À Bruxelles, où se réuniront ces jeudi et vendredi les États membres de l’UE, les diplomates au cœur des préparatifs annoncent le « sommet européen le plus important depuis l’ère du Covid ». Les Vingt-Sept n’évoqueront pas seulement le controversé projet d’accord commercial avec le Mercosur, qui suscite la colère des agriculteurs, dont plusieurs milliers défileront d’ailleurs en marge du Conseil européen. Ils sont aussi appelés à prendre une décision de la plus haute importance pour aider l’Ukraine.
En l’état, le pays agressé par la Russie serait à court d’argent dès la fin du premier trimestre 2026, tant pour financer son État que pour maintenir l’effort de guerre. Les Européens, qui ne peuvent plus compter sur les États-Unis pour mettre la main au portefeuille, entendent prendre leur responsabilité. Cependant, certains pays membres très endettés peuvent difficilement se permettre d’aligner les milliards, à commencer par la France, prise dans de délicates tractations budgétaires.
À 32 ans, Charles Alloncle est en train de se faire une petite notoriété sur le dos de l’audiovisuel public, dont il est accusé de vouloir la peau. Le député ciottiste (allié du RN) de l’Hérault est sous les projecteurs depuis le lancement, fin novembre, de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Une mission lancée à l’initiative d’Éric Ciotti et de son parti l’UDR, dont le jeune élu est le rapporteur.
Mercredi 17 décembre, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, lui a adressé un courrier en forme de rappel à l’ordre. « La commission dont vous êtes le rapporteur a d’ores et déjà donné lieu à des incidents d’une fréquence et d’une ampleur inédite : (…) rappels à l’ordre répétés du président, interruption de séance, échanges d’invectives (…) », liste-t-elle, lui demandant par ailleurs de « faire preuve de retenue sur [ses] prises de position et [ses] expressions publiques » liées aux travaux de la commission.
Les déboires des usagers du RER D, Benjamin pourrait en faire un livre. Quand un train n’arrive pas à l’heure, c’est à ce vendeur du point presse de la gare de Montgeron-Crosne (Essonne) que les voyageurs sur le carreau commandent un café et font part de leur frustration.
Ligne la moins fiable du réseau avec près de 86 % de ponctualité cette année, le RER D est en effet un métronome qui rythme le quotidien de façon un peu trop aléatoire au goût de ses usagers. Certains, comme Matthieu, restent à regret à la maison le week-end plutôt que de sortir à Paris en raison d’une offre de transport « insuffisante » le soir après 22 heures. D’autres, comme Arlena, aide-soignante, ou Farès, lycéen, ont pris l’habitude de justifier leurs nombreux retards auprès de leur employeur ou de l’administration en prenant en photo les perturbations indiquées sur les écrans d’affichage en gare. « Tous les jours, je vois des gens saoulés qui se plaignent à cause des trains supprimés ou retardés, résume Benjamin. Quand on discute, certains me disent que, s’ils trouvent un job ici, ils le prendront, quitte à perdre 200 euros par rapport à leur boulot à Paris. »
Le sommet européen qui s’ouvre ce jeudi 18 décembre à Bruxelles s’annonce très chaud, et ce ne sont pas les milliers d’agriculteurs venus de pays voisins occuper les rues de la capitale belge, avec leurs tracteurs, qui vont apaiser le climat. En jeu, encore et toujours, le Mercosur, ce traité qui ferait de l’Union européenne et de ce groupe de pays d’Amérique latine (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) la plus vaste zone de libre-échange au monde. Négocié depuis… un quart de siècle, cet accord devait en principe être enfin paraphé ce samedi, à Foz do Iguaçu au Brésil, lors d’un sommet du Mercosur, par Ursula von der Leyen.
Mais voilà, faute d’un accord de la majorité des Vingt-Sept qui paraissait acté ces derniers jours, la présidente de la Commission européenne risque de garder son billet d’avion dans la poche.
Après un dernier vote de validation des familles politiques ce mercredi soir, Emmanuel Grégoire (PS) se retrouve à la tête d’une liste de gauche inédite au premier tour de l’élection municipale à Paris (15 et 22 mars 2026).
L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo a reçu le soutien des écologistes et communistes pour ce qui pourrait être un duel haletant face à la candidate de droite, Rachida Dati. Et toujours sans LFI.
Le gouvernement présentera de nouvelles mesures dans un projet de loi examiné « au premier semestre 2026 » pour renforcer l’arsenal notamment judiciaire contre le narcotrafic, a annoncé Sébastien Lecornu mercredi. Il s’agit de « mesures législatives pour adapter encore notre arsenal à cette menace, avec notamment l’alignement des réductions de peine et du régime de la libération conditionnelle des narcotrafiquants sur celui des terroristes », a affirmé le Premier ministre lors d’un débat sur le narcotrafic à l’Assemblée nationale.
Le narcotrafic n’est plus un problème isolé : il explose, se rajeunit et touche tout le territoire, des communes rurales aux Outre‑mer.
Il faut une rupture. Et cette rupture ne peut prendre que deux formes : soit la légalisation, soit la mobilisation générale.
Le Gouvernement… pic.twitter.com/RNWp25NPRV
Ce débat a été suivi d’un vote symbolique, puisque non contraignant, à l’issue duquel les députés ont approuvé la déclaration du gouvernement. Le Sénat en a fait de même à l’unanimité en fin de soirée après un débat similaire. Cette séquence était destinée à favoriser l’adoption du budget pour 2026, qui s’annonce ardue.
Les nouvelles mesures sur le narcotrafic figureront dans le projet de loi « Sure » présenté par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, visant à assurer une « sanction utile, rapide et effective », selon le ministère de la Justice. Le texte doit notamment prohiber les permissions de sortie pour les détenus placés dans les quartiers haute sécurité, qui ne pourront bénéficier d’un aménagement de peine avant les deux tiers. Les réductions de peines ne pourront quant à elles pas excéder un tiers de celle prononcée.
Un statut de « repenti »L’exécutif a promis une bataille sans merci contre le narcotrafic. « Nous sommes tous concernés. Nous devons tous mener ce combat collectif », a insisté le chef du gouvernement. Plusieurs ministres se sont exprimés lors du débat. Gérald Darmanin a précisé qu’un décret sur le statut de « repenti » serait pris « avant la mi-janvier ».
Son collègue à l’Intérieur, Laurent Nuñez, a mis en avant « les problèmes d’attractivité » des métiers de la justice, soulignant que cette question « dépend surtout de l’adoption du budget » qui prévoit la création de « 700 emplois dans la filière judiciaire, dont 300 qui seront directement affectés au narcotrafic ».
Ras-le-bol du narcotrafic qui fout nos villes et nos quartiers en l’air. On a changé de méthode et on commence à faire bouger les choses. pic.twitter.com/cvMRZ1L38Z
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) December 16, 2025« En 2023, 14,6 % des adultes de 18 à 64 ans ont déjà consommé au moins une fois une drogue illicite autre que le cannabis, une hausse de 50 % par rapport à 2017 », a alerté de son côté la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui prépare une campagne nationale de prévention au premier trimestre 2026.
Le narcotrafic est un sujet omniprésent depuis l’assassinat le 13 novembre à Marseille du jeune Mehdi Kessaci, tué sans doute pour intimider son frère Amine, militant anti-drogue. À Marseille mardi, Emmanuel Macron assuré de sa volonté de traquer les têtes de réseaux qui opèrent depuis l’étranger et de sévir plus durement contre les consommateurs de stupéfiants.
La députée Horizons Agnès Firmin-Le Bodo a dénoncé des réseaux qui se sont « internationalisés, structurés et développés jusqu’à devenir aujourd’hui une des principales menaces » du pays.
Mais « incarcérer toujours plus sans politique de prévention, sans traitement des causes sociales, c’est engorger les prisons » et « renforcer les réseaux » qui recrutent « dans une société où l’ascenseur social est en panne », a souligné le député GDR de Guyane, Davy Rimane.
Un pas de plus vers le rapprochement entre la droite et l’extrême droite : l’ancien Premier ministre (LR), François Fillon, s’est élevé contre un « barrage républicain » contre le RN, estimant que ce serait « un déni de démocratie ». Dans cet entretien mis en ligne mercredi sur le site du Figaro, il a aussi dit qu’il « démissionnerait » s’il se trouvait « à la place » d’Emmanuel Macron, dans un entretien.
« Tous les partis qui respectent la Constitution font partie de l’arc républicain. C’est clairement le cas du Rassemblement national », observe François Fillon, condamné définitivement en juin par la cour d’appel de Paris à quatre ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics, pour les emplois fictifs de son épouse Penelope à l’Assemblée nationale.
« Appeler au front républicain serait un déni de démocratie », estime le candidat battu lors de la présidentielle de 2017. Pour bien souligner le renversement des alliances, il fait la différence entre le RN et LFI « dont nombre de ses membres poursuivent un projet révolutionnaire assumé », deux décennies après que le patron d’alors de la droite, Jacques Chirac, ait dressé un barrage étanche entre son parti et l’extrême droite.
Ces déclarations interviennent après la promesse de Nicolas Sarkozy à Marine Le Pen qu’il ne s’associerait pas à un éventuel « front républicain » contre le RN, comme il l’a révélé dans son récent livre « Le journal d’un prisonnier ». Interrogé sur la situation financière de la France, l’ex-Premier ministre en attribue la responsabilité au chef de l’État pour avoir « fait campagne contre les solutions nécessaires que je proposais pour rétablir les comptes publics » en 2017.
« À la place d’Emmanuel Macron, je tirerais les conséquences de l’état du pays et donnerais ma démission pour ne pas faire perdre dix-huit mois au pays », ajoute François Fillon, soutien de Bruno Retailleau, l’actuel président de LR. Si le président de la République « décide d’aller au bout de son mandat, alors il devrait dissoudre l’Assemblée nationale et rendre la parole aux Français », avance-t-il.
Les militants écologistes parisiens ont voté mercredi pour une liste commune à gauche dès le premier tour des municipales, sans LFI, qui sera conduite par le socialiste Emmanuel Grégoire, a annoncé leur chef de file, David Belliard.
Si socialistes et écologistes gouvernent ensemble la capitale depuis 2001, ils n’avaient encore jamais mené campagne commune dès le premier tour.
View this post on InstagramLe projet d’union a été approuvé par 73,7 % des suffrages exprimés, ont précisé les Écologistes parisiens dans un communiqué. David Belliard a salué sur Instagram « un vote de responsabilité, historique, pour faire gagner l’écologie sociale et populaire ».
« Les Écologistes créent les conditions pour que l’union de la gauche et des écologistes gagne les élections municipales à Paris en 2026, au premier et au second tour, face à une droite trumpiste, anti-pauvres, affairiste et climatosceptique » incarnée selon eux par Rachida Dati.
« La candidature la mieux placée dans les sondages »Le projet d’union était également soumis aux instances des fédérations socialistes et communistes, qui devraient l’approuver d’ici jeudi matin.
David Belliard avait appelé ses adhérents à « entrer dans une coalition derrière la candidature la mieux placée » dans les sondages, en l’occurrence celle du député PS Emmanuel Grégoire, l’ex-premier adjoint de la maire sortante, Anne Hidalgo.
L’accord a été arraché au terme de plus de trois mois de difficiles négociations. Les discussions achoppaient notamment sur la place des écologistes en lice pour le Conseil de Paris. Selon l’accord, 36 écologistes seraient éligibles contre 28 élus actuellement.
Source de profondes crispations chez les militants socialistes, les écologistes ont également obtenu que David Belliard soit tête de liste dans le XIe arrondissement, où fut élu Léon Blum et où l’est l’actuelle maire socialiste, Anne Hidalgo. Une troisième mairie verte en plus de celles du XIIe et du XIVe qu’ils administrent déjà.