You are here

Bruxelles2 Blog

Subscribe to Bruxelles2 Blog feed Bruxelles2 Blog
Analyses. Dossiers. Réflexions. Reportages
Updated: 6 hours 51 min ago

Au bilan d’Atalanta ces derniers mois

Fri, 04/06/2021 - 11:19

(B2) L’opération navale de l’Union européenne de lutte contre la piraterie et les trafics dans le golfe d’Aden et l’océan indien (EUNAVFOR Atalanta) vient de faire le bilan des cinq premiers mois de l’année, entre janvier et mai 2021

(crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Sa frégate ITS Carabiniere (F-593) — qui est l’unique navire actuellement de l’opération — a protégé et escorté 78 navires du Programme alimentaire mondial (PAM), permettant l’acheminement de 76 520 millions de tonnes d’aide humanitaire vers la Somalie. Elle a mené 171 ‘approches amicales’ (Friendly Approaches). Quant à l’avion de surveillance maritime P-3M Orion, de la marine espagnole, a effectué 222 heures de vols de surveillance. Enfin, l’opération a conduit cinq opérations plus ciblées (focused Ops).

(ES)

Cet article Au bilan d’Atalanta ces derniers mois est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Nouvelle inspection en Méditerranée par le FGS Berlin

Thu, 03/06/2021 - 12:49

(B2) Le navire allemand de l’opération européenne de contrôle de l’embargo au large de la Libye (EUNAVFOR Med Irini), le FGS Berlin, a procédé mercredi (2.06) à une inspection sur le MV Nivin, un navire battant pavillon panaméen. Contrôle effectué en application des résolutions de l’ONU sur l’embargo sur les armes en Libye. « Rien de suspect n’a été trouvé et le navire a été autorisé à poursuivre son voyage » précise l’opération. (NGV)

(crédit : EUNAVFOR Med Irini)

Cet article Nouvelle inspection en Méditerranée par le FGS Berlin est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

L’urgence de la défense européenne (Josep Borrell)

Fri, 28/05/2021 - 10:15

(B2) Le Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité insiste : l’Europe ne peut plus se désintéresser des questions de défense. Dans un monde où s’imposent les rapports de force, elle doit user de tous ses outils pour garder sa place

Josep Borrell à Lisbonne (crédit : présidence portugaise de l’UE)
  • Ce propos est extrait de la préface de notre dernier ouvrage « La boite à outils de la défense européenne » (98 p.) qui vient de paraître.
  • Josep Borrell fait le point sur tout ce qui a déjà été fait, mais aussi les embûches qui se dressent sur le chemin. Sans trop d’ambages.
  • Un point intéressant, alors que se déroule ce vendredi (28.05) la réunion informelle des ministres de la Défense, à Lisbonne.

L’urgente nécessité de la géopolitique

L’Union européenne doit devenir un véritable acteur géopolitique. Tout dans notre environnement en rappelle l’urgente nécessité.

L’apparition des nouveaux empires

L’instabilité se développe aux confins de l’Europe, encouragée par les « nouveaux empires » ; de nouvelles menaces apparaissent dans le cyberespace pour nos démocraties, mais aussi pour nos infrastructures essentielles ; le multilatéralisme est affaibli et tous les domaines des relations internationales sont utilisés comme des armes dans une compétition mondiale de plus en plus vive…

Avoir un usage plus stratégique des outils

Que l’Union européenne adopte une posture plus géopolitique implique d’abord que nous fassions un usage plus stratégique des outils dont nous disposons pour gérer nos relations économiques avec le reste du monde en défendant mieux les valeurs et les intérêts des Européens. Et nous avons commencé à le faire de multiples façons. Mais cela implique aussi bien entendu que les Européens prennent mieux en charge leur propre sécurité, coordonnent davantage leurs moyens existants et se dotent de nouveaux outils pour faire face aux menaces émergentes.

La défense, l’étape la plus difficile de l’intégration européenne

Cela n’a jamais été la partie la plus simple du processus d’intégration européenne. D’abord parce que les questions de défense restent dans les esprits parmi les plus directement associées aux prérogatives des États nationaux. Et ensuite parce que les sujets de politique étrangère et de sécurité restent soumis à la règle de l’unanimité au sein de l’Union. Une unanimité que nos histoires, nos cultures, nos situations géographiques différentes ne permettent pas toujours d’atteindre aisément et rapidement. Malgré ces difficultés connues de longue date, les efforts engagés depuis trois décennies maintenant, et en particulier depuis l’adoption en 2016 de la Stratégie globale de l’Union européenne, commencent à porter leurs fruits : l’Union s’est progressivement dotée de nombreux outils pertinents dans ce domaine.

Des efforts à poursuivre

La crise déclenchée par l’épidémie de Covid-19 a montré à la fois l’ampleur des interdépendances à l’échelle globale et la dureté des rapports de force avec la diplomatie des masques, puis des vaccins. Mais elle mobilise aussi, de façon parfaitement légitime, les finances publiques à des niveaux inédits sur des enjeux sanitaires, économiques et sociaux. Malgré la pression qui s’exerce, et continuera à s’exercer demain, sur les finances publiques, il est essentiel que l’Union et ses États membres poursuivent les efforts engagés en matière de sécurité et de défense communes.

‘Nous n’avons pas levé le pied’

Sur le terrain

Malgré cette crise d’une ampleur inédite, nous n’avons pas levé le pied cependant au niveau européen sur le terrain de la défense depuis mon entrée en fonction. Nous avons lancé en effet l’opération Irini en Méditerranée pour faire respecter l’embargo sur les armes en Libye, élargi le mandat de l’opération Atalanta au large de la corne de l’Afrique, mis en place un nouveau concept de présence maritime coordonnée pour lutter contre la piraterie dans le golfe de Guinée ou encore renforcé les missions européennes au Sahel et lancé une nouvelle mission civile en République centrafricaine.

… comme dans les instruments

Nous avons également adopté les premières sanctions en réponse à des cyberattaques tout en renforçant nos capacités de lutte contre la désinformation. Nous avons aussi lancé le nouveau fonds européen de défense pour soutenir l’innovation dans les industries du secteur, tout en assurant la cohérence de ces actions avec les autres initiatives européennes dans ce domaine, notamment la coopération structurée permanente et la revue annuelle coordonnée de défense.

Une nouvelle culture stratégique en élaboration

Enfin, nous avons engagé la mise au point d’un Strategic Compass, une boussole stratégique, basée sur un diagnostic partagé des menaces qui pèsent sur l’Union. Elle vise à développer une culture stratégique commune, un préalable essentiel à une politique de sécurité plus intégrée.

L’Europe, le meilleur allié de l’OTAN

L’arrivée du Président Biden à la Maison Blanche a permis de relancer le dialogue transatlantique, notamment sur les questions de défense, et nous nous en réjouissons. Cela ne change rien cependant à la nécessité de renforcer les efforts des Européens pour mieux prendre en charge leur propre sécurité. Non pas parce qu’il conviendrait de remettre en cause l’alliance transatlantique qui reste bien entendu un pilier de notre politique de sécurité, mais au contraire pour la renforcer en devenant un meilleur allié des États-Unis au sein de l’OTAN.

Un chantier encore inabouti

Cet ouvrage le montre et nous en avons pleinement conscience : la politique européenne de sécurité et défense reste encore un chantier inabouti. Mais, comme nous l’avons montré déjà depuis décembre 2019, notre détermination est totale pour saisir toutes les opportunités afin de le faire progresser.

Josep Borrell

Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

La boite à outils de la défense européenne. 98 pages, 10 euros. Disponible ici.

Titres et intertitres sont de la rédaction – texte écrit avant les derniers évènements en Biélorussie.

Cet article L’urgence de la défense européenne (Josep Borrell) est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Crash d’avion de chasse en Suisse

Wed, 26/05/2021 - 18:37

(B2) Un avion de chasse F-5E Tiger II, de la force aérienne suisse, s’est écrasé mercredi 26 mai, lors d’un vol d’entraînement.

Un avion de chasse F-5E Tiger II (crédit : Département fédéral de la Défense)

Le lieu du crash est une zone non-habitée, dans la région de Melchsee-Frutt, au centre de la Suisse. Le pilote de l’appareil a pu s’éjecter à temps. Il a été secouru par la REGA (la garde aérienne suisse de sauvetage). L’avion avait décollé de Payerne, la plus importante base aérienne suisse (située dans le canton de Vaud). Il effectuait un vol d’entraînement comme « sparring-partner » avec des avions de chasse suisses F/A-18, selon les autorités suisses. La raison du crash reste inconnue.

(Jean-Stanislas Bareth, st.)

CommuniquéTélécharger

Heute gegen 09:00 ist ein F-5 der Luftwaffe bei Melchsee-Frutt abgestürzt. Der Pilot blieb unverletzt.
Der Tiger F-5 war in Payerne gestartet und befand sich auf Trainingsflug als Sparringpartner für die F/A-18 der Luftwaffe. Militärjustiz untersucht zurzeit die Unfallursache. pic.twitter.com/UO1K0MEdkl

— VBS – DDPS (@vbs_ddps) May 26, 2021

Cet article Crash d’avion de chasse en Suisse est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Le détournement du vol Ryanair par Minsk. Quelques réflexions à chaud pour la géopolitique de demain (v2)

Sun, 23/05/2021 - 22:40

(B2) La Biélorussie a-t-elle agi seule ? Cet incident est-il celui de trop pour le régime de Loukashenko ? Que signifie-t-il ? Un passage ou un changement stratégique ? Comment les Européens vont-ils réagir ? De façon unie ou comme d’habitude, avec des blocages ?

Entre l’Europe et la Russie, Loukashenko semble avoir délibérément choisi (crédit : Commission européenne – Archives B2 – août 2014 – de gauche à droite : C. Ashton, V. Poutine, A. Loukashenko)

Sur le détournement d’avion

Un appui technique russe ?

On ne sait pas encore grand chose sur la préparation, l’organisation et l’enchaînement exact des évènements lors de l’interception du vol FR4978 de Ryanair à destination de Vilnius. Mais ce type d’opération ne s’improvise pas totalement. Il faudra donc vérifier de près comment les autorités biélorusses ont agi, si elles ont agi entièrement seules ? Ou si elles ont bénéficié d’un appui technique, politique ou autre des services russes ? NB : il faudra aussi vérifier l’identité des Russes descendus en cours de route à Minsk.

L’incident de trop ?

Jusqu’à présent, le régime de Minsk réprimait intensément, mais en interne. Les Européens avaient réagi avec quelques sanctions, plutôt symboliques et mollassonnes, il faut le reconnaitre sur l’échelle de la temporalité des sanctions (cf. sanctions Syrie, Iran, Russie, etc.). Cet évènement rebat les cartes. Il est l’incident de trop, ou l’incident révélateur.

Une tactique de la provocation ?

Au niveau politique, on peut déjà voir une énorme ressemblance. La Russie a toujours cherché avant un Conseil européen décisif à attirer l’attention des Européens, à les tester, au besoin, voire à les provoquer. Tout au long de la séquence de la mise en place des sanctions européennes vis-à-vis de son intervention en Ukraine, au lieu de tempérer ou amoindrir, Moscou choisissait souvent pile le moment entre 72h et 24h avant un sommet pour faire une action provocante qui obligeait les Européens à durcir leur discours, ou au moins à convaincre les hésitants de se rallier aux positions des plus durs sur les sanctions.

Le ralliement de Minsk à Moscou est acté ?

Cet évènement est hautement symbolique. Le régime de Minsk a abandonné la tentation d’être un État tampon entre Russie et Europe. Il se rattache désormais clairement et se place délibérement dans l’orbite russe, abandonnant ainsi toute velléité d’indépendance.

Sur la réaction européenne

Tester les Européens, ou les unifier ?

Chacun parle de test des Européens. En fait, le test a déjà été fait. À plusieurs reprises. Quand les Européens ont été testés en leur chair et dans leur os, ces derniers temps, ils ont réagi, de manière plutôt unie. Cela a été le cas pour l’affaire ukrainienne (qui a pris une tournure beaucoup plus forte pour les Européens avec le tir et le crash de l’avion MH17). Cela a été le cas pour le terrorisme en 2015-2016. Cela a été le cas sur la négociation sur le nucléaire iranien, etc.

Sur la Russie, les Européens sont-ils unis ?

Parfois, il faut un peu de temps aux Européens pour se mettre d’accord. En général, les premières semaines sont un peu l’expression de la diversité européenne, chacun s’exprime, des veto s’esquissent. Au final, la position s’unifie. Parfois sous le coup d’évènements extérieurs. Paradoxalement, le Kremlin aide beaucoup les Européens à s’unir. Les sanctions vis-à-vis de la Russie sont le parfait exemple. Moscou espérait une cassure dans le bloc européen. Elle n’est jamais intervenue. Sujet polémique dans les années 2014-2015, il est devenu si ordinaire, que le renouvellement des sanctions se passe sous le niveau politique et ne fait à peine que deux lignes dans la plupart des médias européens. (1)

Une opposition hongroise à de nouvelles sanctions contre Minsk ?

La Hongrie de Viktor Orban qui s’est illustré à plusieurs reprises dans la peau du ‘Mister No’ européen. Une position qui tient parfois aux tréfonds de la politique étrangère hongroise, mais plus souvent aussi à un positionnement national (s’opposer à l’Europe n’est jamais mauvais) et européen (s’opposer permet d’élever le prix du ‘Oui’ ensuite). La Hongrie s’est ainsi opposée récemment au passage à la quatrième vague de sanctions, plus économiques. Dans l’affaire du détournement de Ryanair, le prix est trop cher. La pression des autres pays concernés est très forte. Et ils sont nombreux : de la Pologne à la Lituanie (pays de destination), en passant par la Suède, l’Allemagne, l’Irlande, la Grèce, etc. Le prix du ‘Non’ de Budapest serait trop cher pour les capacités politiques de la Hongrie.

Une vive réaction européenne

Au final, ce qu’on peut apprécier est la rapidité de la réaction européenne. On a rarement vu un tel concert quasi-unanime de solidarité se mettre en place. C’est un point à souligner dans des temps où la réaction est parfois plus évasive. En quelques heures à peine, les Européens ont convenu qu’il fallait passer aux conséquences, c’est-à-dire à des sanctions contre la Biélorussie. Il est vrai que la proximité d’un Conseil européen y a aidé. Quand les Européens se sentent menacés dans leur chair, ils réagissent avec toute la panoplie d’outils à leur disposition : messages diplomatiques, convocation d’ambassadeurs, sanctions individuelles, mesures économiques…

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Comparer avec les positions souvent divergentes sur Israël et Palestine est une erreur. C’est une zone infiniment plus délicate et complexe, tant au niveau des relations politiques, historiques, militaires.

Mis à jour avec le dernier commentaire sur la rapidité de la réaction européenne

Cet article Le détournement du vol Ryanair par Minsk. Quelques réflexions à chaud pour la géopolitique de demain (v2) est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Le commandant Bouan dans le golfe de Guinée

Sun, 23/05/2021 - 15:09

(B2) Le patrouilleur de haute mer Commandant Bouan (F-797) a débuté jeudi (20 mai) sa permanence, dans le golfe de Guinée. Mission : assurer la surveillance maritime face à trois fléaux : la pêche illégale, la piraterie et les autres trafics illicites. C’est la 157e rotation de la marine nationale française dans le cadre de l’opération Corymbe. Des patrouilles qui s’inscrivent désormais dans les présents maritimes coordonnées au niveau de l’Union européenne.

Cet article Le commandant Bouan dans le golfe de Guinée est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Entre aides publiques discriminantes et restrictions au travail des journalistes, la liberté d’informer mise en cause (v2)

Thu, 20/05/2021 - 14:14

(B2) On peut proclamer sur tous les tons que la liberté de la presse est primordiale. Et que la diversité de la presse doit être préservée. Encore faut-il la mettre en application de façon concrète, en particulier au niveau économique…

Médias attendant dans la cour de l’Elysée © NGV / Archives B2 – Août 2017

Une liberté d’informer restreinte

Accéder à l’information est devenu plus difficile en ces temps de crise sanitaire du Covid-19. Au moment où se rouvrent restaurants et cinémas, les restrictions pour la presse demeurent. Les conférences de presse sont réduites au strict minimum. Quand elles existent, elles ne rassemblent qu’une poignée de journalistes, chargés, dans le meilleur des cas, de collecter et relayer les questions de leurs confrères (c’est le système de pool). Le plus souvent, elles sont remplacées par des visioconférences ou des « briefs » téléphoniques.

Quoi de plus facile alors que d’ignorer purement et simplement une question gênante posée sur une boucle WhatsApp ou dans une conversation Teams ? Ou tout bonnement de refuser à un journaliste d’assister à un briefing (NB : sous de fallacieux prétextes techniques, comme l’Élysée sait si bien le faire). Certaines organisations refusent tout bonnement les questions en direct, voire les questions tout court. Autre habitude désormais bien ancrée : le « micro tendu » à l’issue d’un déplacement ou d’une rencontre ne laisse la place, une fois de plus, qu’à un nombre très limité de questions, et permet de couper court à la première occasion. Créer et entretenir un réseau devient aussi plus difficile.

Or, poser des questions librement, demander des précisions, relancer pour obtenir un éclaircissement, s’autoriser à douter d’une affirmation… : autant il est possible de maintenir le lien avec une source par téléphone quand la relation est déjà bien installée, autant il peut devenir délicat de recueillir des informations sensibles ou inédites d’une personne qu’on n’a même jamais rencontrée…

Les différentes associations professionnelles de journalistes viennent d’adresser une lettre aux autorités françaises pour protester contre les restrictions à la liberté d’informer. « La situation sanitaire justifie certes la prudence, mais elle offre aussi à certains l’occasion de limiter l’accès à l’information les Français méritent de pouvoir accéder à une information libre et de qualité », critiquant-elles.

Lettre des associationsTélécharger

Des aides discriminantes

Autre élément, plus économique. Selon les derniers chiffres révélés par la La Lettre A, le gouvernement français, via les aides publiques à la presse, a plutôt aidé à la concentration des groupes de médias que leur diversité. Ainsi sur les 87 millions d’euros d’aides directes à la presse (hors aide à l’AFP et exonération de charges sociales) en 2019, 49 millions d’euros, soit plus de la moitié ont été versés à dix groupes uniquement. Un seul groupe, LVMH (Le Parisien, Les Echos, Investir…), capitalise à lui seul 16,8 millions d’euros. Suivi, de plus loin, par Le Figaro et Le Monde (1).

La distorsion de concurrence nuit gravement au pluralisme

« Une telle disproportion dans la distribution des aides constitue une préjudiciable distorsion de concurrence entre médias » interroge indique le SPIIL (Syndicat de la presse d’information indépendante en ligne, auquel appartient B2 (2)). « Sur ces 87 millions d’euros, en effet plus de 75 millions d’euros concernent exclusivement la presse imprimée en raison de la nature même des aides qui excluent la presse en ligne. » Ce qui est contradictoire avec la volonté de développer le numérique. Le SPIIL « réclame un rééquilibrage d’urgence pour l’année 2021 et une remise à plat des aides à la presse ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire tout le communiqué ici

  1. Des chiffres que la ministre française de la Culture Roselyne Bachelot a refusé de donner à nos confrères. En totale contradiction avec la pratique antérieure. Les chiffres sont certes disponibles, mais enfouis au fin fonds d’une base de données publiques Data.gouv.fr. Donc impossible à trouver, sauf volonté farouche…
  2. Précisons que B2 n’a pas touché un cent de subvention (ni fait de demande d’ailleurs)

Article complété avec les éléments de la lettre adressée par les associations de journalistes

Cet article Entre aides publiques discriminantes et restrictions au travail des journalistes, la liberté d’informer mise en cause (v2) est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Inspection d’un porte-conteneurs en route vers Benghazi. Et dernier bilan de l’opération Irini

Thu, 20/05/2021 - 09:45

(B2) Le commandant de l’opération européenne de contrôle de l’embargo au large de la Libye sera ce matin devant le Comité politique et de sécurité pour donner son dernier bilan. Juste au moment où celle-ci vient de boucler sa 13e inspection de navire suspect

Une inspection d’un navire suspect

Le navire amiral de la force européenne de contrôle de l’embargo en mer Méditerranée (EUNAVFOR Med), le San Giorgio, a abordé et inspecté mercredi (19 mai), au large de la Libye, le Cileen M, un navire porte-conteneurs battant pavillon togolais, qui se dirigeait vers Benghazi (Est de la Libye).

Le porte-conteneurs Cileen M (crédit : EUNAVFOR Med Irini)

« Rien de suspect n’a été trouvé ». Et le « navire a été autorisé à poursuivre son voyage » précise le QG de l’opération à Rome. Cette inspection s’est déroulée sans problème. « L’équipage et le capitaine se sont montrés coopératifs. » Le navire venait du port grec de Kalymnos, selon les sources maritimes.

C’est la 13e inspection effectuée par un navire européen dans le cadre du contrôle de l’embargo sur les armes ou le pétrole imposé par le Conseil de sécurité des Nations unies.

4 vols suspects reperé chaque semaine

Au dernier bilan, depuis près de 14 mois d’activité, l’opération Irini a enquêté sur « plus de 3200 navires et a surveillé 235 vols suspects ». Cela signifie près de 50 navires interrogé chaque semaine, mais surtout 4 vols « suspects » repérés chaque semaine. Ce n’est pas négligeable ! Un bilan que le contre-amiral Fabio Agostini, commandant de l’opération Irini, vient présenter ce jeudi (20 mai) devant les ambassadeurs des Etats membres réunis à Bruxelles au sein du COPS (Comité politique et de sécurité.

122 approches amicales

L’opération européenne a effectué 13 inspections et 122 visites amicales (ou ‘Friendly Approaches‘) à bord des navires marchands en Méditerranée venant ou allant vers la Libye. Elle a surveillé 16 ports et installations pétrolières libyens, 25 aéroports et pistes d’atterrissage.

23 rapports adressés à l’ONU

Toutes les informations récoltés lors de ces visites, inspections, entretiens, ainsi que par les observations satellitaires du SatCen ont été consignées soigneusement. L’opération IRINI a ainsi rédigé « 23 rapports classifiés » adressés au groupe d’experts des Nations Unies sur la Libye sur « des violations ou d’éventuelles violations de l’embargo sur les armes ». Ce des « deux côtés du conflit en Libye », prend-on bien soin de préciser du côté des militaires européens.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Cet article Inspection d’un porte-conteneurs en route vers Benghazi. Et dernier bilan de l’opération Irini est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Les Belges n’iront pas dans Barkhane en 2021. Et pour 2022 on verra !

Wed, 19/05/2021 - 21:00

(B2) La ministre belge de la Défense, Ludivine Dedonder, l’a confirmé ce mercredi (19 mai) en commission défense de la Chambre des députés.

La Belge Ludivine Dedonder (PS) et la Française Florence Parly (TDP app. LREM), tout sourires devant les photographes lors du dernier conseil ‘défense’ le 6 mai dernier (crédit : Conseil de l’UE)

En 2021 c’est exclu, pas de troupes disponibles

« En raison de plusieurs facteurs tels que la prolongation imprévue de la mission « Resolute Support » dirigée par l’OTAN en Afghanistan et la réorientation et le développement de nouvelles initiatives dans le cadre de la Coalition pour le Sahel, la Défense a dû revoir sa planification opérationnelle pour 2021 » indique Ludivine Dedonder, selon le compte-rendu officiel reçu par B2. « Un nouveau déploiement à grande échelle en 2021 n’est donc pas réaliste. »

Aucun engagement n’était pris

La Belgique fait donc lanterner un peu Paris. Il n’y a pas rupture d’une promesse se défend la ministre. « Notre pays n’avait encore pris aucun engagement. » La France appréciera… Paris qui a demandé aux « États européens de déployer davantage de troupes conventionnelles dans le cadre de la task-force Takuba » va devoir ronger son frein. Et l’objectif de Florence Parly d’avoir une dizaine de pays dans Takuba risque jugé plus digne de la méthode Coué que de la réalité.

Pour 2022, on verra

Pour l’année suivante, la ministre belge se montre en effet plus que prudente. « Les différentes options de déploiement pour 2022 sont actuellement à l’étude. » Une extension du déploiement militaire belge au Sahel « sera discutée en Conseil des ministres et au Parlement ». Le dossier « portant sur le programme des opérations pour 2022 » sera soumis au gouvernement « au dernier trimestre 2021 ».

Un esclandre avec Paris évité de justesse

Ce sujet de la participation belge à Barkhane était un haut sujet de tensions entre Paris et la Belgique. En témoigne ll’affaire du tweet du député Theo Francken (N-VA). Dans la foulée d’une réunion de la commission chargée du suivi des missions à l’étranger, le député nationaliste avait tweeté ceci : « Operatie Barkhane: « geen deelname in 2021 #DedonderLudivin #Comdef » (Opération Barkhane: «pas de participation en 2021)

Les Français n’étaient pas encore au courant officiellement de la décision prise par le cabinet belge. Et le téléphone avait alors ‘chauffé’ entre Paris et la Belgique. La ministre belge de la Défense avait alors exigé, quelques jours après, dans un courrier adressé à la présidente de la commission (Annick Ponthier, appartenant au parti d’extrême-droite Vlaams Belang) des sanctions (courrier publié par la RTBF). Ce qui avait finalement été appliqué : interdiction d’assister à des réunions auquel l’obligation de secret est applicable, jusqu’à la fin de la session ordinaire 2020-2021 et amende sous forme de retenue de 20% sur son indemnité parlementaire pour une période de trois mois. Non sans susciter quelques réactions courroucées d’autres députés, pourtant partenaires de la majorité, tels Denis Ducarme, trouvant la sanction exagérée. « Il n’y a pas de faute de Théo Francken, mais de la ministre Dedonder » tonne le député libéral (MR) selon le quotidien Le Soir.

Commentaire : un revirement, signe d’une mésentente ?

Contrairement à la position officielle, il s’agit bel et bien d’un revirement du gouvernement belge. Même si aucune certitude n’était acquise, l’intention belge avait bel et bien été affichée, et répétée (apparemment) au moins un entretien bilatéral. Outre l’argument officiel du manque de troupes, on peut avancer deux autres éléments d’ordre politico-militaires. D’une part, l’absence d’un consensus politique entre les différents partenaires de la majorité, sur cet engagement à haut risque. D’autre part, l’absence d’un cadre vraiment fixé au plan multinational. Y-a-t-il d’autres éléments dans cette attitude belge. Rien n’est à exclure… En tout cas il y a de la friture sur la ligne entre Paris et la Belgique.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Cet article Les Belges n’iront pas dans Barkhane en 2021. Et pour 2022 on verra ! est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

La boîte à outils de la défense européenne va paraitre. 98 pages pour tout connaitre !

Wed, 19/05/2021 - 12:56

La politique de défense européenne, ses avancées, ses difficultés, ses atouts ou ses échecs, expliqués pas à pas…

Deux années politiques riches en émotions

La défense européenne a-t-elle un avenir ? L’OTAN est-elle obsolète ? Que signifie l’autonomie stratégique ? À quoi va servir le fonds de défense, la nouvelle facilité de paix ? Où sont déployés les militaires européens ? Les battlegroups sont-ils dépassés ? Un QG européen va-t-il voir le jour ? Combien dépensent les pays de l’OTAN pour leur défense ?…

Un tour complet d’horizon

Conçu par les journalistes de B2, qui suivent pas à l’actualité géopolitique européenne, cet ouvrage retrace les dernières évolutions de la politique de défense européenne : de la doctrine aux missions et opérations, en passant par les institutions, les responsables politiques, les instruments de coopération financiers et industriels… pas moins de 50 thèmes sont abordés.

Un ouvrage à lire de bout en bout… ou à picorer

« Malgré une crise (sanitaire) d’ampleur inédite, cet ouvrage confirme que nous n’avons pas levé le pied au niveau européen sur le terrain de la défense » explique Josep Borrell, le Haut représentant de l’Union (le chef de la diplomatie européenne), qui signe la préface.

« Nous avons voulu décortiquer toutes les nouveautés par le menu, sans tabou, sans concession… », explique Nicolas Gros-Verheyde, co-auteur de l’ouvrage et rédacteur en chef du média en ligne B2. « Mais en gardant ce qui fait l’atout d’un site internet, son côté accessible à tous, sa possibilité de piocher un ou plusieurs éléments spécifiques« .

Pour aller plus loin que l’actualité du moment

Un complément au fil quotidien d’information développé par B2 devenu le premier média en ligne sur l’Europe géopolitique, et au manuel sur ‘La politique européenne de sécurité et de défense commune’ (500 pages, 2017). À quelques encablures de la présidence française de l’UE au premier semestre 2022, c’est une lecture indispensable pour comprendre les enjeux de demain.

Parution : 25 mai 2021

Prix : 10 euros

Editions du Villard

Disponible sur internet – format PDF – Commandable et téléchargeable sur internet à compter du 25 mai.

Auteurs : Nicolas Gros-Verheyde, avec Leonor Hubaut, Aurélie Pugnet, Emmanuelle Stroesser. Préface : Josep Borrell. Postface : André Dumoulin.

À propos de B2 – Bruxelles2

Créé en 2008 par Nicolas Gros-Verheyde (ancien auditeur à l’IHEDN, correspondant de Sud-Ouest auprès de l’UE et de l’OTAN), B2 Bruxelles2 est le seul média francophone dédié à l’Europe géopolitique. Il propose trois éditions : un blog libre d’accès, un site professionnel B2 Pro (adhérents et abonnés) et une édition pédagogique. Média en ligne, il est agréé ‘information politique et générale’ par la CPPAP (France), B2 a produit plus de 16.000 articles et compte plus de 10.000 lecteurs quotidiens en France, en Europe et dans le monde. Il emploie quatre journalistes professionnels et est soutenu par une association loi 1901 (ASBL).

Cet article La boîte à outils de la défense européenne va paraitre. 98 pages pour tout connaitre ! est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Israël-Palestine. Le faux pas diplomatique de Von der Leyen

Mon, 17/05/2021 - 15:30

(B2) Une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères a été programmée pour mardi pour montrer l’unité européenne face aux tensions entre Israël et Palestine. Et d’éviter des coups de griffe à l’unité européenne

Cette réunion a été convoquée par le Haut représentant de l’UE, chef de la diplomatie Josep Borrell, après consultation avec les différents ministres. L’objectif comme il l’explique dans un tweet est de : « coordonner et discuter la manière dont l’Union européenne peut contribuer au mieux à mettre fin à la violence actuelle ». Ce alors que « l’escalade continue entre Israël et la Palestine (faisant) un nombre inacceptable de victimes civiles ».

Il s’agit notamment de proclamer plus fort, la voix de l’Europe et donner un message d’unité. Ce qui n’a pas été toujours le cas depuis le début de la crise, entre Européens. La question israélo-palestinienne reste en effet une des plus clivantes sur le plan européen. Et il s’agit d’éviter que la divergence ne prenne le pas sur ce qui réunit les Européens.

Un message très allemand

Un tweet de la présidente de la Commission a fait jaser dans les couloirs européens. Ursula von der Leyen publie sur Twitter vendredi (14 mai) un message ambigu. Elle ne nomme qu’un protagoniste : le Hamas dont elle « condamne » les attaques « indiscriminées » du mouvement palestinien, parle de « protéger les civils de part et d’autre », sans indiquer l’autre adversaire. Elle ne fait aucune référence à la situation à Jérusalem, comme à l’attitude d’Israël. Une position qui ne reflète en aucun cas la diversité de points de vue au sein de l’Union européenne ou de la Commission européenne.

Un message qu’il faut plutôt lire dans un contexte allemand. En Allemagne, les tensions au Proche-Orient ont provoqué une montée de fièvre contre Israël : des drapeaux sont brûlés devant les synagogues de Münster et Bonn, mardi soir et des slogans anti-juifs prononcés à Gelsenkirchen mercredi. Une situation impossible à tolérer Outre-Rhin. « La chancelière Merkel condamne les attaques à la roquette contre Israël et les incidents antisémites en Allemagne. Notre démocratie ne tolérera pas les rassemblements antisémites » prévient le porte-parole de la Chancelière, Steffen Seibert, vendredi twitter. La CDU a hissé le drapeau israélien sur son siège en signe de solidarité avec l’Etat hébreu.

Une bévue diplomatique européenne

Signé depuis son compte de présidente, rédigé dans les trois langues européennes, ce message peut cependant laisser croire que l’Union européenne a révisé à sa position d’équilibre dans le conflit et désigné un seul adversaire : les Palestiniens. Délicat vis-à-vis du monde arabe comme de certains pays européens et commissaires européens qui ont une position plus équilibrée.

Une dynamique du conflit

La dynamique du conflit sur place, avec la destruction d’un immeuble où est abritée la presse internationale, comme la position américaine viennent prendre très vite la présidente de la Commission européenne à revers. L’administration Biden n’est pas dupe de la position israélienne. Elle rappelle « aux Israéliens que garantir la sûreté et la sécurité des journalistes et des médias indépendants est une responsabilité primordiale » comme l’affirme Jen Psaki, porte parole du département d’État samedi (15 mai).

Une position plus équilibrée de la diplomatie européenne

Du côté du vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell, la tonalité du message est aussi légèrement différente. Ce, depuis le début de la crise. Et le chef de la diplomatie européenne le rappelle encore dans un message publié samedi (15 mai). « [Je] poursuis mes contacts avec mes homologues pour soutenir les efforts visant à désamorcer la situation extrêmement préoccupante en Israël / Palestine. La priorité et le message de l’UE restent clairs : la violence doit cesser maintenant. »

Message équilibré et plutôt classique de la diplomatie européenne. Il condamne bien évidemment les tirs indiscriminés du Hamas et ses roquettes, mais demande aussi au gouvernement israélien, nommé précisément, d’assurer la protection des civils, et de respecter le statu quo sur la garde des lieux saints, etc.

Le tir corrigé

S’apercevant de sa bévue, la présidente corrige le tir, samedi en soirée (16 mai), affichant cette fois clairement son « soutien total » aux efforts menés par le chef de la diplomatie européenne « pour travailler à une solution diplomatique pour mettre fin à la violence ».

Un message rédigé, dans une seule langue (en anglais), mais si rapide que le prénom de Josep Borrell est écorché (transformé en Joseph, il sera corrigé juste après). L’incident est clos. Mais il laissera quelques traces.

Conclusion : d’abord maitriser les codes avant de réclamer

La place sur le sofa de la diplomatie ne se résume pas à une exigence de protocole. La géopolitique est un art qui mérite d’être appris et dosé. La bévue d’hier reste limitée (heureusement). Mais Ursula Von der Leyen a démontré qu’elle ne maîtrisait pas encore tous les codes d’une fonction plus géopolitique de la Commission européenne. Elle parait ainsi plus à l’aise pour faire une tempête dans un verre d’eau et disputer à Charles Michel une place sur un fauteuil (lire : La stratégie du sofa. De la puissance et de la brutalité), que de propulser l’Europe sur la scène internationale. Dommage…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : Conflit en Israël : où est passée la Commission géopolitique ?

Cet article Israël-Palestine. Le faux pas diplomatique de Von der Leyen est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Conflit en Israël : où est passée la Commission géopolitique ?

Fri, 14/05/2021 - 14:45

(B2) Le conflit gelé entre Israël et Palestiniens s’est soudainement réveillé. Ne le dites surtout pas trop fort à Bruxelles. La Commission européenne, géopolitique, de Ursula von der Leyen est en congés !

Le réveil d’un conflit

Parti d’émeutes réprimées sur l’esplanade des mosquées, ce conflit a pris une tournure plus vive avec des roquettes parties de Gaza et la réplique israélienne de frappes aériennes sur l’enclave palestinienne. En rythme journalier (un indicateur objectif), on atteint un chiffre de 30 morts / jour (1). Sans que la Commission européenne, proclamée ‘géopolitique’ par Ursula von der Leyen, n’interrompe sa pause. Week-end prolongé de l’ascension oblige !

Seuls les diplomates sont sur le pont

Comme d’habitude. Josep Borrell, le Haut représentant de l’Union, passe des coups de fils — au ministre des affaires étrangères Gabi Ashkenazi, au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, … Il multiplie les appels à la désescalade. Sans grand espoir. L’Europe semble atone attendant que les États-Unis impriment le rythme d’un cessez-le-feu, incapable de prendre une initiative, ni même de réfléchir à une solution (2).

La stratégie du sofa

Où est passée la Commission européenne « géopolitique » promise par Ursula von der Leyen : pleinement mobilisée pour préparer une initiative, en réunion d’urgence ? Où est passée la colère de même Von der Leyen, dépitée de ne pas eu sa place sur la scène internationale ? Pousser un ‘hum hum’ d’insatisfaction car on n’a pas droit à un beau fauteuil à Ankara est facile (lire : La stratégie du sofa. De la puissance et de la brutalité). Donner des leçons à l’Europe entière devant le Parlement européen est aisé (lire : A Ankara, le ‘sofagate’, miroir tendu aux faiblesses européennes). Se prononcer sur un conflit international sensible semble plus délicat.

Un défaut d’initiative criant

Le Parlement européen a appelé pourtant à plusieurs reprises les Européens à prendre l’initiative. En septembre 2015, notamment, il a voté une résolution pour que l’Union joue un véritable rôle politique dans le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Sans réaction. La dynamique d’une initiative de paix, souvent promise par exemple par Federica Mogherini, ne s’est jamais réalisée. La grande initiative de paix pour le Proche-Orient, lancée par la France en janvier 2017, s’est évanouie dans les sables. Les États européens restent encore très divisés, entre le soutien à la création d’un État palestinien ou au seul État d’Israël (3). En clair, on aimerait bien aujourd’hui un petit ‘hum hum’ de la Commission sur le conflit au Proche-Orient.

La fin de certains tabous

Prendre l’initiative, c’est prendre un risque. En effet. Cela supposerait de reconnaitre l’évolution des faits sur le terrain. Le processus d’Oslo, avec la solution à deux États, parait hors de portée, du moins dans l’état des forces aujourd’hui. Certains diplomates européens le reconnaissant en off : le processus d’Oslo est « en coma profond », « moribond »… Que faire ? Hugh Lovatt, un chercheur du think-tank britannique EFCR, propose « d’élaborer un nouveau paradigme fondé sur l’égalité et la fin de l’occupation » (4). Cela peut être une idée. On pourrait aussi réitérer l’idée d’une force conjointe de police sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, suggérée il y a plusieurs années déjà par certains responsables européens (5). Etc. Aucune solution n’est évidente. Mais tout vaut mieux que l’immobilisme actuel.

Commentaire : le risque d’un effacement stratégique est réel

L’épisode récent entre Tel Aviv, Jérusalem Est et Gaza le prouve. Tant qu’une solution ne sera pas trouvée au conflit israélo-palestinien, difficile d’entrevoir une stabilisation de la région. Si elle veut être géopolitique, l’Europe doit être à l’initiative. Elle n’a pas d’autre choix. Pour le conflit en cours… mais aussi pour son propre avenir. Si l’Europe arrive à peser sur certains conflits en cours (Sahel, Mozambique, Éthiopie) ou sur des dossiers comme le nucléaire iranien ou la crise politique en Géorgie récemment (6), elle s’est aussi fait exclure (ou s’est exclue elle-même) de la solution de crises majeures. De la guerre civile syrienne au conflit Arménie-Azerbaïdjan, les exemples ces dernières années sont frappants. Cette question n’est pas que conjoncturelle. Elle est structurelle. Toute attentionnée à ses crises internes (Grèce, Immigration, Brexit, Covid-19, cadre budgétaire…) parfois très superficielles (comme le ‘sofagate’), l’Europe loupe des marches géopolitiques. Elle n’anticipe pas suffisamment. Et, surtout, elle n’arrive pas à réagir à temps aux crises qui surviennent. Résultat : sa sphère d’intervention se rétrécit.

Ce qui se passe entre Israël et Palestiniens pourrait être une opportunité dans une Europe géopolitique… à condition d’être un peu dynamique, inventif.

  1. Ce qui n’est pas encore le chiffre de la précédente ‘guerre’, en 2014. Mais cela ressemble plutôt pour l’instant à une autre remontée de la tension en 2012. Benny Gantz aujourd’hui ministre de la Défense était alors chef d’état-major de Tsahal. Lire : Entre Israel et Gaza, l’escalade. Le chef militaire du Hamas tué
  2. « Nous aidons la Palestine à survivre. Mais nous n’avons pas la capacité de médiation. Seuls les États-Unis peuvent le faire » a reconnu Josep Borrell lors d’un débat organisé par l’institut Real Instituto Elcano à Madrid jeudi (13 mai), comme le rapporte Europapress.
  3. « Nous n’avons plus de consensus sur les paramètres de ce processus de paix » reconnaissait Jean Asselborn, le ministre luxembourgeois en janvier 2020. B2 a regroupé les 27 en trois catégories, selon leurs affinités auprès d’Israël ou pour la défense de la cause palestinienne. Des plus « pro-palestiniens » aux plus « pro-israéliens ». Lire : Entre Israël et Palestine, le coeur des Européens balance…
  4. « La fin d’Oslo : une nouvelle stratégie européenne pour Israël-Palestine », Hugh Lovatt, EFCR, Policy Brief, 14 janvier 2021. A télécharger ici
  5. Cf. les propositions du secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche en 2010 ! Lire : Gaza: « Ne plus se contenter de sortir le chéquier mais s’impliquer largement »
  6. Lire : [Récit] Comment l’Europe a réussi à obtenir un accord politique en Géorgie ?

Cet article Conflit en Israël : où est passée la Commission géopolitique ? est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Le commandant Birot en mer Noire

Wed, 12/05/2021 - 13:14

(B2) Le Patrouilleur de Haute Mer Commandant Birot fera escale au port de Constanţa en Roumanie, du 13 au 17 mai. Un déploiement en mer Noire dans le cadre des missions de présence de la Marine nationale. Objectif : montrer la solidarité de la France envers ses Alliés et préserver la liberté de navigation dans une zone contestée et objet de tensions entre l’Ukraine et la Russie.

Cet article Le commandant Birot en mer Noire est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Incidents entre bateaux de pêche italiens et turcs au large de Chypre

Tue, 11/05/2021 - 17:30

(B2) Un incident a opposé ce mardi matin, vers 10 h 10, des bateaux de pêche turcs et deux bateaux de pêche italiens (le Giacalone et le San Giorgio 1) dans les eaux au nord de Chypre. Suscitant l’intervention de la marine italienne et des garde-côtes turcs

(crédit : Marine italienne)

Les bateaux de pêche turcs ont lancé divers projectiles —pierres et bombes fumigènes — et mené diverses manœuvres à vitesse. Dont l’une a abouti à un « contact » avec le bateau de pêche Giacalone, qui a subi des dommages mineurs.

La frégate de la marine italienne Carlo Margottini (F-592) qui était en patrouille dans la zone, à 35 miles au sud, dans le cadre de l’opération ‘Sea Guardian‘ de l’OTAN est alors intervenue, indique la marine italienne. Son hélicoptère ainsi qu’un patrouilleur des garde-côtes turcs ont intimé aux bateaux de pêche turcs de cesser l’action. Les bateaux de pêche italiens ont été incités à par précaution, de la zone contestée. Ces interventions ont permis de reprendre le contrôle de la situation.

(NGV)

Cet article Incidents entre bateaux de pêche italiens et turcs au large de Chypre est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe géopolitique.

Remettre d’aplomb l’accord sur le nucléaire iranien. Pas facile. Six ans ont passé. La méfiance s’est installée (Enrique Mora)

Tue, 11/05/2021 - 14:22

(B2) Pourquoi les pourparlers de Vienne sur le nucléaire iranien sont si complexes ? Comment Iran et USA se sont éloignés aussi vite ? Pourquoi est-ce important pour les Européens ? Un des principaux acteurs du processus s’explique. Un point de vue rare, à lire avec attention, pour bien comprendre tous les enjeux de cette négociation

Dans un article publié fin avril dans Politica Exterior, revue espagnole spécialisée sur les questions diplomatiques, le directeur politique du service diplomatique européen (SEAE), Enrique Mora, décrit toute la complexité de négocier un nouvel accord là où il n’y a normalement … « rien à négocier. Tant les engagements nucléaires que les sanctions à lever sont expressément inclus dans le JCPOA. ». Le tout face aux hostilités et réticences qui existent non seulement à Téhéran et à Washington, mais aussi dans les capitales arabes. « Cette méfiance marque le format des négociations, l’impossibilité pour la partie iranienne de rencontrer physiquement la délégation américaine ».

Autre notion à prendre en compte : le temps écoulé depuis la signature de l’accord (en 2015) et les changements géopolitiques depuis. « Il est complexe de gérer une négociation dans laquelle le texte a été approuvé par les parties [et qui] maintenant, étant le même dans son sens littéral, génère des perceptions différentes. »

Une négociation sur le fil du rasoir

Deux négociations en une

En fait, il n’y a pas une négociation, mais bien « deux processus parallèles » en cours à Vienne. La première est assez « formelle », au sein de la Commission mixte, qui rassemble les six participants à l’accord (France, Allemagne, Royaume-Uni, Chine, Russie et l’Iran), plus l’Union européenne qui assure à la fois la présidence et la coordination de la réunion. C’est, en effet, le Haut représentant de l’UE, Josep Borrell, qui a été désigné comme le coordinateur de la commission. Le second processus, beaucoup plus informel, se déroule entre l’Iran et les États-Unis, par intermédiaire interposé.

Iran et USA discutent par l’intermédiaire de l’UE

C’est ce qu’on appelle « des négociations de proximité dans le jargon diplomatique », une modalité dans laquelle les parties n’ont « pas de réunions en face à face en raison de limitations politiques », mais sont dans le même espace physique. En l’espèce, ils sont « tout près », à quelques dizaines de mètres de distance, dans deux hôtels situés sur le Kärntner Ring viennois, discutant par l’intermédiaire du coordinateur de l’UE qui joue « ici le rôle de facilitateur ».

Enjeu : rétablir l’équilibre délicat d’origine

L’objectif des deux processus est le même : faire du JCPOA un accord « opérationnel et efficace ». Pour ce faire, « il est nécessaire de rétablir l’équilibre délicat sur lequel il a été fondé à l’origine : la garantie que le programme nucléaire iranien est exclusivement à des fins civiles, d’une part, et la levée des sanctions imposées par la communauté internationale, de l’autre ». Ces sanctions ont été adoptées lorsque la suspicion d’un programme militaire s’est avérée « plus que fondée ».

Les effets dévastateurs sur l’accord de la politique ‘Trump’

La politique de pression maximale a échoué

« L’équilibre s’est effondré lorsque l’administration de Donald Trump a abandonné l’accord, a réimposé les sanctions précédemment levées et en a ajouté beaucoup d’autres dans le cadre de la soi-disant ‘politique de pression maximale‘ ». Une politique qui « a échoué dans son objectif de ramener l’Iran à la table de négociations et de forcer la République islamique à accepter ce que l’administration américaine précédente considérait comme un accord plus favorable ».

L’effet négatif des sanctions extraterritoriales

Les effets sur l’économie iranienne ont été « dévastateurs ». De pair avec la nature « extraterritoriale » des sanctions américaines, elles ont conduit au « retrait de pratiquement tous les acteurs économiques internationaux et à une sécheresse prolongée des investissements ou des relations commerciales ». Malgré cela, la République islamique a « continué de respecter l’accord pendant un peu plus d’un an ». Un point souvent peu mis en avant dans les négociations.

Le dérapage nucléaire iranien

L’Iran a « finalement » commencé à prendre des décisions nucléaires qui « s’écartaient clairement » du JCPOA. Ces derniers mois, ces décisions ont été accélérées avec des décisions d’une « gravité incontestable », comme l’enrichissement à 60% ou la production d’uranium métal. Toutes ces décisions, et celles en cours, sont intégrées dans les pourparlers de Vienne en tant que « questions à résoudre ». « Ce n’est pas le moindre des problèmes que l’objectif des pourparlers évolue à mesure que l’Iran adopte de nouvelles mesures. Le but bouge pendant que le jeu est joué. »

Les principaux obstacles, politiques, de la discussion

Une série « d’obstacles » émaillent la discussion. « Dans les deux capitales, l’accord a probablement plus de détracteurs que de partisans. » Les raisons sont diverses.

Le prisme américain d’Israël et du Golfe

Aux États-Unis, à « l’hostilité historique » envers la République islamique, s’ajoute un courant de pensée « fortement influent au Congrès, plus soucieux d’adapter la politique américaine aux intérêts de son allié le plus important dans la région que d’analyser l’intérêt national américain au Moyen-Orient ». L’administration Trump a été le « paradigme de ce courant de pensée, subordonnant les relations entre les États-Unis et les pays arabes aux intérêts légitimes d’Israël ».

Le patriotisme nationaliste en Iran

En Iran, derrière l’enjeu nucléaire se reflète, une « tendance fondamentale depuis quelques années » : le remplacement de l’idéologie islamique, « beaucoup moins attrayante pour les générations suivantes par un nationalisme qui a toujours eu un impact énorme sur l’opinion publique iranienne ». De ce point de vue, « toute limitation du programme nucléaire , que personne ne prétend publiquement être militaire, » est considérée comme une « ingérence inacceptable ». « Le soi-disant ‘exemple nord-coréen’ n’échappe pas non plus à cette perception. » Cette situation de « désaffection » se traduit, « avec une force perceptible à chaque minute de la négociation, par la peur « d’aller trop loin » dans les propositions, que ce soit en termes de levée des sanctions ou de retour aux engagements nucléaires. »

Une méfiance extraordinaire entre Téhéran et Washington

Le « deuxième obstacle » est « l’extraordinaire méfiance » entre les États-Unis et l’Iran, qui « remonte à des décennies, et que l’administration Trump a considérablement aiguisée ». Cette méfiance « marque le format des négociations, l’impossibilité pour la partie iranienne de rencontrer physiquement la délégation américaine sur ordre exprès du guide suprême, et donc les pourparlers de proximité. » Mais cela pourrait aussi « marquer les résultats possible ».

L’hostilité arabe et israélienne

Troisième obstacle : « l’extraordinaire hostilité » à l’accord d’une « bonne partie des pays arabes et, bien entendu, d’Israël ». « Mais là aussi, quelque chose est en train de changer. Un bon exemple en est les déclarations de Rayd Krimly, directeur de l’analyse et des prévisions au ministère saoudien des Affaires étrangères, qui place désormais la restauration de l’accord comme une première étape et non comme quelque chose de négatif, rejetable, politique officielle du royaume jusqu’à là ». Même du côté israélien, il « existe des mouvements de personnalités prestigieuses qui ont occupé des rôles importants dans la politique étrangère et de sécurité israélienne ».

Une négociation à haut risque politique pour chacun

Participer aux pourparlers demande à chaque gouvernement « d’investir un capital politique considérable » pour les mener à bien. A cela, il faut ajouter la « parfaite asymétrie » des situations politiques. On a un président (Joe Biden) qui « débute » à Washington et un président (Hassan Rohani) qui « arrive en fin de mandat » à Téhéran.

Négocier sur quoi ?

Un élément marquant de cette négociation, est que normalement « il n’y a rien à négocier ». Tant les engagements nucléaires que les sanctions à lever sont « expressément inclus dans le JCPOA. Certaines discussions pour revenir à l’accord devraient se limiter à la prise de procès-verbaux du retour à l’accord. Et pourtant, ce n’est pas si simple. » 

L’effet ‘usure’ du temps

La difficulté vient, « du temps écoulé » depuis la signature de l’accord (six ans !), « des expériences des parties, très négatives dans le cas iranien, et des perceptions que le temps a suscitées dans un contexte de profonde méfiance ». Sans parler « du changement géopolitique depuis janvier 2015 », qui se traduit également par « des attitudes différentes des autres participants » à l’accord. Il est « complexe de gérer une négociation dans laquelle le texte a été approuvé par les parties et maintenant, étant le même dans son sens littéral, il génère des perceptions différentes ».

Le retrait non prévu d’un partenaire

La première chose que le temps a apportée, était « quelque chose à laquelle, apparemment, personne ne s’attendait : le retrait de l’une des parties ». Inattendu. La preuve : à « aucun moment, il n’a été proposé d’introduire des dispositions à cet égard dans l’accord, ce qui est courant dans d’autres instruments internationaux ». Au-delà des effets immédiats sur l’accord, ce retrait a des conséquences politiques sur la négociation du retour. « Ce qui exigeait auparavant un changement de régime, maintenant un simple changement de gouvernement suffit. »

La polarisation américaine

Cette « polarisation » aux États-Unis, qui se traduit par « des virages brusques, parfois à 180 degrés, de la politique étrangère », a eu des effets « dévastateurs » pour le JCPOA. La partie iranienne cherche aujourd’hui à « avoir la garantie que cela ne se reproduira plus, qu’il n’y aura pas d’autre retraits à l’avenir, ou du moins qu’il y aura des garanties pendant plusieurs années pour les acteurs économiques ». Obtenir une telle garantie est « hautement improbable ». Difficile d’empêcher en effet « le jeu démocratique de l’alternance » en vigueur aux États-Unis.

L’acquisition d’un savoir-faire nucléaire ineffaçable

Si Téhéran a toujours été soucieux de souligner que toutes des décisions « contraires à l’accord nucléaire », étaient « réversibles » — avec l’argument ‘nous pouvons arrêter d’enrichir de l’uranium à tout moment et revenir à la limite fixée dans l’accord’ —, ses avancées scientifiques, elles, semblent peu réversibles. « Quiconque connaît la thermodynamique connaît l’irréversibilité existentielle inhérente à tout processus projeté dans le temps ». « Je crains qu’il n’y ait pas d’exception ici. Pour ne citer qu’un exemple, les connaissances acquises par les scientifiques iraniens sont irréversibles. Ils en ont donné une bonne preuve dans la vitesse et en fait, ils ont renoncé à l’accord en seulement trois mois. »

Une leçon pour l’Union européenne

Dans cette négociation, l’Union européenne accomplit deux choses à la fois. Elle coordonne les négociations multilatérales et facilite les négociations bilatérales (entre USA et Iran), et elle défend son intérêt pour la non-prolifération et la stabilité au Moyen-Orient. « Il existe peu de précédents à cette dualité. C’est un élément à ajouter au débat en cours sur la pertinence de l’UE dans un environnement géopolitique différent, beaucoup plus complexe. » « C’est une leçon pour l’Union européenne »

Propos d’Enrique Mora – traduits et mis en évidence pour plus de lisibilité par NGV – titres et intertitres sont de la rédaction.

Repris avec l’autorisation de l’auteur et de Politica Exterior

Lire aussi : Le café de Vienne meilleur pour l’esprit diplomatique ?

Cet article Remettre d’aplomb l’accord sur le nucléaire iranien. Pas facile. Six ans ont passé. La méfiance s’est installée (Enrique Mora) est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe géopolitique.

Dernières nouvelles des missions et opérations de maintien de la paix de l’UE – PSDC (avril 2021)

Sun, 09/05/2021 - 12:05

(B2) La formation des forces de police et des forces armées fait partie de l’ADN des missions de l’UE. Ce mois-ci encore, quelques actions notables en Irak, Libye, en Somalie. Ce que l’on connaît moins ce sont les actions menées en direction de la population, comme en Bosnie-Herzégovine ou en Ukraine…

Mariupol (Ukraine). Rapprocher la police de la population 

La mission de conseil aux forces de sécurité intérieure ukrainiennes (EUAM Ukraine) a participé à l’aménagement du premier « Open Police Hub » de la ville de Mariupol, la deuxième plus grande ville de la région de Donetsk. L’objectif est de faciliter le dialogue entre la police et la société civile et participer à rétablir la confiance du public dans la police. Le chef d’EUAM Ukraine, le Finlandais Antti Hartikainen, était dans la région pour lancer ce projet. Détails ici

(crédit : EUAM Ukraine/B2)

Bagdad (Irak). Ajuster la réaction en cas de manifestations

Alors que les manifestations sont récurrentes en Irak, « l’équilibre entre le droit de manifester pacifiquement, les impératifs de sécurité publique et le maintien de la loi et de l’ordre est essentiel au processus démocratique », rappelle la mission de l’UE de conseil à la sécurité intérieure (EUAM Iraq). Elle a pour cela organisé un atelier sur le maintien de l’ordre en cas de manifestation, avec les premiers concernés (ministère, commandement des forces de l’ordre, etc.). Détails ici

(crédit : EUAM Irak)

Libye. Entrainer à réagir aux risques terroristes

Des officiers de police libyens ont participé à un cours d’expertise d’explosifs dispensé par les policiers italiens, avec le soutien de la mission de l’UE d’assistance frontalière à la Libye (EUBAM Libya). Ce cours fait partie des formations antiterroristes dispensées aux partenaires libyens. Détails ici

(crédit : EUBAM Libya)

Somalie. Formations communes entre police et militaire, plus qu’un symbole

La police somalienne et l’armée nationale (SNA) ont fait formation commune, pendant six semaines, à la détection et à la destruction des engins explosifs improvisés. Une première, se félicitent les missions de l’UE de soutien aux forces de sécurité intérieure (EUCAP Somalia) et aux forces militaires (EUTM Somalia), en soutien de cette initiative. « Le cours, axé sur la coopération entre l’armée et la police, devrait permettre à la SNA et aux unités Darwish de la police somalienne d’acquérir des connaissances supplémentaires pour travailler ensemble lors de manœuvres dans les zones récupérées par Al Shabab ». Détails ici 

(crédit : EUCAP Somalia)

Niger. Deuxième compagnie mobile de contrôle de frontières terrestres, fluviales et lacustres

La nouvelle compagnie mobile de contrôle des frontières (CMCF) devient opérationnelle en mai. C’est la deuxième mise en place par l’Etat nigérien, avec le soutien de la mission UE de soutien aux forces de sécurité intérieure (EUCAP Sahel Niger), et le soutien financier de l’Allemagne et des Pays-Bas. La CMCF compte environ 250 femmes et hommes, répartis en cinq sous-unités. Détails ici

(crédit : EUCAP Sahel Niger/Andre Spangenberg)

Bosnie-Herzégovine. Covid-19 oblige, la prévention contre les mines se fait en ligne

L’opération de stabilisation en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea) s’est associée au centre d’action contre les mines de Bosnie-Herzégovine (BH MAC) et aux forces armées de Bosnie-Herzégovine (AFBiH) pour une campagne virtuelle de sensibilisation aux dangers des mines. C’est la parade imaginée face à l’impossibilité pour les équipes d’observation de liaison d’EUFOR de se rendre dans les écoles, les associations et les clubs comme les années passées, pour sensibiliser les jeunes et moins jeunes aux risques liés aux restes explosifs de guerre et apprendre à réagir au cas où… L’avantage, c’est que tout le monde peut en profiter. Détails ici et vidéo

Kosovo. Apporter des réponses aux pères, mères, frères et soeurs de disparus

(crédit : EULEX Kosovo) 

Le 27 avril marquait la Journée nationale des personnes disparues au Kosovo. L’occasion de mettre l’accent sur le laborieux travail de recherche et d’identification des 1639 personnes encore portées disparues, l’une des activités phares de la mission « État de droit » de l’UE au Kosovo (EULEX). Détails ici. À relire, le reportage de B2, dans les cimetières de Mitrovica.

Méditerranée. Une conférence au long cours

Pour l’opération de contrôle de l’embargo sur les armes vers la Libye (EUNAVFOR Med Irini), c’est l’heure de la réflexion. Principal enjeu du SHADE MED (Shared Awareness and De-confliction in the Mediterranean), la conférence annuelle destinée à partager la connaissance et la déconfliction en mer Méditerranée. Deux premiers débats en ligne ont eu lieu au mois d’avril. L’un (le 19 avril) sur ‘la politique européenne en Libye’, le deuxième (le 28 avril), sur les ‘nouveaux défis géopolitiques dans une Méditerranée en évolution’. D’autres dates sont programmées jusqu’en juin. Détails et vidéos ici

(crédit : EUNAVFOR med Irini/B2)

Océan indien. Des nouvelles maritimes à partager

L’opération de lutte contre la piraterie maritime au large de la Somalie (EUNAVFOR Atalanta) publie son premier périodique (2 pages), qu’elle espère « utile et informatif ». Il s’adresse à toute la communauté maritime. Le numéro mars-avril est téléchargeable ici et pour s’abonner c’est .

(crédit : EUNAVFOR Atalanta/B2)

Koulikoro et Bamako (Mali). Josep Borrell sur le terrain 

Retour en quelques images sur la visite du camp de Koulikoro de l’EUTM Mali (détails ici) et du QG de l’EUCAP Sahel Mali (détails ici) par le Haut représentant de l’UE, le 24 avril, à l’occasion d’un déplacement au Mali, en Mauritanie et au Tchad. 

(crédit : EUCAP Sahel Mali – EC – Michele Catani)

(informations recueillies par Emmanuelle Stroesser)

NB : Pour tout connaitre ou réviser, n’hésitez pas à vous procurer notre ouvrage sur la PSDC

Lire aussi sur le B2 Pro (parus en avril) :

Et sur le blog : 

Cet article Dernières nouvelles des missions et opérations de maintien de la paix de l’UE – PSDC (avril 2021) est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe géopolitique.

Mozambique. Il faut agir ! Les Européens vont former les forces spéciales. (João Gomes Cravinho)

Fri, 07/05/2021 - 22:55
Le ministre portugais de la Défense Joao Cravinho (© NGV / B2)

(B2 – exclusif) Les ministres de la défense de l’UE ont donné jeudi le feu vert à la planification d’une mission de formation militaire au Mozambique. Le ministre portugais João Gomes Cravinho nous explique les tenants et aboutissants de cette nouvelle mission de la PSDC qui devrait être mise sur pied en 2021

La question du Mozambique figurait à l’agenda de la réunion des ministres de la Défense jeudi (6 mai), parmi d’autres points d’actualité comme le Sahel ou la Libye…

Le Haut représentant a parlé d’un sentiment d’urgence disant que les Européens devaient s’engager. Vous partagez ce point de vue ?

— Il faut agir oui. Dans la région du Cabo Delgado [au Nord du Mozambique], nous voyons à la fois des dynamiques locales particulières et des dynamiques internationales, liées à ce qui se passe en Somalie ou au Sahel. C’est toujours comme çà quand il y a des incursions terroristes : on a des raisons internationales et une alliance locale…

Si on n’agit pas, il y aurait un risque alors ?

— C’est vraiment un risque tout comme à plusieurs endroits du Sahel. Depuis un an, la ville de Mocímboa da Praia [dans le Nord près de la Tanzanie] est déjà non pas gouvernée, mais contrôlée par les groupes terroristes. Et ce pourrait être de pire en pire. Nous risquons d’avoir un territoire entièrement contrôlé par des groupes terroristes. C’est vraiment inacceptable. On ne peut pas tolérer que des portions de territoire échappent ainsi à la souveraineté du gouvernement.

Vous avez l’impression que vos collègues ministres ont bien compris cela ?

— Tout le monde l’a bien compris. Beaucoup de ministres – trois quart au moins de ceux qui sont intervenus — y ont fait référence lors de leurs interventions. Nous devons mettre en place une mission de formation de l’Union européenne. Elle sera dédiée aux forces spéciales. Ce qui un peu différent des autres missions de formation de l’UE, au Sahel ou en Somalie par exemple.

Les pays vont-ils joindre le geste à la parole, et s’engager ? Qu’ont-ils répondu ?

C’est encore très tôt pour dire qui sera là. Il y a des procédures internes dans chaque pays. Certains ont dit : c »est important, mais c’est difficile de participer pour l’instant ; car nous avons d’autres priorités et avons déjà fait la planification pour nos militaires cette année. Mais d’autres ont dit : ‘vous pouvez comptez sur nous ! soit pour une contribution symbolique, soit pour une contribution plus significative (1). C’est ce qui m’a conforté. Il y a une dynamique suffisamment forte pour que ce qu’on appelle le ‘force sensing‘ [consistant à identifier les forces disponibles] soit réussi.

On aura un effectif suffisant ?

— Vous savez ce que nous prévoyons, c’est une petite mission, bien plus petite que celles que nous avons déjà sur le terrain au Mali ou en Somalie par exemple. Cela devrait tourner autour d’une centaine de militaires, 120 au maximum. Mon pays, le Portugal, s’est déjà engagé à fournir la moitié des effectifs. Donc ce ne devrait pas être trop difficile, je pense, de trouver une cinquantaine ou une soixantaine d’autres parmi les Européens. Mais [avant cela], nous avons encore toute une série de questions à résoudre, en effet. Le service européen pour l’action extérieure envoie d’ailleurs une mission technique ce mois de mai au Mozambique pour identifier le ‘comment faire’ et ‘où exactement’.

Le Mozambique ne veut-il pas plutôt des équipements que des formateurs ?

— Le gouvernement mozambicain veut vraiment former ses troupes. Bien sûr, on ne peut pas faire de la formation sans aussi équiper. Nous avons l’expérience au Mali out en Centrafrique : former des forces désarmées, cela ne sert à rien. Ce serait même absurde. Il faut avoir des forces armées. Nous avons maintenant la facilité européenne de paix. Un nouvel instrument. Cela change vraiment la donne. Nous ne sommes pas inquiets sur cet aspect là. Il y aura des solutions. L’équipement viendra en son temps.

La mission ne sera donc pas demain sur le terrain ? Avant la fin de l’année au moins ?

— Le processus de planification est un processus technique, mais aussi politique (avec le Mozambique). Le ministre mozambicain de la défense es à Lisbonne pour trois jours à partir de lundi. Nous allons certainement en discuter. Pour répondre concrètement à votre question, la mission européenne serons sûrement sur le terrain avant la fin de l’année. Et j’espère bien avant.

(Propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde et Aurélie Pugnet)

NB : Selon certains sources européennes, trois ou quatre pays seraient déjà partants : l’Italie (avec une contribution assez significative), la Grèce et la Roumanie et, sans doute, la Suède. Pour la France, la décision serait dans les mains d’Emmanuel Macron et pourrait être réglée alors dans un entretien de ‘Chef à Chef’ soit ce soir à Porto, soit lors d’une prochaine rencontre. De façon concrète, l’étude d’un concept de gestion de crises (CMC) a été enclenchée, première étape de la planification militaire. Lire : Mission EUTM au Mozambique : Josep Borrell accélère le tempo. La planification commence

A suivre : L’Europe doit penser géopolitique, apprendre à se reconnaitre comme un acteur géostratégique (João Gomes Cravinho)

Entretien réalisé en tête à tête en français, à Bruxelles, , vendredi 7 mai, dans les locaux de la représentation permanente du Portugal auprès de l’UE

Cet article Mozambique. Il faut agir ! Les Européens vont former les forces spéciales. (João Gomes Cravinho) est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe géopolitique.

Des Portugais dans Takuba. Quelques officiers aujourd’hui, davantage d’ici fin 2021

Fri, 07/05/2021 - 17:20

(B2) Deux officiers portugais sont arrivés à Menaka, au QG de la task-force Takuba, depuis une semaine

Florence Parly et Joao Cravinho lors de la réunion des ministres de la défense jeudi (crédit : Conseil de l’UE)

Le reste du détachement portugais ne devrait cependant pas arriver avant la fin de l’année dans cette force européenne déployée dans la zone des trois frontières. Ce détachement devrait compter entre une quinzaine et une vingtaine de membres des forces spéciales, selon nos informations.

Un délai qui n’est pas dû à un manque de volonté de Lisbonne. Au contraire. Mais qui s’explique par des raisons « juridiques » (1). « La Constitution portugaise est très ferme sur le déploiement de militaires dans d’autres pays », nous a confié le ministre portugais de la Défense, João Gomes Cravinho, dans un entretien exclusif à B2 ce vendredi (7 mai)*.

« Cela exige de signer un SOFA », un accord de statut de forces, « avec chacun des pays : le Mali, Niger, Burkina Faso. C’est ce qui nous empêche aujourd’hui d’être sur place. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

* Entretien réalisé en tête-à-tête ce vendredi (7 mai) à Bruxelles en français

(1) une situation qui découle de l’histoire. La fin de la dictature de Salazar en lors de la révolution des Oeillers ne date que de 1974. Et la décolonisation portugaise a été marquée par le sang et la douleur, particulièrement en Angola et Mozambique. D’où une limitation stricte de l’emploi des forces armées hors du territoire national.

À suivre : la mission de l’UE au Mozambique : une situation d’urgence

Cet article Des Portugais dans Takuba. Quelques officiers aujourd’hui, davantage d’ici fin 2021 est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe géopolitique.

Afghanistan, on remballe !

Wed, 05/05/2021 - 23:55

(B2) Les Alliés accélèrent le retrait de leurs troupes en Afghanistan. Suite à l’une des plus longues opérations de l’OTAN, la tâche s’annonce herculéenne et sensible

(crédit : OTAN)

Le départ est acté pour les Américains

Prévu à l’origine avant le 1er mai — cela figurait dans l’accord signé entre les USA et les Taliban sous l’ère Trump — le retrait avait été suspendu le temps que la nouvelle administration américaine démocrate de Joe Biden se prononce. Deux mois après son arrivée à la Maison Blanche, la sentence est tombée : les Américains se retirent. Et tout doit être terminé au plus tard le 11 septembre 2021. Date symbolique : vingt ans après les attentats du World Trade Center à New York et sur le Pentagone. Ceux-là même qui avaient déclenché l’intervention en Afghanistan.

Les Allemands suivent

Les alliés vont, eux aussi, organiser leur départ. Le retrait du contingent allemand (deuxième plus gros contingent, fort d’environ 1.100 soldats) devrait être achevé d’ici le 4 juillet, a annoncé la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer, devant les membres de la commission Défense à Berlin (le 21.04). Selon notre confrère de Augengeradeaus, la date a été communiquée par le QG américain de la mission Resolute Support, pour correspondre à la fête nationale américaine.

… comme les Belges ou Suédois

Côté belge, le retrait des 72 militaires basés à Mazar-e-Sharif « sera achevé pour l’été », a indiqué mi-avril (19.04) Ludivine Dedonder, la ministre belge de la Défense. Trois jours plus tard (22.04), le chef des opérations conjointes suédoises, Michael Claesson annonçait que « le personnel militaire suédois quittera l’Afghanistan au plus tard en septembre, en étroite collaboration avec l’Allemagne et l’OTAN », sans plus de précisions. Sachant que le contingent suédois se résume à 16 personnes, principalement du personnel d’état-major, basé sur le Camp de Marmal, à l’extérieur de Mazar-e Sharif.

La logistique, ce qui sépare l’ordre du désordre

Mais le déménagement s’annonce intense. L’exemple le plus frappant est celui de l’Allemagne. Berlin doit rapatrier l’équivalent de 800 conteneurs de matériels, comme l’indique la Bundeswehr. Le transport aérien sera assuré par les plus gros avions cargo au monde : les Antonov An-124. Dans le cadre du programme SALIS (Strategic Airlift International Solution) de l’OTAN. Côté suédois, leur contribution ne comprend pas de systèmes d’équipement lourds et, donc, aucun moyen de transport spécial n’est nécessaire pour rapatrier le personnel.

Un départ sous tension

Un retrait sans vagues ne pourra donc se faire sans une logistique bien huilée. Dans cette optique, 170 spécialistes allemands de la log’ sont déployés dans le camp de Mazar-e-Sharif. L’objectif est de ne pas trop laisser traîner sur place pour éviter des attentats ou attaques (l’été y étant souvent propice). Des forces de sécurité allemandes et néerlandaises doivent justement assurer la protection de ce retrait contre d’éventuelles attaques. Un peloton de mortiers de la Bundeswehr a été déployé fin avril, avec 80 autres fantassins de la composante terrestre néerlandaise, eux aussi équipés de mortiers. Les forces de la Bundeswehr auront à leur disposition des véhicules protégés avec leurs systèmes d’armes associés et des drones Heron1 et Aladin.

Restitution des terrains

Les bâtiments et les ensembles, avec les infrastructures construites par les troupes de l’OTAN vont être remis à l’administration afghane. Le matériel non militaire qui coûte trop cher à renvoyer (mobilier, fournitures de bureau, etc..) sera, lui, vendu localement ou donné. Lors des négociations de remise, il a été convenu que ces terrains seraient remis « en l’état ».

L’épineuse question des interprètes

La grande inquiétude se situe du côté des interprètes, qui craignent d’être pris pour cible par les Taliban, dès le départ des troupes. Côté américain, un programme spécial existe déjà : le programme de visa d’immigrant spécial (SIV), leur permettant de rejoindre les États-Unis. Le problème est que le processus de demande dure en moyenne quatre ans. Plus de 18.000 Afghans sont déjà en attente d’une décision. Pour les 300 afghans qui travaillent pour l’armée allemande en Afghanistan, le gouvernement « offre à chaque membre du personnel local en danger et à sa famille l’admission en Allemagne ».

(Jean-Stanislas Bareth, st.)

  1. le conteneur est la base théorique pour calculer l’espace de transport d’un matériel, il ne s’agit pas réellement de conteneurs)

Cet article Afghanistan, on remballe ! est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe géopolitique.

Conférence sur l’avenir de l’Union : une impasse sur l’élargissement ?

Sat, 01/05/2021 - 10:38

(B2) Il est étonnant que cette question ne figure pas – explicitement – parmi les neuf grands sujets de débat proposés aux citoyens européens à l’occasion de la Conférence sur l’avenir de l’Union.  

Une Union à 36

En effet, le sujet de l’évolution des frontières de l’UE d’ici 2030/2035 n’a rien de théorique : six nouveaux États sont actuellement candidats (le “reste” des États balkaniques) et trois autres pourraient le devenir (ceux du partenariat oriental : Ukraine, Biélorussie et Moldavie). L’Union du “futur » pourrait ainsi passer de 27 à 36 États membres avec toutes les conséquences potentielles sur le plan politique, économique, budgétaire, institutionnel, sociétal … 

Un échec de l’élargissement précédent

L’expérience du grand élargissement vers l’Est de 2004-2007 a montré que, presque vingt ans après, l’adhésion des douze nouveaux États pose des problèmes que l’UE n’est toujours pas parvenue à surmonter.  À un point tel que l’on a pu parler d’un double ‘échec de l’élargissement’ : une intégration difficile de ces États dans le modèle/système européens et un affaiblissement de l’unité et de la solidarité au sein de cet ensemble. L’opinion publique, bien consciente de cette situation, en est largement perturbée et s’interroge sur la possibilité d’y remédier. La perspective d’un nouvel élargissement à un tel “paquet” d’États – encore moins bien préparés à l’adhésion que ceux du “paquet” précédent – ne fait qu’accroitre ces craintes et amener l’opinion à se détacher/désolidariser d’un projet européen dont elle ne distingue plus les tenants et les aboutissants. 

Une affaire trop délicate pour être débattue ?

Dès lors, comment les organisateurs de la Conférence ont-ils pu faire l’impasse sur cette question? Comment peut-on passer sous silence la question des futures frontières de l’Europe et de la viabilité d’une UE36  s’étendant de Lisbonne à Kiev ? Sans doute a-t-on estimé, en haut lieu, que l’affaire était trop délicate – et peut-être trop polémique – pour être exposée sur la place publique. Qu’un impératif catégorique de nature géopolitique l’emportait sur toute autre considération – fut-ce au prix d’une dénaturation du projet européen poursuivi jusqu’ici. Que la résistance aux hégémonies russe et turque, la stabilisation politique et démocratique régionale, le développement du marché intérieur, etc .. imposaient, coûte que coûte, une poursuite du processus – de la “stratégie” – d’élargissement.  

Cette argumentation a tout son poids et peut être défendue – à condition de démontrer qu’elle ne met pas en péril la notion même d’Europe unie et que les réformes nécessaires pour maintenir cette unité soient précisées et programmées. On le voit : un beau sujet de débat qu’il serait dommage, voire irresponsable, de passer sous silence lors d’une grande Conférence publique sur l’ ”avenir de  l’Union”. 

(Jean-Guy Giraud)

Cet article Conférence sur l’avenir de l’Union : une impasse sur l’élargissement ? est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe géopolitique.

Pages