépendant. Il privilégia l’éducation, investit dans les infrastructures de base et maintint une politique étrangère équilibrée, refusant les alignements automatiques de la Guerre froide. Sa gestion prudente évita l’endettement excessif qui allait plomber tant d’économies africaines dans les décennies suivantes.
Face à ce bilan, le régime d’Eyadéma, qui s’étendit sur trente-huit années, présente un tableau bien moins glorieux. Certes, des infrastructures furent construites, notamment des routes et des bâtiments publics, mais ces réalisations matérielles ne sauraient occulter la nature profondément autocratique du régime. Le système politique mis en place reposait sur un parti unique, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), qui monopolisait l’espace politique et réprimait violemment toute dissidence.
Le culte de la personnalité érigé autour d’Eyadéma atteignit des proportions grotesques, avec la multiplication de portraits géants, de monuments à sa gloire et de récits hagiographiques présentant le président comme un être providentiel, voire doté de pouvoirs surnaturels. Cette idolâtrie forcée, loin de témoigner d’un authentique attachement populaire, révélait plutôt la fragilité d’un pouvoir qui ne pouvait se maintenir que par la propagande et la répression.
L’histoire a finalement rendu justice à Sylvanus Olympio. Sa mémoire demeure vivace dans le cœur de nombreux Togolais qui y voient le symbole d’une promesse démocratique inaccomplie. Les intellectuels, historiens et défenseurs des droits humains reconnaissent unanimement sa contribution décisive à l’émancipation nationale. Le martyre subi le 13 janvier 1963 a d’ailleurs renforcé sa stature historique, faisant de lui une figure tragique mais héroïque de l’histoire togolaise.
À l’inverse, le legs d’Eyadéma demeure profondément controversé. Si certains lui reconnaissent une certaine stabilité politique et des réalisations infrastructurelles, cette appréciation ne saurait faire oublier les violations massives des droits humains qui caractérisèrent son règne. Les massacres de Bê en 1991, où des centaines de manifestants pacifiques furent tués par les forces de sécurité, constituent une tache indélébile sur son bilan. La confiscation des ressources nationales par un cercle restreint de fidèles, l’instauration d’une dynastie familiale avec la succession dynastique orchestrée en faveur de son fils Faure Gnassingbé, tous ces éléments témoignent d’une vision patrimoniale du pouvoir aux antipodes de l’idéal national.
L’examen objectif de l’histoire togolaise conduit à une conclusion sans équivoque : Sylvanus Olympio demeure le véritable père de la nation togolaise. C’est lui qui arracha l’indépendance au colonisateur, qui posa les fondements institutionnels de l’État moderne et qui incarna une vision démocratique et progressiste pour son pays. Sa trajectoire politique, son élection démocratique et son engagement en faveur de la souveraineté nationale légitiment pleinement ce titre honorifique.
Gnassingbé Eyadéma, quelles que soient les infrastructures construites durant son long règne, ne saurait revendiquer cette paternité symbolique. Son accession au pouvoir par la violence, la nature autoritaire de son régime et la perpétuation d’une dynastie familiale contredisent les valeurs mêmes qui définissent un père fondateur. L’histoire, cette juge implacable, a d’ores et déjà rendu son verdict : Olympio appartient au panthéon des héros de l’indépendance africaine, tandis qu’Eyadéma s’inscrit dans la liste des autocrates qui ont confisqué les aspirations légitimes de leur peuple.
Reconnaître Olympio comme père de la nation togolaise n’est pas seulement un exercice de justice historique ; c’est également affirmer les valeurs démocratiques et républicaines qui doivent guider l’avenir du Togo. C’est refuser la falsification de l’histoire et honorer la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et la dignité de leur peuple. Dans cette quête de vérité historique réside peut-être aussi l’espoir d’un Togo réconcilié avec son passé et tourné vers un avenir démocratique ; car, si l’on peut infléchir le cours de la destinée d’un peuple, nul ne saurait réécrire les annales de son passé. De grâce, laissez-nous jouir au moins de notre histoire en l’écrivant dans toute sa splendeur et véracité. Sentinelle, où en est la nuit ?
Par : Ben Djagba
Salt Lake City, Utah, USA
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Tout 13 janvier comme hier mardi est une date commémorative au Togo. Mais dans ce pays il n’y a pas un seul 13 janvier. Il y en a deux, tous deux commémorés.
Le premier, celui de 1963, commémore l’assassinat d’un Président librement choisi par son peuple, Sylvanus Olympio. Mais au vu de ce qui se passe aujourd’hui dans la zone franc en Afrique, au-delà d’Olympio c’est la Souveraineté togolaise qui a été étouffée. Sylvanus avait créé le franc togolais et s’apprêtait à sortir de la zone franc. Le Togo qui n’a jamais été une colonie française devient désormais un terrain d’expérimentation de la nouvelle forme de colonisation à réserver à ses colonies africaines en voie d’indépendance.
Le second 13 janvier est celui de 1967. Lors du coup d’Etat de janvier 1963, les acteurs togolais qui ont pris part au complot se sont regroupés en un Comité du salut public. C’était des individus clandestinement enrôlés comme tirailleurs sénégalais sous le couvert de la citoyenneté dahoméenne parce qu’en tant que pays sous-tutelle, le Togo était une colonie de l’ONU et non de la France. Rentrés chez eux après leur carrière en Indochine et en Algérie, les tirailleurs « togolais » retrouvent leur nationalité mais perdent leurs droits d’anciens combattants car le statut d’anciens combattants togolais est inconnu au bataillon. Ils étaient donc réduits à venir demander pitance à l’ambassade de France au Togo. Dans cet état ils étaient prêts à accomplir les tâches pour lesquelles l’Ambassade de France ne voulait pas se salir les mains. « Plutôt de que venir tous les jours mendier quelques pièces ici, organisez-vous, faites un coup d’état et vous disposerez de l’argent du pays ». C’est, en substance, les propos que l’on murmurait à leurs oreilles chaque fois qu’ils venaient faire la manche à l’Ambassade.
Le Comité du salut public n’a pas tardé à passer à l’action guidé, pas à pas, par un gendarme, conseiller de l’Ambassade de France. Cette nuit-là, la troupe togolaise n’a pas pu mettre la main sur le Président. Mais grâce à une information de l’Ambassade américaine, l’Ambassade de France a su où le Président s’était caché. Le gendarme français qui dirigeait la troupe y est allé pour achever la tâche lui-même. Pour se disculper l’Ambassade choisit dans le groupe Etienne Eyadéma pour lui demander d’endosser le coup mortel contre une grosse récompense, le poste de Président de la République. Eyadéma hésita, mais quand on lui a assuré que Général de Gaulle lui-même le soutiendrait il fut rassuré et accepta. Mais comme le client n’était pas de taille à assumer sur le champ les fonctions promises il fut convenu que l’Ambassade prendrait un temps pour le former pendant qu’un gouvernement provisoire gérait les affaires courantes. C’est ainsi que Nicolas Grunitzky, Premier Ministre pro-dépendance de 1956 à 1958, fut rappelé pour former un gouvernement dit d’union nationale et dont la tâche était d’amuser la galerie avec une soi-disant réconciliation nationale en attendant la maturation du prédestiné. Pendant les trois ans qu’a duré cette formation, l’étudiant à domicile de l’Ambassade montait en grade dans l’armée d’une manière qui défie toute loi militaire. C’est en pleine réunion de la Commission de Réconciliation qu’une victime du coup d’état de 1963, l’ancien ministre Théophile Mali, prit la parole pour proposer un grade d’officier supérieur à son ancien bourreau.
Fin 1966, Eyadéma, désormais Général et Chef d’état-major de l’armée, est jugé apte à diriger le pays. Convaincu qu’il ne peut pas accéder au pouvoir par des voies démocratiques il opta pour un coup d’état, mais cette fois un coup d’état ‘populaire et démocratique’. Par le biais de ses pions au sein du gouvernement il suscita une forte contestation contre le président en exercice. Cette contestation devait se poursuivre par des manifestations dans la rue exigeant le départ de Grunitzky et la prise du pouvoir par l’armée. Eyadéma et l’Ambassade de France avaient choisi, pour ce coup, la date du 13 janvier, afin qu’un nouveau 13 janvier, populaire celui-là, vienne faire oublier le 13 janvier sanglant de 1963. Comme prévu donc, un nouveau coup d’état militaire intervint le 13 janvier 1967, ‘à l’appel de la population’ cette fois.
Quand l’héritier de Eyadéma et son parti UNIR commémorent le 13 janvier, ils pensent au coup de force de 1967 qui parachève la récompense de la France à leur géniteur tandis que le peule pense au 13 janvier 1963 où il a perdu son indépendance.
Zakari Tchagbele
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Le gouvernement de Togo a décrété la journée du vendredi 2 janvier 2026 fériée, chômée et payée sur l’ensemble du territoire national. L’information a été rendue publique à travers un communiqué officiel émanant du ministère de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social.
Cette mesure s’applique à l’ensemble des agents de l’administration publique, aux travailleurs du secteur privé ainsi qu’à toutes les catégories socioprofessionnelles concernées par la réglementation en vigueur. Elle vise, selon les autorités, à permettre aux populations de prolonger les célébrations du Nouvel An et de bénéficier d’un temps de repos après les festivités de fin d’année.
Le gouvernement a par ailleurs invité les employeurs et les travailleurs à se conformer strictement aux dispositions prévues pour cette journée fériée, conformément aux textes régissant le droit du travail au Togo.
Par cette décision, les autorités entendent favoriser un climat social apaisé en ce début d’année 2026, tout en tenant compte des impératifs de bien-être des citoyens.
Togoactualité
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Au Togo, plus de 1 500 prisonniers ont recouvré la liberté à la faveur d’une grâce présidentielle accordée par le Président du Conseil, Faure Gnassingbé. La décision a été prise lors du Conseil des ministres tenu le mardi 30 décembre 2025, à la veille des célébrations de fin d’année.
Les bénéficiaires de cette mesure exceptionnelle proviennent des différentes prisons civiles du pays. Ils ont été libérés avec effet immédiat, conformément aux dispositions arrêtées par les autorités togolaises.
Selon les informations officielles, les profils des détenus concernés sont variés. La grâce présidentielle a touché aussi bien des personnes purgeant de longues peines que des condamnés pour des infractions mineures. La mesure s’étend également aux détenus âgés en fin de peine ainsi qu’aux personnes souffrant de maladies graves, traduisant une prise en compte des situations individuelles et humanitaires.
Pour le gouvernement, cette initiative vise plusieurs objectifs majeurs. Il s’agit, d’une part, d’apporter un soulagement et de la joie aux familles des bénéficiaires durant la période des fêtes et, d’autre part, d’offrir une seconde chance aux anciens détenus en facilitant leur réinsertion sociale.
Au-delà de son caractère humanitaire, cette décision contribue également à la lutte contre la surpopulation carcérale, un défi structurel auquel sont confrontés les établissements pénitentiaires du Togo.
Cette grâce présidentielle de grande ampleur s’inscrit ainsi dans une dynamique de clémence et de régulation du système pénitentiaire, en fin d’année 2025.
Togoactualité
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Dans son message de fin d’année, la Dynamique pour la Majorité du Peuple dresse un réquisitoire sévère contre vingt ans de gouvernance de Faure Gnassingbé, dénonce le passage à la Ve République et la dégradation socio-économique du pays, tout en proposant un nouveau contrat social fondé sur la justice, la souveraineté économique et l’union des forces démocratiques à l’horizon 2026.
DYNAMIQUE POUR LA MAJORITE DU PEUPLE
DMP
Message de fin d’année de la DMP au peuple Togolais.
Chers compatriotes Togolaises et Togolais, l’année qui s’achève a été, pour la DMP, celle de la résistance républicaine. Malgré un contexte politique de plus en plus verrouillé, qui étouffe l’ensemble des citoyens et retrecie le champ d’action de toutes les forces politiques résistantes, nous avons maintenu le cap de la défense des aspirations profondes des Togolais. Nos activités de sensibilisation, nos prises de position constantes contre le changement constitutionnel et notre présence sur le terrain témoignent de notre refus de voir la démocratie togolaise s’éteindre définitivement. Nous sommes restés la voix de ceux que l’on veut faire taire. En terme d’état des lieux de la situation préoccupante de notre pays, nous ne pouvons que déplorer les faiblesses de plus en plus criardes de la gouvernance de M. Faure Gnassingbé depuis les 20 dernières années. En effet, la gestion du Togo par M. Faure Gnassingbé s’apparente à une calamité et devient dangereuse du point de vue des conséquences sociales que cela implique pour notre Jeunesse. Le bilan de la gouvernance actuelle reste marqué par des carences structurelles que nous avons toujours dénoncé fermement :
1. Sur le plan politique.
Le passage forcé à la Ve République, sans consultation populaire directe, est un déni de démocratie qui fragilise le contrat social. L’instrumentalisation de la justice pour la répression des figures de l’opposition, des journalistes critiques et des acteurs de la société civile ainsi que leur embastillement constituent des dérives et des menaces graves pour notre vivre ensemble. Le rétrécissement des libertés publiques par des lois liberticides votées juste pour protéger le pouvoir de Faure Gnassingbé classe malheureusement notre pays comme l’une des dictatures les plus féroces du monde.
2. Sur le plan socio-économique
La vie chère et l’injustice sociale font leur lit dans le quotidien des Togolais. Alors que les indicateurs macroéconomiques sont mis en avant par le pouvoir avec des chiffres souvent manipulés à dessein, le panier de la ménagère ne cesse de se vider. L’écart entre la minorité accapareuse et pilleuse et la grande majorité précarisée devient de plus en plus insupportable et intolérable. De nombreux foyers autrefois classés parmi les plus ou moins favorisés tombent en déchéance et frôlent aujourd’hui le seuil de la classe misérable. Toutes ces réalités apportent leurs lots d’insécurité dans le pays et sur tous les plans.La persistance des détentions politiques, le maintien de nombreux compatriotes en exil et les restrictions aux libertés de réunion affaiblissent la cohésion nationale au moment où le pays doit faire face à des menaces sécuritaires majeures.
3. Notre contrat pour un autre Togo.
En terme de perspectives pour un meilleur lendemain de nos compatriotes, la DMP invite les Togolais à comprendre et à s’approprier son nouveau contrat social sur le plan économique et qui se décline en ces quelques points que voici:
A- Les Ambitions Économiques de la DMP « Pour une économie au service du citoyen, et non d’une minorité. »
Face à l’échec d’un modèle caractérisé par la corruption et le pillage systématique des ressources de l’Etat, ponctués par des annonces propagandistes sans aucune concrétisation sur le terrain, la DMP propose pour 2026 une rupture économique structurante autour de quatre piliers :
· La Souveraineté Alimentaire et le Soutien aux Producteurs.Plutôt que de dépendre des importations coûteuses des denrées alimentaires, la DMP prône une transformation radicale de notre agriculture. Ceci passe par:a) des subventions massives et rationnelles des intrants agricoles ainsi qu’une assistance technique et la mécanisation des petites exploitations pour garantir l’autosuffisance alimentaire aux citoyens.b) la création de banques agricoles régionales pour offrir des crédits à taux préférentiels (moins de 5%) aux jeunes agriculteurs et aux femmes.· La Lutte Radicale contre la Vie ChèreLe pouvoir d’achat est notre priorité absolue.La DMP propose aux Togolais une baisse immédiate de la TVA sur les produits de première nécessité (riz, huile, lait, savon, le gaz de cuisine,).Le plafonnement des prix du carburant par une réduction des taxes prélevées par l’État, afin de faire baisser mécaniquement les coûts de transport et des denrées.Une revalorisation du SMIG indexée sur l’inflation réelle pour redonner de l’air aux travailleurs.· Une réforme fiscale pour une justice sociale.Il est temps de passer d’une fiscalité de pression à une fiscalité d’incitation :Allègement fiscal pour les PME/PMI locales afin de stimuler l’emploi des jeunes.· Faire un audit citoyen de la dette publique.Chaque franc emprunté au nom des Togolais doit être justifié par des résultats visibles sur leur bien-être, et non dilapidé dans des projets sans impact social.La DMP exige pour 2026, une transparence totale dans la gestion des ressources extractives (phosphates, clinker, or, fer) ainsi que celles des sociétés telles que le Port Autonome de Lomé, la Société Aéroportuaire de Lomé, les sociétés de la télécommunication ainsi que toutes les régies financières de l’Etat (OTR, CNSS, SAFER) afin que les dividendes servent enfin à financer nos hôpitaux, nos écoles et nos routes.
B- L’Économie de ProximitéLe Togo ne doit pas se résumer à Lomé et à son port ou aéroport.La décentralisation économique réelle doit se réaliser avec une dotation spéciale pour chaque région et commune afin de développer des industries de transformation locale (agro-industrie).Le soutien au secteur informel par un programme de micro-assurance santé et une simplification administrative afin d’encourager la formalisation sans étouffement fiscal des nouvelles entreprises.En 2026, nous devons choisir entre une économie de l’exclusion et une économie de la dignité.Aussi, nos compatriotes résidant sur les zones minières, ciblées par le gouvernement dans les préfectures de Bassar, de Zio et de Vo doivent-ils bénéficier d’un dédommagement conséquent à la hauteur des sacrifices qu’ils seront obligés à consentir en quittant leurs terres en vue de l’intérêt collectif. Le gouvernement de Faure Gnassingbe se doit de faire preuve d’humanisme pour une fois pour traiter ces populations avec respect et dignité dans le cadre de leur relocalisation.
4. Nos vœux au peuple Togolais.
Vers l’Union et le Renouveau Patriotique.
“À vous, Togolaises et Togolais de l’intérieur et de la diaspora, nous vous exprimons notre solidarité. Nous connaissons vos sacrifices et votre courage face aux épreuves quotidiennes. Nous sommes conscients aussi de votre capacité de résilience face à toutes ces épreuves que vous impose le régime RPT-Unir depuis plusieurs décennies. Mais tenez bon et ne relâchez pas car la nuit est longue mais le jour vient.
Pour l’année 2026, nous vous souhaitons une année de rupture et d’audace. Que cette nouvelle année soit celle de l’union sacrée des forces démocratiques pour restaurer la dignité de notre peuple.Que la santé, la paix et la prospérité entrent dans chaque foyer.
Restons debout, car c’est ensemble que nous bâtirons le Togo que nous méritons et qui nous ressemble.
Fait à Lomé le 31 décembre 2025.
La Conférence des Présidents.
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Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l´Unité Nationale, en abrégé HCRRUN; un tel libellé d´une telle institution renvoie la plupart du temps aux efforts destinés à recoller les morceaux dans une société divisée, au sein de laquelle les citoyens, par le fait d´un long conflit armé fratricide, se regardent encore en chiens de faïence. Mais ici, nous sommes au Togo, un pays qui n´a jamais connu la guerre, mais un pays qui n´est pas forcément en paix non plus, depuis plus d´un demi-siècle. Un pays sous le joug d´une gouvernance politique brutale de père en fils, une gouvernance qui n´a pas pour but le développement du pays et l´émancipation sociale de ses habitants. Une gouvernance inhumaine incarnée par un régime qui ne se soucie que de son maintien au pouvoir coûte que coûte, malgré son massif rejet par les populations togolaises. Et pour se maintenir au pouvoir, conscient qu´il est rejeté par son peuple, le régime Gnassingbé instaure un système brutal pour faire peur et régner par la force. Ça s´appelle dictature.
Et un tel régime autoritaire, comme celui que nous subissons au Togo, contrôlant tous les leviers de la vie politique, ayant anéanti toute contestation par la terreur, peut se créer sa propre opposition, ses propres lois, mettre sur pieds ses propres organisations de défense des droits de l´homme, sa propre justice, et ses propres institutions pour soi-disant poursuivre les criminels qui auraient commi des crimes dans son intérêt. Et même prétendre dédommager les victimes ou enfants des victimes et réconcilier le pays. Les quelques victimes et leur progéniture sont présentées à travers le pays comme des citoyens heureux dont le tort causé venait d´être «réparé» par des billets de banque. Et on appelle ça réparations et reconciliation. Mais quels sont ceux qui ont commis ces crimes? Et où sont-ils? Quels en sont les commanditaires? Voilà ce qu´est le HCRRUN et voilà ce que nous écrivions en Janvier 2023 sur ce qui n´était au départ qu´une coquille vide: «Le HCRRUN (Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale) créé pour soi-disant mettre en oeuvre les recommandations de la non-moins scandaleuse CVJR (Commission Vérité, Justice et Réconciliation) est dirigé par la juriste Mme Awa Nana-Daboya. Juriste de formation, ancienne présidente de la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), Awa Nana n´est pas une inconnue dans le paysage politique togolais. Quel Togolais a oublié les élections présidentielles de 1998 et les faits d’armes de la présidente de la Commission Électorale Nationale (CEN) d’alors? Manquant de courage pour affronter le courroux du dictateur Gnassingbé Éyadéma que les premières tendances donnaient largement battu par Gilchrist Olympio, Nana Awa donna sa démission pour permettre au feu Général Séyi Mêmene, alors ministre de l’intérieur, de proclamer de faux résultats en faveur de qui tout le monde sait.»
Quant à la CVJR proprement dite, elle fut créée en 2009 «dans le but de pacifier le pays des soubresauts qu´il a traversés de 1958 à 2005». Et malgré la bonne volonté et la bonne foi de feu Monseigneur Nicodème Anani Barrigah-Bénissan, président de ladite commission de 2009 à 2012, l´initiative qui n´était qu´une arnaque de plus, était née sous de mauvais auspices. En effet, l´Afrique du Sud dont le Togo s´est inspiré de l´initiative, la Commission de la vérité et de la réconciliation (CVR), était un pays qui sortait de l´apartheid et dont le but de la Commission était de recenser toutes les violations des droits de l´homme commises pendant la période de la politique d´apartheid, afin de permettre une reconciliation nationale entre les victimes et les auteurs d´exactions. En un mot, le pays de Nelson Mandela revenait de loin et toutes les conditions étaient réunies à l´époque, après la fin du régime blanc de l´apartheid, pour parler de violations passées, de justice, de réparations et de réconciliation. Les responsables de l´ancien sytème n´étaient plus en possession de leur pouvoir de nuisance. En d´autres termes, on peut dire que la peur avait changé de camp.
Est-ce le cas aujourd´hui au Togo? Peut-on faire le procès d´un régime de dictature qui est encore au pouvoir, qui est en possession de toutes ses capacités de nuisance et qui continue à violer en toute impunité les droits de l´homme? Revenant dans une déclaration, le 03 juillet 2025, sur les sanglants évènements des 26, 27 et 28 juin 2025, l´ancien Ministre de l´Intérieur du Togo de 2002 à 2005, François Boko, dénonçait le bilan de la répression militaire qui était de sept morts et des corps dont celui d´un enfant mineur retrouvés dans la lagune de Bè. Le Saint-Cyrien a profité de sa sortie pour rappeler les dizaines de corps retrouvés dans la lagune de Bè en avril 1991, résultats de la répression militaire au cours de manifestations pacifiques. Il n´a pas manqué, non plus, de parler des 400 Togolais morts, assassinés, selon une enquête indépendante des Nations-Unies, à l´avènement dynastique de Faure Gnassingbé au pouvoir en 2005. Il termine en rappelant toutes les répressions sauvages sur des populations togolaises aux mains nues, comme celles du soulèvement de 2017, par exemple, qui ont permis au régime de Faure Gnassingbé de se maintenir au pouvoir. « Ce cycle de violence permanent avait été audité par la CVJR en 2012. Financée à hauteur de trois millions d’euros par le PNUD, l’Union européenne, la France et l’Allemagne, la CVJR avait formulé 68 recommandations pour que ces actes de barbarie ne se renouvellent pas. Le rapport n’a jamais été mis en œuvre par les gouvernements successifs de Monsieur Faure GNASSINGBE et les mêmes faits reviennent.»
Vu tout ce qui précède, nous sommes en droit de nous demander de quelles réparations et de quelle réconciliation Madame Nana Awa et son manchin de HCRRUN nous parlent, quand les auteurs des exactions de toutes sortes et d´autres crimes sur des Togolais, depuis au moins 1990, sont toujours en liberté.
Samari Tchadjobo
Allemagne
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Par Rodrigue Ahégo
La Voix des Sans Voix
L’année 2025 aura marqué un tournant historique pour plusieurs peuples africains qui, portés par une soif de liberté et de dignité, ont su renverser des régimes autoritaires installés depuis des décennies. Du Sahel à l’Afrique centrale, des révolutions populaires ont émergé, impulsées par une jeunesse éveillée, des sociétés civiles déterminées et des contextes sociopolitiques et économiques devenus intenables. Malgré la répression, les coupures d’internet, l’usage disproportionné des forces de sécurité, les citoyens ont bravé la peur et imposé des transitions. Ces victoires ne sont pas parfaites, mais elles démontrent que lorsqu’un peuple se lève, ni la violence d’un régime, ni le silence de la communauté internationale ne peuvent contenir éternellement le vent du changement. Hélas pour le peuple togolais qui égrène encore et malheureusement son chapelet de soif de liberté, dans une symphonie inachevée. Il se fait encore compter dans le lot des ces nombreux pays où les efforts n’ont pas permis d’achever ou de conclure les longues luttes.
En effet, dans ces nombreux pays, si les révolutions piétinent, ce n’est pas par manque de bravoure. C’est parce qu’elles se heurtent à des systèmes d’une sophistication redoutable, passés maîtres dans l’art de manipuler les apparences pour séduire le monde tout en étouffant les leurs. Le Togo, sous l’ère de Faure Gnassingbé, est devenu le laboratoire de cette « dictature de velours » à l’extérieur, mais de fer à l’intérieur.
La vitrine contre la réalité : un double langage permanent
Le régime togolais a appris à jouer une partition savante. Sur la scène internationale, il arbore un visage fréquentable : médiateur de paix, hôte de grands sommets, adepte des réformes économiques avec des rapports ronflants à couper le souffle. Le Togo serait peint en un paradis sur terre. Alice au pays des merveilles ! C’est une diplomatie du charme, une diplomatie agissante, une diplomatie enivrante… portée par des lobbyistes influents, destinée à masquer une réalité bien plus sombre. Il est devenu une ruche qui attire les fourmis. Il suffit de chanter les louanges du chef d’orchestre, vomir dans tous les micros des médias assujettis pour engloutir des dizaines voire des centaines de millions. Et la gorge se déploie tristement davantage ! Bref, quiconque chante à la gloire du maître, arrondit les chiffres de son compte bancaire. L’argent du Togo est devenu une matière capable de transformer les hommes. Suivez-mon regard.
Derrière ce rideau de fumée, le quotidien des Togolais est marqué par l’asphyxie des libertés (interdictions systématiques de manifester et coupures d’internet), la peur au corps (arrestations arbitraires, emprisonnement, usage de la violence et de la torture, militarisation de l’espace public), le silence imposé (un contrôle étroit des médias et une justice instrumentalisée qui semble avoir oublié le sens du mot « équité »).
L’art de se maintenir sans convaincre
Le pouvoir a compris une leçon cruciale : pour durer, il faut savoir muter. Il se drape dans des habits « réformistes » tout en vidant les institutions de leur substance. On impose une Constitution digne d’une épître selon Saint Faure à ses seules aspirations ; On fragmente l’opposition ; On affaiblit la société civile ; On transforme chaque crise en un nouvel outil de contrôle… C’est une dictature qui a pris un visage civilisé pour mieux perpétuer des méthodes d’un autre âge.
La solitude d’un peuple courageux
Depuis 1990, de 2005 à 2025, le peuple togolais n’a cessé de se lever. Pourtant, à chaque fois, il se retrouve tragiquement seul. Les puissances étrangères, souvent plus attachées à la « stabilité » géopolitique qu’aux droits humains, détournent le regard. Ce silence international est un poison : il nourrit le cynisme du pouvoir et épuise l’espoir des citoyens.
« On ne vit plus, on survit. On ne rêve plus, on obéit. »
Aujourd’hui, une partie de la jeunesse est condamnée à l’emprisonnement, à l’exil ou à une résignation amère. Le risque est de voir le citoyen devenir un étranger sur sa propre terre, un « boy » dans son propre pays, courbé par une peur qui finit par vider l’existence de son sens.
Le chemin vers la dignité
Si la révolution semble s’essouffler, c’est que la machine étatique est huilée pour diviser et corrompre. Mais l’histoire nous rappelle qu’aucun régime ne peut régner éternellement par la seule force du silence imposé ou forcé, de la manipulation, de la violence, de la peur.
Pour que le Togo sorte de cette si longue nuit, le courage seul ne suffira pas. Il faudra une stratégie cohérente qui dépasse les clivages, un leadership fédérateur capable d’unir les aspirations, une solidarité internationale qui place enfin l’humain avant les intérêts. Il est regrettable que, chaque fois que des efforts sont consentis pour aboutir, des individus malintentionnés surgissent pour saboter tout le travail accompli.
Une chose est sûre, l’épilogue est certain. Et cet épilogue de l’humiliation nationale ne sera pas un cadeau, mais une reconquête. Il viendra d’un peuple qui, malgré les cicatrices, refuse de rester esclave chez lui et choisit de reprendre sa dignité en main. Il viendra d’un peuple qui se libère et décide de reconstruire sa souveraineté.
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Le Conseil des ministres s’est réuni le mercredi 17 décembre 2025, sous la présidence de Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil. À l’ordre du jour figuraient deux (2) projets de loi, deux (2) décrets, une (1) communication et des nominations.
Au titre des projets de loi :
Le Conseil des ministres a examiné et adopté le projet de loi de finances rectificative, exercice 2025
Ce projet de loi s’inscrit dans un contexte international et national marqué par des incertitudes persistantes, nécessitant une actualisation des prévisions budgétaires initiales afin de garantir la sincérité et la transparence dans la gestion des finances publiques.
Ainsi, les recettes budgétaires sont révisées à mille quatre cent soixante-douze (1.472) milliards de francs CFA, en baisse d’un pour cent (1%), par rapport à la loi de finances initiale, essentiellement en raison des réajustements de certaines prévisions initiales.
Les dépenses connaissent également des réajustements. Elles sont portées à mille sept cent dix-sept virgule un (1.717,1) milliards de francs CFA, soit une hausse de deux virgule trois pour cent (2,3%), par rapport aux prévisions initiales.
Le budget rectifié s’équilibre à deux mille quatre cent trente-six (2.436) milliards de francs CFA, soit une augmentation d’un virgule six pour cent (1,6%). Il ressort un déficit budgétaire de deux cent quarante-cinq virgule un (245,1) milliards de francs CFA, entièrement financé par le solde positif de la trésorerie.
Le Conseil des ministres a également examiné et adopté le projet de loi de ratification de l’Accord se rapportant à la convention des Nations unies sur le droit de la mer et relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Accord BBNJ), adopté le 20 septembre 2023 à New York
Élaboré dans un contexte de pressions croissantes sur le milieu marin, liées aux rejets industriels, au trafic maritime et à l’exploitation des ressources par les grandes puissances et multinationales, l’Accord BBNJ consacre une approche prudente et coopérative. Il vise à assurer la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité en haute mer, par la mise en œuvre effective des dispositions pertinentes de la convention des Nations unies sur le droit de la mer et le renforcement de la coopération et de la coordination internationales.
S’inscrivant dans la continuité de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, l’Accord fournit un cadre juridique pour toutes les activités menées dans les océans et les mers. Sa ratification permettra à notre pays de bénéficier des mécanismes de financement, notamment le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), en vue de soutenir les efforts de conservation et de lutter contre la pollution marine. Elle contribuera également à la gouvernance mondiale des océans, en instituant des aires marines protégées, en garantissant un accès équitable aux ressources génétiques marines et en imposant des évaluations d’impact environnemental pour les activités en haute mer.
Au titre des décrets :
Le Conseil des ministres a examiné et adopté le décret portant approbation de la politique nationale de protection sociale (PNPS)
Notre pays s’est engagé, depuis plusieurs années, dans le renforcement de son système de protection sociale à travers des investissements significatifs, ayant permis des avancées notables dans la lutte contre la pauvreté et la réduction des vulnérabilités.
Toutefois, la persistance de défis structurels a rendu nécessaire l’élaboration de la politique nationale de protection sociale, en vue d’améliorer la cohérence, la coordination et l’efficacité des interventions publiques pour un impact accru au bénéfice des populations.
L’approbation de cette politique et sa mise en œuvre permettront de consolider les mécanismes de protection sociale, de renforcer la coordination des interventions de l’État et de soutenir un développement économique inclusif et durable.
Le Conseil des ministres a ensuite examiné et adopté le décret portant modalités d’application de l’ordonnance fixant les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement des services du Protecteur du citoyen
Ce décret vient préciser et compléter les dispositions de l’ordonnance n° 2025 005 du 30 avril 2025, qui a établi les principes fondamentaux régissant cette institution. Il constitue ainsi une étape déterminante pour assurer son opérationnalisation effective.
Ce texte d’application vise à garantir la pleine effectivité du Protecteur du citoyen en clarifiant ses modalités pratiques de fonctionnement, en structurant ses services de manière cohérente et efficiente, et en dotant l’institution des mécanismes procéduraux nécessaires à l’accomplissement de sa mission. L’objectif est de permettre au Protecteur du citoyen d’exercer pleinement son rôle de rempart contre les abus administratifs et de garant des droits fondamentaux.
En effet, le Protecteur du citoyen, créé en remplacement du Médiateur de la République, est chargé de veiller au respect des droits et libertés par les administrations de l’Etat, les collectivités territoriales, les établissements publics ainsi que par tout organisme investi d’une mission de service public. Il protège les individus contre toutes les formes d’abus de l’administration publique et contribue à la résolution équitable des litiges en accompagnant tout citoyen s’estimant lésé par le fonctionnement d’un service public ou d’un organisme chargé d’une mission de service public.
Par ailleurs, le Président du Conseil a instruit le gouvernement d’accélérer l’opérationnalisation effective des autres institutions prévues par la Constitution du 6 mai 2024, dont les textes d’organisation sont déjà adoptés. Cette instruction vise à garantir la mise en place rapide et cohérente de l’ensemble des organes constitutionnels nécessaires au bon fonctionnement de l’État.
Il s’agit notamment de :
La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) qui voit ses missions réaménagées et élargies autour de quatre axes principaux : la promotion et la protection des droits de l’homme, la protection des défenseurs des droits de l’homme, la contribution à l’action humanitaire aux niveaux national et international, et la prévention de la torture. Ces attributions renforcées s’accompagnent d’un pouvoir de plaidoyer substantiellement accru ;
La Haute autorité pour la transparence, l’intégrité de la vie publique et la lutte contre la corruption (HATIC), en remplacement de la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA), qui a pour mission de promouvoir la probité et l’exemplarité des responsables publics. Elle reçoit et contrôle les déclarations de situation patrimoniale et d’intérêts, contribuant ainsi à renforcer durablement les mécanismes de bonne gouvernance ;
La Haute autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC), qui succède à l’ancienne HAAC avec des prérogatives considérablement élargies. Elle devient le régulateur unique de la communication écrite, audiovisuelle et numérique, incluant les plateformes en ligne et les réseaux sociaux. La HARC est chargée de garantir l’équilibre entre liberté d’expression, liberté d’opinion et liberté de presse, tout en veillant au respect des règles déontologiques et professionnelles ;
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), en remplacement du Conseil économique et social (CES), est une assemblée consultative dont la mission principale est de formuler des avis sur les projets de lois, d’ordonnances et de décrets, ainsi que les propositions de lois soumis à son examen par le gouvernement, l’Assemblée nationale ou le Sénat. L’élargissement de ses compétences au domaine environnemental, traduit une volonté d’adapter l’institution aux enjeux contemporains de gouvernance durable et inclusive, tout en préservant les missions économiques et sociales antérieures.
Au titre des communications :
Le Conseil a écouté une communication relative à la participation du Togo à la 30ᵉ Conférence des Parties (COP30) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, tenue à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre 2025.
Les travaux ont principalement porté sur l’accélération de la transition énergétique, la mobilisation de 1.300 milliards USD de financements climat d’ici 2035, la finalisation des indicateurs de l’objectif mondial d’adaptation ainsi que le renforcement du mécanisme relatif aux pertes et préjudices.
La délégation togolaise, composée de représentants des administrations publiques, du secteur privé, de la société civile, des collectivités territoriales, de l’Assemblée nationale, des institutions universitaires et des médias, a présenté plusieurs projets structurants et consolidé des partenariats stratégiques, notamment avec le Fonds vert pour le climat, le Fonds pour les pertes et préjudices liés aux changements climatiques et l’Alliance mondiale pour l’économie verte.
La participation du Togo à cette COP a permis de renforcer sa position dans les négociations internationales et d’améliorer ses perspectives de mobilisation de ressources en vue d’accompagner la transition vers un développement sobre en carbone et résilient aux effets des changements climatiques.
Au titre des nominations :
Au ministère des transports, ont été nommés, les membres du conseil d’administration de l’Agence nationale de la météorologie (ANAMET). Cette nomination vise à rendre opérationnel cet organe de gouvernance en vue d’assurer la supervision des actions de l’Agence.
Au ministère des finances et du budget, Madame Mila AZIABLE est nommée directrice nationale du contrôle de la commande publique.
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Lors du conseil des ministres tenu ce mardi 17 décembre 2025, le gouvernement togolais a été invité par le Président de la République, Faure Gnassingbé, à accélérer l’opérationnalisation des institutions prévues par la Constitution du 6 mai 2024. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la mise en place rapide et cohérente des organes constitutionnels nécessaires au bon fonctionnement de l’État.
Parmi les principales réformes annoncées figure la transformation de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) en Haute Autorité de Régulation de la Communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC). Selon les directives données en conseil, la HARC devient le régulateur unique de l’ensemble de la communication écrite, audiovisuelle et numérique, y compris les plateformes en ligne et les réseaux sociaux.
La nouvelle autorité se voit dotée de prérogatives élargies pour garantir l’équilibre entre la liberté d’expression, la liberté d’opinion et la liberté de presse, tout en veillant au respect des règles déontologiques et professionnelles. Cette réforme traduit la volonté de Faure Gnassingbé de renforcer le cadre institutionnel et de moderniser la régulation des médias dans le pays.
Le gouvernement est désormais chargé d’accélérer la mise en œuvre de cette transition, afin que la HARC puisse fonctionner pleinement et jouer son rôle dans la consolidation de la gouvernance et de la démocratie au Togo.
Togoactualité
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Le 13 décembre 2025, une rencontre organisée par RAAL Diaspora a réuni plusieurs acteurs politiques et de la société civile autour de la situation des prisonniers politiques au Togo. Les échanges ont porté principalement sur les voies et moyens susceptibles de conduire à la libération de certains détenus à l’approche des fêtes de fin d’année.
Au cours des discussions, Yao Daté, président du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), a proposé l’ouverture d’un tête-à-tête avec le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, afin de lui exposer directement les préoccupations liées au sort des prisonniers politiques. Il a, dans le même temps, invité les partis de l’opposition, la diaspora et les organisations de la société civile à se joindre à cette initiative.
Insistant sur l’urgence et la portée humaine de la démarche, Yao Daté a déclaré : « S’il faut aller rencontrer le Chef de l’État, Faure Gnassingbé, pour que les citoyens qui croupissent en prison retrouvent leur liberté, ce sacrifice n’est pas trop grand. »
De son côté, Dr Kate a appelé les différents acteurs à saisir l’opportunité offerte par le Président du Conseil, rappelant que ce dernier avait annoncé, dans son récent discours sur l’état de la nation, la libération de certaines catégories de prisonniers. Selon lui, il est essentiel de créer un momentum autour de cette demande avant le discours traditionnel du Nouvel An, tout en associant les autorités religieuses à la démarche.
Les professeurs Gogue et Dosseh ont, pour leur part, exprimé de vives inquiétudes quant à la situation de plusieurs prisonniers politiques, évoquant des cas jugés particulièrement alarmants. Pour l’ensemble des participants, permettre à certains détenus de passer les fêtes en famille ne pourrait se concrétiser que par un acte de clémence du premier magistrat du pays.
Tous ont souligné le caractère urgent de l’initiative, estimant que le calendrier impose une action concertée et rapide. En marge de la question des prisonniers politiques, d’autres sujets majeurs ont également été abordés, notamment l’amnistie générale et le « grand pardon », la vie chère, la co-gestion au gouvernement ainsi que la perspective d’une assise politique nationale.
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« Mal nommer les choses c’est augmenter la souffrance du monde », Albert Camus.
Le lundi 25 novembre 2025, les députés à l’Assemblée Nationale ont commencé l’étude au fond de la loi des finances exercice 2026. Une fois encore, les habitudes de la maison n’ont pas changé. Les travaux ont commencé dans les mêmes conditions, à savoir le non-respect du timing préconisé. Seulement deux semaines pour faire un travail de trois mois, sans la connaissance et la maîtrise de la documentation nécessaire.
Depuis 2020, avec la feuille de route gouvernementale et son prolongement à travers le nouveau cycle institutionnel du Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuel (DPBEP) 2025-2027, la transparence dans les exercices budgétaires est la chose la moins partagée.
Les caractéristiques du budget exercice 2026
Chaque année, le gouvernement annonce l’augmentation du budget sans insister sur le taux d’augmentation de la dette. C’est à se demander si c’est la dette ou ce sont les recettes budgétaires qui tirent le budget vers le haut. La preuve, pour une augmentation du budget 2026 de 14 % par rapport au budget 2025, le taux d’augmentation de la dette en six mois est de plus de 14 %, c’est-à-dire du 31 décembre 2024 au 30 juin 2025, la dette publique est passée de 4069 milliards à 4631 milliards soit dans les mêmes conditions que l’augmentation du budget.
La composition des recettes de l’État pose également une anomalie difficile à expliquer. D’une manière générale, les recettes internes de l’État pour l’exercice 2026 sont estimées à 1615, 412 milliards dont les recettes non fiscales (les dividendes et revenus de la prise de participation de l’État dans les entreprises, les loyers des Magasins de Dépôt MAD et autres revenus de l’Etat) estimées seulement à 109,611 milliards, soit 6 % des recettes internes. Or, chaque année les investissements en capital sont évalués à plus de 30% des dépenses budgétaires de l’État.
Que dire des allocations budgétaires pour le compte des différents ministères et de la gestion de la dette ?
D’une manière générale, la répartition des ressources de l’État sous forme d’allocations budgétaires pour les différents ministères et autres institutions de l’État pose un problème de fond. Un coup d’œil synoptique sur les différentes lignes budgétaires des différents ministères laisse présumer que certains ministères, de par la proximité des titulaires d´avec le Président du Conseil (PC), bénéficient de certains privilèges que d’autres.
En effet, depuis quelques années, la ligne budgétaire connue sous la dénomination de «Hôtel du ministre» a été renommée «pilotage et soutien des services du ministère « dont les montants sont attribués sous forme de rente au pifomètre, sans aucun critère bien défini.
Si en général, le montant de cette ligne budgétaire alloué à la majorité des ministères est inférieur à 1 milliard, tous les ministères occupés par des personnalités qui ont une particularité spécifique d’être très proches du PC bénéficient des avantages parfois au-dessus du soupçon.
C’est le cas du ministère des Finances et du Budget (6,380 milliards), le ministère de la Défense rattaché au PC (9,858 milliards), le ministère de la Justice (2,5 milliards) le ministère de l’Education (27,910 milliards), le ministère de la Santé (23,704 milliards), le ministère de l’Agriculture (6,539 milliards), le ministère de l’Efficacité et de la Transformation Numérique anciennement appelé ministère de l’Economie Numérique (7,411 milliards) et la Présidence du Conseil du PC lui-même 24 milliards.
Le cas des secteurs prioritaires
Le total des allocations budgétaires des ministres de la Santé, de l’Education et de l’Agriculture est prévu à 834,193 milliards, soit 33% des allocations budgétaires et 14 % de la valeur totale du budget. Ce qui est très loin des 35% préconisés par la Convention de Maputo qui demande à tous les pays africains signataires, pour les trois secteurs qualifiés de prioritaires.
La différence d’appréciation ici dénote de la part très importante de la dette publique qui accapare 880,894 milliards de remboursement en dehors de la charge financière (les intérêts) de la dette évaluée à 188,615 milliards contenue dans les dépenses ordinaires. Ce qui représente 40% du budget total alors que les dépenses en capital prévues pour 601,739 milliards ne représentent que 21 %. Ce qui est encore surprenant, c’est la ligne mobilisation des ressources financières (25,341 milliards). Ainsi, pour mobiliser les ressources de l’Etat, les structures du ministère des Finances (OTR et les autres) bénéficient de ces avantages pour confirmer l’adage selon lequel, «qui travaille à l’hôtel vit de l’hôtel». Sauf que l’on peut se demander comment ces fonds sont gérés si on se rappelle les dernières révélations sur les conflits d’intérêt à l’OTR.
Autres anomalies
Les allocations budgétaires du ministère de l’Economie Numérique devenu ministère de l’Efficacité des Services Publics et de la Transformation Numérique dont l’efficacité des prestations sont sérieusement discutables. On se rappelle encore l’opacité de la gestion des 24 milliards du projet e-government, les malversations des fonds Covid sans explication malgré le rapport de la Cour des Comptes, et aussi les conditions de la cession de la majorité des actions de la société Togocom aux étrangers. Pour 2026, ce ministère disposera d’un budget d’un montant de 46,424 milliards alors que le sous-secteur de l’Enseignement Technique, désormais, selon les nouvelles dispositions gouvernementales, relégué au second rang, ne bénéficie que de 14, 577 milliards comme prévision. Cette situation contraste avec les exigences des projets prioritaires P9 et P10 de la feuille de route gouvernementale 2020-2025 en considérant le secteur de l’Enseignement Technique comme le levier important pour la réduction du chômage et stimuler la croissance de l’économie nationale par la formation de la main-d’œuvre et la promotion de l’entreprise locale.
EVOLUTION DE LA DETTE PUBLIQUE ET DU PIB DU TOGO (2021-2025)
Année 2021 2022 2023 2024 2025(Juin)
PIB en milliards 4724,8 4614,8 5144,8 5538 6431
Dette en milliards 2912 3337 3707 4069 4631
On note également une sorte de chevauchement entre certaines lignes de différents ministères qui laisse apparaître les soupçons de double financement. C’est le cas de la ligne planification du développement (7,417 milliards) pour le compte du ministre de la Planification du Développement et la ligne Développement à la Base (10,077 milliards) du ministère du Développement à la Base.
De même, la ligne construction et reconstruction des routes (385,645 milliards) pour le compte du ministère des travaux publics et ligne transports routiers et ferroviaires (30,097 milliards) pour le compte du ministère des Transports Routiers, Ferroviaires, Aériens et Maritimes.
Un autre cas qui contraste avec la réalité, c’est la ligne diplomatie économique et rayonnement du Togo au plan sous régional et international (17, 255 milliards) pour le compte du ministère des Affaires Etrangères alors que la ligne sport est de (3,629 millions) quand on sait que le sport en général et le football en particulier est le meilleur facteur de rayonnement de l’image du pays à l’extérieur.
La question de la dette
Le poids du service de la dette publique dans le budget de l’Etat exercice 2026 est très énorme du fait que chaque année, le déficit permanent, après exécution des budgets précédents, ne fait que s’accumuler. De ce fait, il produit des intérêts qui à leur tour sont capitalisés.
Depuis 2021, la dette publique a augmenté d’environ 400 milliards en moyenne par an. La gravité de la situation résulte du fait que, le taux d’intérêt de la dette contractée sur le marché régional de 7% est supérieur au taux de croissance annuel du PIB réel qui est de 5%. Ce qui explique le fait que, malgré les efforts, la croissance de l’économie ne peut pas induire un progrès partagé et diffusé dans tous les secteurs de la vie économique et sociale tels que le pouvoir d’achat et le bien-être de la population en général.
De décembre 2024 à juin 2025, la dette a augmenté de 562 milliards et l’agence de notation Moody’s a dégradé la note du Togo, d’où la mission du Fond Monétaire International (FMI) fin août 2025 pour des réajustements à l’OTR pour ne citer que cela et pour un éventuel reprofilage de la dette.
En définitive, les caractéristiques de la mauvaise gouvernance du pays depuis plusieurs années se remarquent par le non-respect des principes et des règles qui régissent l’élaboration, l’adoption et l’exécution du budget. Aussi certains articles pertinents de la loi organique portant loi des finances sont-ils permanent violés. Pendant longtemps, le problème de la sincérité des comptes publics s’est posé. La question de fond est : à quoi a servi la dette publique faramineuse évaluée à ce jour à plus de 72% du PIB ? D’où la nécessité de revoir tout le système de gouvernance si l’on veut changer.
La Rédaction
LeCorrecteur
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Selon nos informations, l’auteur de la tentative de coup d’État qui a fait vaciller le pouvoir de Patrice Talon, dimanche 7 décembre, a trouvé refuge dans une capitale de la sous-région. Révélations.
Voici trois jours que le lieutenant-colonel Pascal Tigri avait disparu. Il n’était plus apparu publiquement depuis dimanche 7 décembre, lorsqu’il avait fait irruption sur les écrans de la chaîne de télévision béninoise, casque vissé sur la tête et fusil en bandoulière, pour annoncer la destitution du président Patrice Talon. Il était, depuis, introuvable.
Or, selon une source au sein du gouvernement béninois contactée par Jeune Afrique ce mercredi 10 décembre, le lieutenant-colonel Pascal Tigri a trouvé refuge au Togo, à Lomé, et plus précisément dans le quartier de Lomé 2. Toujours selon nos informations, Cotonou s’apprête à émettre ce 10 décembre une notice rouge auprès d’Interpol, avec demande d’extradition.
Contactée par Jeune Afrique, une source proche de Faure Essozimna Gnassingbè, le président du Conseil au Togo, dit ne pas être informée de cette situation. Le Togo et le Bénin entretiennent des relations que les observateurs décrivent comme cordiales, à défaut d’être chaleureuses.
Des frappes de drones pour faire échouer le putsch
Ces dernières années, alors que les coups d’État se multipliaient dans le Sahel, les deux pays ont affiché des positions différentes, voire contraires, Lomé privilégiant le dialogue avec ses pairs récemment arrivés au pouvoir à Bamako ou Niamey. Les autorités togolaises entretiennent de bons rapports avec leurs homologues de l’Alliance des États du Sahel, au contraire des Béninois.
Pascal Tigri avait annoncé le 7 décembre la création d’un Comité pour la refondation militaire, la suspension de la Constitution et des partis politiques, ainsi que la fermeture des frontières. Mais cette tentative de putsch avait vite été mise en échec : d’abord par les hommes de la Garde républicaine béninoise, demeurés loyaux au chef de l’État, puis grâce au Nigeria.
Selon nos informations, la présidence a sollicité l’aide d’Abuja à 12 heures et n’a pas tardé à recevoir une réponse favorable, puisqu’à 18h15 des drones militaires nigérians ont effectué des frappes de précision sur le camp de Togbin, où une partie des mutins s’étaient réfugiés après avoir fui les locaux de la SRTB. Le chef des putschistes ne faisait toutefois pas partie des personnes interpellées ce jour-là.
Avec Jeuneafrique
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La Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) a annoncé plusieurs interruptions programmées du courant dans divers quartiers de Lomé, du mardi 9 au samedi 13 décembre. Ces coupures entreront dans le cadre de travaux de maintenance destinés à renforcer la qualité et la stabilité du réseau électrique dans la capitale.
Selon le programme communiqué, une première coupure interviendra ce mardi 9 décembre, de 9 h à 10 h, dans les zones d’Amadahomé, Hirondelle, Vakpossito et les quartiers environnants. Cette intervention, brève, permettra de procéder à des réglages techniques.
La journée du mercredi 10 décembre sera marquée par deux interruptions distinctes. La première s’étendra de 9 h à 13 h et touchera Edem Kodjo, Agoè Klévé, La Source, l’École Privée Colombe de Dieu, Agoè Cascade ainsi que les abords de l’École Supérieure des Affaires. Une seconde coupure, programmée de 9 h à 14 h, concernera Abloganmé et le Marché Gomado.
Les travaux se poursuivront le jeudi 11 décembre avec une coupure de 9 h à 13 h dans les quartiers Payarama, Zilimédji, Zilimé, Alinka et Camp FIR Nord. Une autre interruption, plus longue — de 9 h à 14 h — affectera Agbalépédo et les environs de l’École Privée Laïque San Francisco.
Le vendredi 12 décembre, les coupures seront plus courtes. De 9 h à 11 h, l’électricité sera interrompue à Daliko (y compris la mosquée), Atiomé, Trokpossimé, Dalimé et les zones voisines. Ces interventions visent à finaliser les travaux en cours.
La dernière journée de cette opération, le samedi 13 décembre, verra deux nouvelles coupures prolongées, de 9 h à 14 h, dans les quartiers d’Abloganmé, du Marché Gomado, d’Afiadényigban, de l’École des Cadres et d’Elatsa.
Comme à l’accoutumée, la CEET recommande à ses abonnés de débrancher leurs appareils électriques avant chaque coupure et de ne les rebrancher qu’après le rétablissement complet du courant, afin de prévenir tout risque lié aux surtensions.
Selon la compagnie, ces travaux s’inscrivent dans une démarche d’amélioration continue pour offrir à la population une alimentation électrique plus stable et de meilleure qualité.
Togoactualité
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Le 8 décembre 2025, Lomé a été transformée en forteresse pour contrer l’appel à manifester lancé par le M66. Patrouilles renforcées, capitale quadrillée, image internationale brouillée : malgré une faible mobilisation, le régime a payé le prix fort. Comme le rappelle Gnimdéwa Atakpama, dans une lutte non-violente, la victoire ne se mesure pas au nombre de manifestants, mais au coût imposé au pouvoir. Le 8 décembre en est la preuve éclatante.
Lomé, le 09.12.2025.Par Gnimdéwa Atakpama, auteur de « La nuit est longue, mais la révolution vient »
Le 8 décembre 2025, Lomé était verrouillée.Des patrouilles mixtes police-gendarmerie circulaient dans toutes les artères. Un dispositif sécuritaire massif quadrillait la capitale depuis le week-end.
Tout ça pour quoi ? Pour empêcher une manifestation.
Le M66 avait lancé l’appel le 28 novembre. Une grande mobilisation pour le 8 décembre, jour d’ouverture du 9e Congrès panafricain.Résultat : peu de gens dans la rue. La mobilisation est restée très limitée.
Certains diront que c’est un échec. Que l’appel n’a servi à rien. Ils ont tort. Parce qu’une manifestation réussie, ce n’est pas celle qui mobilise le plus de monde. C’est celle qui coûte le plus cher au dictateur.
Laisse-moi t’expliquer.Srdja Popovic, l’activiste serbe qui a contribué à faire tomber Milošević, dit quelque chose de simple mais puissant : « Quand vous pensez au pouvoir, souvenez-vous que son exercice a un coût. Votre boulot, en tant qu’activiste, est de faire en sorte que ce coût augmente sans cesse, jusqu’à ce que votre adversaire n’arrive plus à en supporter le poids. »
Le 8 décembre, le régime a déployé des centaines de policiers et de gendarmes. Il a mobilisé ses forces sur tout le territoire. Il a verrouillé une capitale entière pendant un événement international censé redorer son image.
Tout ça coûte. En argent, en temps, en énergie, en ressources humaines. En image.Et voilà le point crucial : ce coût, le régime l’a payé même si les manifestants n’étaient pas nombreux dans la rue.
Le simple appel à manifester a suffi.Dans « La nuit est longue, mais la révolution vient », j’écris que la menace de la sanction est plus efficace que la sanction elle-même. Un dictateur qui sait qu’un appel peut être lancé à tout moment doit rester en alerte permanente.Il doit maintenir son dispositif. Surveiller les réseaux sociaux. Déplacer ses troupes. Intimider les activistes. Préparer sa riposte.Jour après jour. Appel après appel.
C’est exactement ce qui s’est passé le 8 décembre.Le M66 n’avait pas besoin de mettre 10 000 personnes dans la rue. L’appel seul a forcé le régime à mobiliser des ressources considérables. À gâcher son événement panafricain avec un climat de tension. À montrer au monde entier qu’il gouverne une capitale sous surveillance militaire.
Popovic le dit clairement : « Nul n’est omnipotent, et les gouvernants les plus puissants de la planète s’appuient sur les mêmes ressources, rares et limitées, dont nous dépendons tous. Pour agir, ils ont besoin de main-d’œuvre, de temps et d’argent. Exactement comme vous et moi. »
Chaque appel à manifester épuise un peu plus ces ressources. Chaque déploiement militaire coûte de l’argent aux finances publiques. Chaque patrouille fatigue les agents. Chaque alerte mobilise l’attention des décideurs qui doivent gérer la crise au lieu de travailler à autre chose.
Et nous, qu’est-ce qu’on a dépensé ?Un communiqué sur les réseaux sociaux. Quelques posts. Des lives tiktoks. Des messages WhatsApp.
Le rapport coût-bénéfice est écrasant en notre faveur. Alors, que doit-on faire maintenant ?Continuer. Encore et encore.
Lancer des appels réguliers. Maintenir la pression. Obliger le régime à rester mobilisé. À dépenser ses ressources. À user ses forces de sécurité qui finiront par être fatiguées, démotivées, voire critiques du système qu’elles défendent.
Parce qu’à un moment donné, le coût devient insupportable.
Les policiers et les gendarmes qui patrouillent dans Lomé au lieu d’être avec leurs familles, ils s’en souviennent. Les budgets qui partent en opérations sécuritaires au lieu d’aller ailleurs, quelqu’un fait le calcul. Les images d’une capitale militarisée pendant un congrès panafricain, elles restent dans les mémoires internationales.
Chaque appel, même celui qui ne mobilise que quelques dizaines de personnes, est une victoire stratégique si le régime doit déployer des centaines de soldats en réponse. C’est ça, la logique de la lutte non-violente moderne.
On ne cherche pas à l’emporter par la force. On cherche à rendre l’exercice du pouvoir si coûteux que le système finit par s’effondrer sous son propre poids. Le 8 décembre n’était pas un échec. C’était une démonstration de force économique.
Le M66 a prouvé qu’avec un simple appel sur les réseaux sociaux, il pouvait obliger le régime à verrouiller une capitale entière. À gâcher son événement international. À montrer sa vulnérabilité.
Imaginez si on multiplie ces appels. Si on les rend imprévisibles. Si on force le régime à rester en alerte maximale pendant des mois.
Les ressources ne sont pas infinies. Le temps n’est pas infini. La patience des forces de sécurité n’est pas infinie. Quelque chose finira par céder.
Et ce jour-là, ce ne sera pas parce qu’on aura mis 100 000 personnes dans la rue en une seule fois. Ce sera parce qu’on aura épuisé le système par mille petites actions répétées, chacune coûtant plus au régime qu’à nous.
Le calcul est simple. On doit juste continuer à le faire.
Gnimdéwa Atakpama, auteur de « La nuit est longue, mais la révolution vient ».
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Détenu depuis 2018 et en grève de la faim avec 36 codétenus, l’Irlandais d’origine togolaise Abdoul Aziz Goma adresse une lettre poignante au Monde. Il y dénonce un procès sans preuves, la mort d’un compagnon de détention, le refus du Togo d’appliquer les décisions régionales et onusiennes, et appelle à des sanctions individuelles contre les responsables présumés des abus qu’il décrit comme systémiques.
Lettre ouverte au Monde depuis ma cellule à Lomé
Le mur où l’impunité doit se briser
Défenseur des droits humains, citoyen de la République d’Irlande détenu au Togo depuis le 21 décembre 2018, jugé collectivement le 3 février 2025 sans preuve matérielle, malgré l’absence d’indices vérifiables et le rejet systématique par l’État togolais des décisions supra-régionales contraignantes et des avis onusiens condamnant ma détention arbitraire ; en grève de la faim depuis le 8 novembre 2025, avec 36 autres détenus politiques, et marqué par la mort de mon codétenu Karrou Wawim survenue le 7 février 2025 à la suite de tortures et du refus de soins ;
je m’adresse au Monde pour exiger que l’impunité d’État cesse d’être une abstraction et devienne enfin un coup personnel, ciblé sur les individus responsables, une inférence publique capable d’interrompre l’arbitraire avant que les corps ne s’éteignent et que les dossiers ne se dissolvent dans le silence administratif.
Mon cri :
« * Si je devais tomber avant l’aube de la justice, que mes mots ne soient pas une fin, mais une transmission.
À vous, mes compagnons de la Prison Civile de Lomé qui transformez la faim en acte de vérité : sachez-le, la preuve ne doit jamais s’éteindre avec nos corps. Que votre détermination demeure le sanctuaire où l’impunité se dissout.
J’en appelle au Department of Foreign Affairs : la protection n’a de sens que lorsqu’elle protège l’humain.
Si je venais à disparaître, que mon corps retrouve une terre libre, non comme procession mortuaire, mais comme rappel sacré du devoir démocratique de défendre la lumière contre l’obscurité.
À mes soutiens visibles et invisibles : merci. Votre parole fut une flamme quand l’administration cherchait la nuit. Continuez d’exiger une justice qui coûte, car l’abus sans conséquence renaît toujours.
Aux défenseurs des droits humains : une justice qui arrive après les tombes n’est plus une justice, mais une oraison. Cherchons la vérité vivante, pas son décor funéraire.
Je ne meurs pas de la faim, mais du refus de preuve et de soin.
Si mon corps devient symbole, qu’il soit celui du prix spirituel nécessaire pour interrompre l’arbitraire.
Et à tous les détenus politiques du Togo : je vous vois.
Que notre souffle, même affaibli, marque la fin de l’impunité, non la fin de la vérité.
On peut étouffer une voix, jamais un peuple qui réclame la preuve. »
Je vous écris depuis Lomé, depuis l’intérieur même d’un État devenu maître de l’audience sans preuve, gardien d’un système où l’on torture pour écrire, accuse pour condamner, et récuse les décisions rendues au-dessus de lui sans jamais payer le prix individuel de ses récusations.
Je vous écris parce que mon dossier a circulé plus lentement que l’incrimination narrative, mais ma voix refuse d’attendre plus longtemps que mon corps ne le pourra.
Le 21 décembre 2018, j’ai été arrêté.Arrêté sans mandat indépendant.Arrêté en groupe, avec d’autres défenseurs.Arrêté parce que défendre les droits humains ici, c’est défier ceux qui les violent.Lors de cette arrestation collective par la Gendarmerie nationale togolaise, mes codétenus et moi avions subi des sévices physiques et psychologiques : positions de stress forcées, menaces, humiliations, violences visant à extorquer non un indice, mais un récit.Un récit obtenu sous la torture n’est pas une preuve.Ce n’est qu’un substitut d’instruction , jamais l’instruction elle-même.Pendant six ans et deux mois, il n’y eut pas de procès.Ce n’était ni un oubli, ni une négligence.C’était une stratégie.Car tant que l’audience ne commençait pas, la preuve n’était jamais une obligation.
J’ai saisi des ONG, adressé recours après recours, alerté les mécanismes supra-régionaux et les organes des Nations unies. Mes lettres ont peut-être été lues, jamais instruites.Elles ont été consignées dans un registre, mais jamais dans une procédure probatoire.Au Togo, un recours peut être lu.Une preuve doit être instruite par un juge.Mais l’État n’a jamais requis que le juge instruise l’indice.Il a requis que le juge enregistre les charges.
Le 3 février 2025, j’ai comparu.Comparu avec 12 autres détenus politiques, dans la même enceinte : la Prison Civile de Lomé.Deux axes étaient unis :– nos douleurs de détention prolongée ;– nos arguments de défense.Un axe manquait :– les preuves.Les accusations étaient multiples: complot contre la sûreté intérieure, destruction de biens publics, association de malfaiteurs, trouble à l’ordre public, atteinte à la sécurité nationale, charges lourdes ; dossier léger.Aucune enquête indépendante.Aucune expertise médico-légale impartiale.Aucune preuve matérielle, vidéo, audio, téléforensic, ou interception authentifiée contradictoirement.Et pourtant, j’ai été condamné.Dix ans.Dix ans au nom d’une version.Dix ans parce que la lecture a remplacé l’instruction.Dix ans parce que la sentence était prête, mais pas la preuve.Quelques jours plus tard, un corps est tombé : Karrou Wawim, mon codétenu.Mort le 7 février 2025, des suites des tortures subies lors de notre arrestation et du refus total de soins après l’audience.Aucune enquête indépendante.Aucun responsable sanctionné.Sa mort est devenue une disparition administrative, jamais un dossier judiciaire.
Le Togo refuse d’appliquer :– les arrêts contraignants de la Cour de Justice de la CEDEAO ;– l’Avis du Groupe de Travail des Nations unies sur la Détention Arbitraire ;– la résolution du Parlement européen des 10–11 septembre 2025.Ce n’est pas un accident.C’est une doctrine.
La Commission Nationale des Droits de l’Homme observe sans sanctionner.Ouvrir les yeux sans ouvrir les conséquences, c’est cosigner.Une Commission qui se tait devient spectatrice du théâtre.Ce que vous deviez interrompre est devenu ce que vous avez accepté.
Mon jeûne n’est pas esthétique.C’est un instrument de survie juridique.Quand l’État efface les preuves, le corps devient la preuve.Mais le Monde doit exiger que les procédures redeviennent preuves, avant que les corps ne disparaissent.
Je veux parler des familles. Vous avez raison de me le reprocher.Ma mère.Mes frères.Mes sœurs.Mes proches.Mes racines togolaises que l’on a éclatées manu militari.Les familles n’ont pas partagé mes actes. Elles ont partagé mes condamnations.Elles ont subi précarité, endettement, stigmate, traumatisme, isolement, entraves éducatives, coûts médicaux non pris en charge.Elles sont devenues victimes collatérales d’une procédure sans preuves.Un État qui se dispense d’enquête se dispense aussi de justice familiale.
Sanctions individuelles exigées, Je demande aux structures normatives européennes :– Interdiction totale de voyage dans tout l’espace Schengen pour tout haut responsable togolais ayant ordonné ou permis la tortures et la récusations des décisions régionales ou onusiennes ;– Gel ciblé des avoirs, comptes, actifs et privilèges financiers en Europe ;– Refus d’accès à tout visa Schengen ;– Interdiction de participation à tout forum ou commission européenne liée au développement.
Ces sanctions doivent être précoces, avant la mort des dossiers.Le coût doit être personnel, comme les privilèges.Mon corps comme dernière alarmeDepuis le 8 novembre 2025, je suis en grève de la faim.36 autres codétenus jeûnent avec moi.Je ne jeûne pas pour mourir.Mais je suis prêt à mourir si c’est le prix pour que la preuve survive au récit, et que les carrières des responsables ne survivent plus à la récusation.Si je tombe, rapatriez mon corps en terre libre.Et ne laissez pas l’administration togolaise écrire une version où ma mort deviendrait chiffre sanitaire, plutôt que dossier politico-judiciaire fondé sur les abus causaux médicaux.« Let no institution forget that a defender’s body did carry the price.But let no institution allow the price to be paid by defenders when no investigation is required from the State. »
Mes trois demandes au Monde :
1. Instruisez la preuve au dossier.2. Sanctionnez les carrières individuelles des responsables.3. Ouvrez un retrial ou libérez, mais ne scellez jamais un dossier par la disparition d’un corps.
Je refuse la tombe administrative.Je demande un coût judiciaire attaché aux individus qui ont donné les ordres.Je vous écris parce que mes juges n’ont jamais requis mes preuves.Parce que ma famille n’a jamais requis l’oubli.Parce que les mécanismes supra-régionaux n’ont pas été créés pour annoter des chiffres, mais pour sanctionner des individus.Je signe pour que mes mots survivent dans le dossier.Pour que les sanctions atteignent les responsables.Pour que le mur devienne enfin celui où l’impunité se brise.
Abdoul Aziz Goma
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À l’approche d’un congrès controversé sur le panafricanisme, l’ANC accuse le régime togolais de manipuler une cause noble pour se réhabiliter sur la scène internationale. L’appel vise particulièrement Doudou Diène, ancien enquêteur de l’ONU sur les violences de 2005.
Le régime togolais tente de récupérer le panafricanisme : la présence de Doudou Diène est une faute grave
Le 5 février 2005, après trente-huit années d’un pouvoir personnel implacable, le Général Gnassingbé Eyadéma disparaissait, laissant derrière lui un régime bâti sur la peur et la terreur, la brutalité et la confiscation du pouvoir. Le même jour, les Forces armées togolaises violaient ouvertement la Constitution en imposant son fils, M. Faure Gnassingbé, à la tête de l’État. Cette prise de pouvoir dynastique, rejetée par le peuple togolais, déboucha sur l’une des répressions politiques les plus sanglantes de l’histoire contemporaine de notre pays. Selon le rapport de la Mission d’établissement des faits de l’ONU, dirigée par M. Doudou Diène, près de 500 Togolais ont été assassinés, écrasés sous les balles d’un régime prêt à tout pour conserver un pouvoir au demeurant usurpé. Ces crimes restent impunis. Le régime, lui, est toujours là. Et Faure Gnassingbé, vingt ans plus tard, continue de se maintenir par la force, la fraude électorale et une ingénierie institutionnelle qui transforme le pays en monarchie héréditaire de fait. Aujourd’hui, ce même pouvoir prétend, dans une manœuvre aussi grossière qu’indécente, organiser un « congrès sur le panafricanisme ». Un régime qui a réprimé son peuple sans retenue, qui a constamment piétiné la souveraineté populaire et qui a passé des décennies à s’abriter derrière le soutien complaisant de certaines puissances occidentales, n’a aucune légitimité pour parler au nom du panafricanisme. Ce régime ne croit pas au panafricanisme. Ce régime tente de détourner et de dévoyer le panafricanisme. C’est dans ce contexte que la présence annoncée de M. Doudou Diène choque profondément. L’homme qui a documenté les massacres de 2005 ne peut devenir, même malgré lui, le paravent d’un régime qu’il connaît mieux que quiconque. En acceptant de participer à cette opération de communication, M. Diène prend le risque d’offrir au pouvoir togolais ce qu’il recherche désespérément : un brevet de respectabilité. La présence de M. Diène serait utilisée comme un assentiment moral, une réhabilitation symbolique.L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) affirme avec force : Aucun représentant honnête du panafricanisme ne peut se tenir aux côtés d’un régime qui a fait tirer sur son propre peuple, qui continue d’écraser les libertés publiques et qui s’accroche au pouvoir par la ruse et la violence. Aucun représentant honnête du panafricanisme ne peut se tenir aux côtés d’un régime dont la gouvernance calamiteuse demeure aux antipodes de l’idéal et des valeurs du panafricanisme. Le panafricanisme authentique est un combat pour l’émancipation des peuples africains, pas une tribune offerte aux autocrates pour se refaire une image. L’ANC appelle donc solennellement mais fermement M. Doudou Diène à renoncer à sa participation. Il en va non seulement de sa crédibilité personnelle, mais aussi de la mémoire des centaines de victimes dont il a porté la voix devant la communauté internationale. Le Togo n’a pas besoin d’un congrès de propagande. Il a besoin de vérité, de liberté et de justice. Fait à
Lomé, le 03 décembre 2025
Pour le Bureau National, Le Président,
SIGNE
Jean-Pierre FABRE
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La CDPA publie un communiqué cinglant après le discours de Faure Gnassingbé. Elle y dénonce une démocratie de façade, une paupérisation massive et un régime « centralisé et autoritaire ». Elle appelle à la libération des prisonniers politiques et à une refonte complète des institutions, exhortant le peuple à se lever.
COMMUNIQUÉ DE LA CDPA
Discours sur l’état de la nation en trompe-l’œil :
quand la mise en scène remplace la démocratie
La CDPA a écouté avec lucidité le discours de monsieur Faure GNASSINGBE devant les députés. Derrière les formules bien tournées et la rhétorique de réforme, se dissimule une tout autre réalité : le Togo s’enlise dans une crise institutionnelle dissimulée par des artifices langagiers, sur fond de paupérisation massive et de régression démocratique assumée.
La CDPA a noté que ce discours proclame l’avènement de la 5[e] République comme un tournant historique. Mais ce tournant, loin d’être démocratique, est le fruit d’une révision constitutionnelle imposée sans référendum populaire. C’est donc un maquillage institutionnel au service d’un pouvoir verrouillé. L’Assemblée nationale reste l’apanage d’une seule famille politique, les contre-pouvoirs sont muselés, et le processus de refondation s’est fait sans la participation du peuple. La démocratie revendiquée n’est qu’une façade d’un régime centralisé, autoritaire, et farouchement fermé à la moindre idée d’alternance.
Monsieur Faure GNASSINGBÉ a évoqué l’équité, la justice sociale, la proximité. Mais comment parler d’équité quand sept Togolais sur dix vivent sous le seuil de pauvreté ? Quand les inégalités d’accès à l’eau, à l’énergie, à la santé ou à l’éducation entre Lomé et les zones rurales atteignent des sommets ? Aucun chiffre, aucun objectif, aucun plan concret n’a été annoncé pour inverser la tendance. Pire, le projet de loi de finances 2026, examiné dans une précipitation organisée, consacre l’essentiel des ressources à la dette et aux frais de fonctionnement, au détriment des investissements sociaux. Le peuple togolais n’a plus besoin de discours : il attend des actes.
Le discours se félicite du rôle du Togo comme médiateur régional et promoteur du panafricanisme. Mais quelle crédibilité accorder à un État silencieux face aux coups d’État constitutionnels ? À un régime qui réprime l’opposition chez lui, mais appelle au dialogue ailleurs ? À un gouvernement qui chute dans tous les classements mondiaux de gouvernance, de transparence et de liberté de la presse ? Le respect des droits humains à l’intérieur est le premier fondement de toute légitimité internationale. Le régime l’a manifestement oublié.
Le discours aligne des slogans économiques, mais les engagements budgétaires restent flous. La dette publique atteint 68 % du PIB, contractée au nom des Togolais, sans débat public, avec des emprunts à court terme qui hypothèquent l’avenir. Le secteur privé est étouffé par la corruption, l’arbitraire administratif, et une confiance absente. Sans justice fiscale, sans lutte réelle contre la prédation, sans accès équitable au crédit : il n’y aura pas de transformation, seulement la reproduction d’un système inégalitaire.
L’annonce de grâces présidentielles pourrait être saluée. Mais le silence assourdissant sur les prisonniers politiques interroge. Journalistes emprisonnés, syndicalistes réprimés, lanceurs d’alertes arbitrairement arrêtés ; mais aucune loi d’amnistie générale n’est proposée. On ne construit pas la paix en enfermant les voix dissidentes ; de même, on ne parle pas de justice quand on pratique la répression à tout vent.
Le Togo n’a pas besoin de discours rédigés par des plumes talentueuses. Il a besoin de rupture. De courage. De démocratie réelle. Le peuple n’est pas dupe : il voit, il vit, il souffre et il réclame non des hommages à ceux qui gouvernent, mais des comptes rendus à ceux qui subissent. Il exige qu’on ouvre les vannes d’une démocratie vivante, participative, équitable.
La CDPA appelle solennellement à :
· la libération immédiate de tous les prisonniers politiques ;
· la relecture urgente de la loi de finances 2026 pour en faire un outil de justice sociale ;
· la retraite politique des tenants d’un régime en place depuis plus de soixante ans ;
· la refondation constitutionnelle participative, menée avec le peuple et non contre lui.
Peuple togolais, lève-toi : la démocratie l’exige.
Lomé, le 3 décembre 2025
LE SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE LA CDPA
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Le discours prononcé le 2 décembre 2025 par Faure Gnassingbé, en sa qualité de président du Conseil des ministres, continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique togolaise. Parmi les voix les plus critiques, celle de Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais, qui a publié dans la soirée du 2 décembre un long commentaire sur sa page Facebook, dénonçant un discours qu’il qualifie de « propagande » et « en déphasage complet avec la réalité quotidienne des Togolais ».
Selon Nathaniel Olympio, plusieurs passages du discours présidentiel illustrent, selon lui, le fossé grandissant entre les déclarations officielles et la situation sur le terrain. Il cite notamment l’affirmation : « Chaque citoyen doit sentir que sa voix compte ». Pour l’opposant, cette phrase contredit les pratiques observées dans le pays.
Il évoque « la répression systématique » des manifestations citoyennes et politiques ainsi que l’absence de consultation populaire lors de l’adoption de la nouvelle Constitution : « Lorsqu’on a remplacé la Constitution, on n’a pas consulté les citoyens par référendum. Donc sa voix ne compte pas », écrit-il.
Le chef du Parti des Togolais revient également sur la déclaration présidentielle selon laquelle « l’opposition n’est pas un adversaire ». Nathaniel Olympio estime que cette assertion est en totale contradiction avec les réalités politiques : « On comprend pourquoi l’opposition est traitée comme un ennemi », déclare-t-il, citant une longue liste de figures politiques ou d’activistes arrêtés ou condamnés ces dernières années.
Selon lui, environ « 150 détenus politiques » seraient actuellement incarcérés au Togo.
L’autre point vivement critiqué concerne l’engagement réitéré de Faure Gnassingbé à faire de la lutte contre la corruption « une priorité absolue ». Pour Nathaniel Olympio, cet engagement n’a jamais été suivi d’effets concrets : il rappelle que l’Inspection générale des finances (IGF) avait mis en cause, en 2021, plusieurs acteurs dans un scandale portant sur plus de 500 milliards de francs CFA dans le secteur des hydrocarbures.
« Aucun compte ne leur a été demandé et ils sont libres », déplore-t-il.
Dans sa conclusion, Nathaniel Olympio appelle à un sursaut national et affirme que « les Togolais ne veulent plus de cette mascarade, ne veulent plus de ce régime, ne veulent plus de cette dictature ».
Une prise de position qui intervient au moment où le pays traverse une nouvelle phase politique marquée par la mise en place de la Ve République et par des tensions persistantes entre le pouvoir et l’opposition.
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