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Actualités. Réflexions. Reportages
Updated: 11 hours 27 min ago

Le Godetia rentre à Zeebruges. Mission « Triton » terminée…

Sat, 11/07/2015 - 19:16

Le Godetia en mer Méditerranée (crédit : armée belge)

(B2) Le Godetia, navire de soutien logistique belge, qui participait à l’opération de sauvetage en mer Méditerranée, rentre à son port d’attache, Zeebruges, ce dimanche (12 juillet). Depuis fin mai, il participait aux renforts pour l’opération Triton. Il a ainsi recueilli à bord un total de 1 617 réfugiés, remis par la suite aux autorités italiennes. Après la pause d’été, le Godetia devrait participer à la NRF martiime (NATO Response Force), « comme navire de soutien logistique pour l’escadre permanente de lutte contre les mines de l’OTAN, composée de six chasseurs de mines », précise l’état-major belge.

La Commission ne veut pas du Grexit, ce serait un échec collectif majeur (Pierre Moscovici)

Fri, 10/07/2015 - 18:14

Pierre Moscovici avec JC Juncker (crédit : CE)

(B2) A quelques heures d’une réunion décisive des ministres des finances et des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Zone Euro, Pierre Moscovici, le commissaire européen chargé de l’Economie et des Affaires financières, a bien voulu répondre à nos questions. Au-delà d’un réel engagement européen, et d’une volonté d’aboutir à un accord avec les Grecs et l’ensemble de la Zone Euro, on sent aussi comment la confiance a pu être ébranlée par la négociation des derniers mois…

Jusqu’où l’Europe doit-elle aller pour maintenir la Grèce dans la zone euro ?

La situation est partagée. Il existe indéniablement chez beaucoup de chefs d’Etats et de gouvernement, chez la plupart des ministres des Finances, qui ont été confrontés à la situation avec plus d’une dizaine d’Eurogroupes depuis l’élection de Alexis Tsipras, une lassitude, parfois une irritation, en tous les cas, un manque de confiance qui doit, maintenant, être comblé. Il est certain qu’il faut tenir compte de cette donnée qui n’est pas que psychologique. De l’autre côté, il y a un sentiment de responsabilité partagée, un attachement à la zone Euro. Et la Zone Euro, c’est 19 membres, pas 18. Tout le monde est conscient de cette responsabilité. Pour arriver à réconcilier ces deux dimensions, il n’y a qu’une voie, c’est de dépasser les irritations, de surmonter, la lassitude, de transformer la responsabilité en volonté.

On sent beaucoup de pathos dans ce dossier, c’est la Grèce historique, la Grèce de Platon tout de même qui est là face à nous ?

C’est vrai. La Grèce n’est pas insignifiante dans l’histoire européenne. Elle ne l’est pas dans la démocratie, dans la philosophie, dans la poésie, la littérature, elle ne l’est pas à travers son histoire dramatique. C’est un des cœurs de la civilisation européenne. C’est sûr qu’il y a une dimension affective, sentimentale, culturelle, majeure, qui explique que tout le monde y passe autant de temps. Mais, au final, ce n’est pas quand même pas la psychologie qui l’emporte, c’est l’action et ce sont les actes. Il ne s’agit pas de savoir si on fait un accord avec Platon ou Homère, mais de savoir si la Grèce aujourd’hui est capable de réformer son économie pour se mettre à niveau de ce qu’implique l’appartenance à la Zone Euro.

Vous pensez justement que la Grèce est capable de faire encore un plan de réformes ?

Oui. Je pense qu’ils sont capables de le faire. J’ai senti cette semaine pour la première fois, se nouer un débat, au niveau nécessaire. Ils ont cette capacité, il faut qu’ils en aient aussi la volonté, la responsabilité. Mais ce qui compte, ce n’est pas le ton, ce sont les actes. Ce n’est pas le style, ce sont les positions. Il arrive un moment où on doit passer à l’acte, où on doit délivrer, comme disent les anglo-saxons. Ce moment est arrivé. C’est l’heure de vérité…

On est au moment critique alors ?

C’est vrai. Nous sommes dans la dernière ligne droite. C’est la négociation de la dernière chance. Ce week-end est un week-end décisif, je ne dirai pas historique car ce n’est pas la fin de l’histoire. Dans l’hypothèse positive, on n’en aura pas, en effet, terminé avec ce dossier. Et on commencera à négocier un programme d’assistance.

Sur quelle base va-t-on négocier ?

La première demande du programme d’assistance financière est arrivée hier matin (mercredi) avec des promesses de réforme qui ont été plutôt bien accueillies, notamment sur la partie fiscale, la TVA, et les retraites. Mais nous attendons maintenant comme base d’un accord possible, des propositions concrètes, complètes, tangibles, précises de Alexis Tsipras. C’est surtout cette base là que se nouera, ou non, cette négociation de la dernière chance, d’ici dimanche

Comment pouvez-vous en 24 heures analyser que le plan est crédible ?

Nous avons déjà toutes les données et connaissons tous les paramètres. Les cinq derniers mois n’ont pas été inutiles. Nous allons regarder si le programme qui nous est fourni est, d’abord, sérieux sur le plan économique ; ensuite, financièrement soutenable, en prenant en compte les données économiques et financières du pays qui ne se sont pas améliorées ces derniers temps.

Pourquoi ne pas reprendre le plan proposé auparavant ?

On ne peut pas faire un copier-coller. La situation d’incertitude a eu un impact massif sur l’économie grecque qui est maintenant en récession. Les données financières se sont détériorées. La fermeture des banques n’a pas aidé. Les données financières se sont détériorées. Nous devons évaluer le sérieux économique, la soutenabilité financière, la cohérence d’ensemble.

La restructuration de la dette n’est-elle pas une clé de la négociation ? Je crois que vous n’aimez pas ce mot de « restructuration », parlons de soutenabilité de la dette alors ?

Cette question devra être traitée le moment venu. Mais en son temps. Aujourd’hui, le processus est clair. Il y a sur la table, une demande de programme d’assistance financière. Et il y a des remboursements qui doivent être faits, à hauteur de 4,22 milliards pour le 20 juillet. Ce qui doit être décidé ce week-end, c’est si premièrement, des ressources financières sont dégagées pour permettre à la Grèce de procéder à ce remboursement alors que Grèce n’a pas ses ressources Deuxièmement, si les négociations s’engagent pour un nouveau programme, Et pour çà il faut une autorisation de certains parlements, à commencer par le parlement allemand, le Bundestag. Dans ce contexte, on pourra alors parler de la dette dans un cadre qu’il convient de définir. Enfin, la condition de tout, ce qui déclenche le financement et les négociations : ce sont les réformes.

L’Etat grec est-il à la hauteur ?

Le vrai problème, dans cette affaire depuis l’origine, c’est que la Grèce n’a ni une économie ni un Etat qui soit à la hauteur qui implique l’appartenance à la Zone Euro. Si nous demandons des réformes, ce n’est pas pour infliger plus d’austérité au peuple grec. Il n’y en aura pas. C’est pour que ce pays fasse enfin des réformes pour lui permettre d’avoir une économie moderne, de se mettre à niveau de ses partenaires, de retrouver le chemin de la croissance, de l’emploi et de la justice sociale.

Qu’est-ce qui convaincra tout le monde ?

La qualité des réformes et la capacité du gouvernement grec à les mettre en œuvre. Il est important d’avoir une liste d’actions prioritaires, avec des réformes qui soient votées dans les prochaines semaines voire les prochains jours. C’est un critère. La réforme fiscale et de la réforme des retraites notamment. Il faut enclencher un cycle de réformes.

Mais le peuple grec souffre de ces réformes sans cesse ?

Je suis conscient des sacrifices que cela demande au peuple grec. C’est pour lui que nous agissons. Tout le monde sait la souffrance qu’il a endurer : la perte de 25% de PIB, les 50% de jeunes au chômage, les 30% de Grecs sous le seuil de pauvreté. C’est la raison pour lequel il est nécessaire aussi d’envisager un plan d’aide humanitaire. La Commission européenne y est bien sûr prête.

On pourrait se dire après tout, allez les Grecs hors de la Zone Euro, non ?

Non. Le Grexit serait un échec collectif. Nous ne devons pas nous y résigner. Nous devons faire notre devoir, agir en responsabilité, faire preuve de solidarité à l’égard de la Grèce mais, en même temps, faire preuve d’exigence, non pas une exigence idéologique mais une exigence pour le bien de la Grèce et des Grecs.

Le Grexit n’est donc pas une solution ?

Ce n’est pas une solution que souhaite la Commission européenne. La Commission ne veut pas du Grexit. Depuis des mois, depuis des années, la Commission est mobilisée pour l’intégrité, l’irréversibilité de la Zone euro. Et la Zone Euro, c’est à 19 ! Le Grexit serait un échec collectif, majeur. Nous ne devons pas nous y résigner.

Pourtant, vous travaillez bien sur un scénario de sortie ?

Nous ne sommes pas en train de travailler de manière équivalente sur les différents scénarios. En même temps, la responsabilité de la Commission est de se préparer à toutes les situations. Si d’autres éventualités que celle que nous souhaitons – un bon accord – surviennent, on saura faire face.

Y-aurait un risque de contagion ?

La Zone euro est solide, elle a tous les pare-feux nécessaires pour se prémunir d’un choc. Nous sommes prêts à toutes les éventualités. Mais, encore une fois, ce n’est pas là dessus que nous travaillons. Ce n’est pas ce que nous souhaitons.

Au-delà des conséquences économiques pour la Grèce, le Grexit serait un aveu d’échec politique pour l’Europe également ?

C’est le projet politique de l’Euro qui serait entamé. L’Euro est une monnaie unique. Cela suppose l’intégrité — tout le monde y est — et l’irréversibilité — tout le monde y reste —. Un Euro dont on pourrait partir deviendrait une simple zone de taux de change fixe. Et l’histoire monétaire a prouvé que les zones de taux de change fixe ne survivent pas dans la durée. Etant attaché à l’idée de l’Euro, je suis attaché à l’irréversibilité de l’Euro. Cela ne veut pas dire qu’il faut le souhaiter à tout prix. On en connait le prix, les conditions. Les conditions, ce sont que les réformes proposées par le gouvernement Tsipras soient crédibles et les engagements à mettre en œuvre soient solides.

… Et un sacré encouragement à tous ceux qui veulent la fin de l’Euro, et aux extrêmes ?

Je crois que spontanément, intuitivement, les Européens sont attachés à l’Euro. Car ils savent que c’est un élément de stabilité, de force, d’ancrage tout à fait essentiel. On ne doit pas jouer avec çà. Les populistes jouent avec ce sentiment. Nous ne devons pas leur céder. C’est vrai que çà fait aussi des paramètres dont on doit tenir compte, dans tous les pays européens. Il ne faut jamais céder au populisme, jamais.

Nicolas Gros-Verheyde

version longue de l’interview de P. Moscovici publiée ce matin dans Ouest-France et Sud-Ouest

Le Grexit sera-t-il la dernière pièce du jeu grec?

Thu, 09/07/2015 - 23:15

(B2) Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, ne jouerait-il pas finalement le Grexit, acculant les Européens à se résoudre à cette solution ultime. « C’est une question sur laquelle on s’interroge tous » nous a confirmé un haut diplomate européen reflétant ainsi le sentiment général. « De plus en plus de pays se demandent ouvertement quel est le plus grand risque : celui de voir la Grèce quitter la Zone Euro ou qu’elle y reste. Pour les Allemands, par exemple, le maintien de la Grèce dans la Zone Euro devient une faiblesse. »

Demain, c’est toujours demain !

Intervenant devant le Parlement européen à Strasbourg, mercredi, le Premier ministre Alexis Tsipras n’a rien fait pour démentir vraiment ces craintes. Certes il a bien promis de proposer de présenter « demain (ce jeudi), des propositions concrètes pour un accord juste, des propositions de réforme fiables ». Et il affirme ne pas vouloir la rupture. « Le choix du peuple grec n’est pas la rupture avec l’Europe. Mais le retour aux principes fondateurs : démocratie, égalité, dialogue ». Mais ce n’est pas la première fois que le gouvernement grec fait cette promesse. Et la lassitude gagne même ceux les plus enclins à comprendre. « Vous parlez de réformes mais on ne voit jamais de propositions concrètes de réformes » a souligné Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge et chef du groupe libéral et démocrate au Parlement européen, particulièrement énervé durant la séance de ce mercredi. « Pour le gouvernement grec, c’est chaque fois ‘demain’», avait déjà indiqué la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaitė, qui ne croit plus à la bonne foi d’Athènes. L’option du Grexit imposé deviendrait pour Alexis Tsipras, l’équivalent moderne de la lutte des classes, non une finalité, mais un moyen, pour pousser les Européens à une révolution interne.

Un scénario préparé par les institutions au cas où…

Les institutions européennes qui s’étaient d’ailleurs jusqu’à présent refusées d’envisager une sortie de la Zone Euro l’évoquent désormais ouvertement… et s’y préparent activement. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a reconnu « préparer un plan en cas de Grexit ». « Il appartient aux autorités grecques de rester dans la zone euro » a précisé le vice-président de la Commission, chargé de l’Euro, Valdis Dombrovskis. La Commission ne souhaite « exclure aucun scénario. C’est un signe de sens de responsabilité que de se préparer au pire. Nous espérons œuvrer pour le mieux. Mais nous nous préparons au pire » a justifié, mercredi, face à la presse, Mina Andreeva, la porte-parole adjointe de la Commission européenne.

Le gong sonne trois coups

« Le temps est complètement passé » indiquait mardi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte « Soit un petit miracle se réalise et les Grecs présenteront des propositions sérieuses et crédibles, soit les Grecs ne le font pas, avec toutes les conséquences que cela comporte pour l’économie grecque ». La Grèce a déjà soumis une demande d’aide. Mais hier soir, elle n’avait pas encore présenté ce qu’attendent tous les créanciers et les Etats membres : un programme de réformes. Athènes a jusqu’à minuit ce jeudi pour le présenter. Ce plan d’austérité devra ensuite être « jaugé » par les « institutions » représentant les créanciers (Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI) avant d’être soumis à l’Eurogroupe samedi et au Sommet des 28 dimanche. Plus que trois jours avant le gong final !

Un avis des services juridiques

Selon les informations que j’ai recueillies, les services juridiques de la Commission comme du Conseil de l’UE ont été consultés sur les procédures à suivre. Un préalable nécessaire dans cette affaire. Les traités en vigueur ne prévoient, en effet, aucune porte de sortie pour la Zone Euro. La seule possibilité prévue est celle de sortie de l’Union européenne. Mais l’un n’est pas lié à l’autre automatiquement. Selon le résultat de cette consultation, une des possibilités utilisables, en l’absence d’autre disposition, est d’utiliser l’article ‘fourre-tout’ (article 352 *) du Traité, qui permet toute autre action que n’aurait pas prévu le Traité. Mais cela nécessite …. l’unanimité de tous les Etats membres pour ce type de décision.

Une décision de Grexit ne pourrait donc être approuvée sans l’aval — ou au moins l’abstention constructive —  de la Grèce comme des Etats non membres de la Zone Euro, ainsi que du Parlement européen ! Si un seul pays met son veto à cette décision, le Grexit ne serait donc pas possible. Et l’Europe se retrouverait dans une situation impossible, voire encore plus confuse. Une question ultra sensible. C’est la raison, entre autres, de la convocation par Donald Tusk d’un sommet à 28, dimanche, pour que tous les Etats membres soient associés à l’irrévocable…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Papier publié dans une première version dans Sud-Ouest jeudi matin et rallongé et détaillé notamment sur les aspects juridiques

Article 352 = Si une action de l’Union paraît nécessaire, dans le cadre des politiques définies par les traités, pour atteindre l’un des objectifs visés par les traités, sans que ceux-ci n’aient prévu les pouvoirs d’action requis à cet effet, le Conseil, statuant à l’unanimité sur proposition de la Commission et après approbation du Parlement européen, adopte les dispositions appropriées. Lorsque les dispositions en question sont adoptées par le Conseil conformément à une procédure législative spéciale, il statue également à l’unanimité, sur proposition de la Commission et après approbation du Parlement européen.

Pour écouter le débat sur la Grèce au Parlement européen (Tsipras, Tusk)

Wed, 08/07/2015 - 10:09

(B2) Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, était devant le Parlement européen ce mercredi (8 juillet), pour informer sur la situation grecque, ainsi que le président du Conseil européen, Donald Tusk et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker qui ‘débrifaient’ les députés européens sur

Pour réécouter les interventions principales :

Regardez le fil video (streaming) en direct du Parlement européen :

Le ZM403, le troisième A400M britannique à la maison

Wed, 08/07/2015 - 10:04

crédit : Pilote A400M Uk

(B2) De son petit nom, il s’appelle ZM403…. C’est le troisième A400M, le nouvel avion de transport militaire d’Airbus, à arborer la cocarde de la Royal Air Force (RAF). Et il a rejoint « la maison », se posant dans la nuit de dimanche à lundi (6 juillet), sur la base de Brize Norton, dans l’Oxfordshire après un vol de 2 h 1/2 en provenance de l’Espagne, où l’appareil européen est assemblé.

Avant la pause des vols en mai / juin, du à l’accident de Séville (lire : Crash d’un A400M à Séville), les deux premiers Atlas A400M britanniques ont déjà réalisé plus de 405 heures de vol » précise la RAF. Et le premier avion – le « Ville de Bristol» – a effectué « sa première mission opérationnelle à Chypre en mars ».

 

L’aéronef participera « d’abord à des opérations de basse intensité » mais « une fois toutes les exigences du Royaume-Uni acquises, il pourra assurer le parachutage et le ravitaillement en haute altitude, du largage de haute précision et disposera de capacités avancées d’auto-défense ».

NB : Le Royaume-Uni a passé commande de 22 appareils A400M pour un coût global de participation au programme de 2,75 milliards de Livres.

(NGV)

Un bateau piégé au large de la Libye. Interpol lance une note d’alerte

Tue, 07/07/2015 - 23:50

(B2) Interpol a émis, selon le site Migrant Report, un avertissement aux pays opérant dans la Méditerranée d’être sur le qui-vive sur une tentative des militants de l’organisation de l’Etat islamique (ISIL) en Libye d’effectuer une sorte d’opération en mer au cours des prochains jours.

C’est une crainte réelle des différents services qui travaillent sur la Méditerranée aujourd’hui, surtout depuis que l’Etat islamique a pris certaines villes du rivage comme Syrte, selon les informations recueillies par B2. Il serait relativement facile d’équiper un navire lesté d’explosifs et de le diriger soit vers un navire marchand (tanker, méthanier, etc.) qui croise au large, soit vers un navire militaire. L’exemple du destroyer américain USS Cole, atteint par une embarcation piégée le 12 octobre 2000 dans le port d’Aden, est dans tous les esprits.

NB : Même si l’effet en termes militaires pourrait ne pas être très important, l’effet économique ou politique pourrait être redoutable. L’attaque sur un navire marchand aurait pour effet immédiat de limiter le passage des navires et d’augmenter de façon drastique le coût des assurances.

(NGV)

Angela et François recollent les morceaux. Reste à convaincre les autres

Tue, 07/07/2015 - 01:22

(crédit : Elysée)

(B2) A l’Elysée, ce soir, Angela Merkel et François Hollande se sont retrouvés pour une soirée de travail. Au menu : réunion + diner. Objectif : afficher un message à peu près commun en public. Et affiner en privé les différentes positions pour éviter la répétition des réunions précédentes où le clan des « durs » l’a emporté face. Car l’essentiel pour le couple franco-allemand est là : réduire ses différences, pour réduire le champ des extrêmes en Europe.

Les discours des deux leaders sont très proches avec quelques nuances cependant si on les lit de près.

1. « Nous prenons acte du résultat et nous respectons le vote des Grecs, parce que l’Europe, c’est la démocratie. « (Fr. Hollande) « Nous respectons cette décision. Le référendum, c’est le vote d’un pays démocratique et souverain et nous devons maintenant vivre avec cette décision. » (A. Merkel)

1bis. « Nous avons aussi entendu le message de tous les partis démocratiques grecs qui se sont réunis aujourd’hui et qui ont réaffirmé ensemble, leur volonté que leur pays reste dans la zone euro. « (Fr. Hollande)

2. « La porte est ouverte aux discussions » (Fr. Hollande / A. Merkel)

3. « En même temps, les conditions préalables pour rentrer dans de nouvelles négociations sur un programme concret du mécanisme européen de stabilité, ne sont pas encore réunies. » (A. Merkel)

4. « Il revient maintenant au gouvernement d’Alexis TSIPRAS de faire des propositions sérieuses, crédibles pour que cette volonté de rester dans la zone euro puisse se traduire avec un programme qui donne de la durée. » (Fr. Hollande). « Des propositions tout à fait précises du Premier ministre grec, un programme qui permettra également à la Grèce de retrouver la prospérité. » (A. Merkel)

5. « Il n’y a plus beaucoup de temps et il y a urgence ; urgence pour la Grèce, urgence pour l’Europe » (Fr. Hollande). « Il est urgent d’avoir ce type de proposition pour que nous puissions trouver une sortie de la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui. » (A. Merkel).

6. Le rôle du Sommet est primordial. « Il reviendra aux chefs d’Etat et de gouvernement de définir une position à partir des propositions qui seront faites par la Grèce. C’est une question aussi de visibilité, de crédibilité et je dirais même de dignité.» (Fr. Hollande) « Nous allons voir également quelle sera la réaction des 18 autres pays, ça aussi, c’est la démocratie, nous avons une souveraineté partagée, nous sommes 18 à avoir la même monnaie, donc tout le monde doit être responsable et faire preuve de solidarité. » (A. Merkel)

7. « L’Europe est face à cette responsabilité. L’Europe n’est pas simplement une construction économique, monétaire, financière. L’Europe, c’est un ensemble fondé sur des valeurs, des principes, sur une conception ; une conception du monde, pas simplement de notre continent, une conception fondée sur la liberté, sur l’ouverture, aussi sur le respect. (Fr. Hollande)

8. « Dans cette Europe, il y a place pour la solidarité ; la solidarité est partout en Europe et elle doit l’être encore davantage ; mais il y a aussi la responsabilité. C’est cet équilibre entre responsabilité et solidarité qui doit être notre ligne de conduite pour les jours qui viennent. (Fr. Hollande) La solidarité, nous avons déjà fait preuve de beaucoup de solidarité avec la Grèce et la dernière proposition qui a été faite était très généreuse ; et d’autre part, l’Europe ne peut qu’être cohérente et rester unie aujourd’hui dans une époque où les défis en matière de terrorisme ou encore de réfugiés, est d’autant plus importante, il faut que chaque pays assume également sa propre responsabilité.(A. Merkel)

Commentaire : Le sort de la Grèce dans la zone euro mentionné à plusieurs reprises par le président Hollande n’est pas expressément mentionné par Angela Merkel. Au contraire, celle-ci a commis une phrase étrange : « nous sommes 18 à avoir la même monnaie » (un lapsus ou est-ce une erreur du transcript transmis par l’Elysée),

(NGV)

La Grèce, c’est (bien) compliqué (Dombrovskis)

Mon, 06/07/2015 - 23:33

Valdis Dombrovskis aujourd’hui face à la presse (crédit : EBS / B2)

(BRUXELLES2) Pour les institutions européennes, le sort de la Grèce après le référendum « c’est compliqué »… Valdis Dombrovskis, le vice-président chargé de l’Euro et du Dialogue social, l’a répété sur tous les tons, à chacune des questions, que les journalistes lui ont posé lors de la conférence de presse quotidienne qui se tient au Berlaymont. Maintenant c’est place à la négociation en quelque sorte. « Tout le monde doit se retrouver autour d’une table. (…) Si tout le monde travaille bien, il est possible de trouver une solution même dans ce contexte… complexe ! »

C’est compliqué !

L’ancien Premier ministre letton — qui avait démissionné au lendemain de la catastrophe du supermarché de Riga (54 morts) (lire : La catastrophe de Riga. Inaperçue) —, avait été envoyé au charbon par Jean-Claude Juncker pour déminer le terrain face à la presse. ">Son discours froid, méthodique, sans aucune chaleur humaine pour le sort des citoyens grecs, ne pouvait en aucune manière faire de l’ombre au plan politique à celui qu’aurait pu faire le président de la Commission. Il s’en est tiré très bien ne lâchant rien d’autre que « c’est compliqué ». Un peu comme ces profils ‘facebook’ où les intervenants pour marquer qu’ils ne sont plus tout à fait mariés, mais ne veulent pas s’afficher encore célibataires, voir pluricélibataires affichent que, bon, c’est compliqué. En fait, Valdis sous des dehors très froids, doit avoir beaucoup d’humour et a voulu envoyé un message subliminal aux journalistes. On est au bord de la séparation…

">Le Non complique tout

">« La Commission européenne prend note du résultat du référendum d’hier en Grèce. ">Nous respectons le choix démocratique du peuple grec » a-t-il précisé. Cela a été la seule concession au vote démocratique. Car V. Dombrovskis a immédiatement essayé de contester la validité du référendum « La question posée au référendum n’était pas correcte. Car elle reposait sur un projet qui n’était pas approuvé par l’Eurogroupe. Et ce n’était pas la dernière mouture. Le seul fondement du référendum était politique. » Et d’ajouter que le vote ‘Non’ ne faisait « qu’affaiblir la position gouvernement hellénique ». Car ">« ">le «non»  élargit malheureusement l’écart entre la Grèce et d’autres pays de la zone euro.

">Beaucoup de temps perdu, la faute à Tsipras…

">« Beaucoup trop de temps et trop d’occasions ont été perdues » "> a précisé ensuite Valdis Dombrovskis, un peu amer. « L’Europe a toujours été au côté du peuple grec pendant la crise. ">Les contribuables européens ont offert une aide financière sans précédent. Depuis 2010, 184 millions d’euros ont été décaissés de la facilité de prêt à la Grèce et du Fonds européen de stabilité financière » a-t-il précisé.

">Mais « ">Les réformes ont souvent été retardées ou mis en œuvre que partiellement, amenant une récession prolongée et des réformes plus difficiles à mettre en œuvre plus tard. ">Il y a seulement huit mois, la Grèce avait finalement tourné la page, l‘économie était en pleine croissance, l’investissement commençait à reprendre, et des emplois étaient de nouveau en création. ">Le pays était proche d’un retour sur les marchés et de mettre fin à son programme de sauvetage à la fin de l’année dernière. ">Malheureusement, le gouvernement grec actuel n’a pas été en mesure d’utiliser l’extension (de programme) pour produire une stratégie crédible, pour sortir de cette crise, retrouver la stabilité financière et le retour à la croissance économique. »

La place de la Grèce dans l’Europe… mais dans la Zone d’euro

La Commission est prêt à utiliser tous les moyens dans le cadre de notre mandat » a-t-il ajouté. « Une chose est claire. La place de la Grèce est dans l’Europe. » En revanche, il a refusé de répondre de façon précise si la Grèce avait toujours un avenir dans la Zone Euro. « Le résultat du référendum a évidemment compliqué les choses » a-t-il affirmé B2 lui a posé la question. « Il faut à partir de là choisir la voie à suivre, pour développer un plan clair, retrouver la stabilité financière, revenir à la croissance économique, et aussi répondre à la préoccupation sociale. »

">Pas de nouveau programme sans mandat de l’Eurogroupe

">C’est l’autre leitmotiv de l ">‘exécutif européen. "> « La Commission est prête à continuer à travailler avec la Grèce. ">Mais pour être clair, la Commission ne peut pas négocier un nouveau programme sans mandat de l’Eurogroupe. » etc. ">Et « le résultat d’hier marque un rejet de réformes proposé, dans une large mesure, par les autorités grecques elles-mêmes, et liés à un programme de soutien maintenant expiré pour la Grèce. »

La restructuration de la dette : c’est compliqué !

Quant à la restructuration de la dette… « c’est compliqué. l’Eurogroupe a annoncé en 2012 un débat sur ce sujet une fois le programme FSEF parachevé. Malheureusement, le programme du FSEF n’a pas été parachevé, il reste en suspens, pas terminé. Dès lors cette offre n’est plus d’actualité, comme la totalité du programme. Il faut reprendre les discussions. ». Lors des discussions récentes, « on avait vu que les pays de la Zone Euro étaient prêts à se pencher sur l’endettement de la Grèce, et le coût du service de la dette. (Mais) c’est à l’Eurogroupe de décider du mandat de la Commission européenne et de décider si la question oui ou non de la dette doit être traitée. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

Europolitique : la fin d’une époque ?

Mon, 06/07/2015 - 11:34

(B2) La nouvelle est arrivée en fin de semaine dernière. En pleine crise grecque, un des vétérans de l’actualité européenne, Europolitics (anciennement Europolitique ou Europe information Services), a mis la clé sous la porte. Les journalistes ont été avertis qu’ils pouvaient prendre leurs affaires. Le journal s’arrête. L’investisseur ne veut plus remettre la main à la poche. L’effet de « souffle » Politico est passé par là. Mais pas seulement sans doute.  Les « salaires » (*) ne sont pas payés pour juin. Un petit air de licenciement à l’américaine…

Europolitique a une histoire très particulière dans le panorama européen. Il été créé en 1972 par des journalistes de l’agence de presse agricole Agra, qui voulaient se démarquer de la seule publication existante à l’époque, l’Agence Europe, en ayant un traitement plus professionnel, plus indépendant aussi des institutions européennes. Il passera ensuite dans plusieurs actionnaires – essentiellement français – notamment le groupe Expansion, puis le groupe Siac (éditeur de publications agricoles, un retour au bercail en quelque sorte) et ensuite dans un autre actionnaire, de nationalité autrichienne, qui a fini par jeter l’éponge définitivement apparemment.

J’ai une tendresse particulière pour Europolitique non seulement car j’y compte beaucoup d’amis. Mais aussi parce que c’est une excellente école de journalisme. Nombre de personnes (portes-paroles, journalistes…) qui se trouvent à Bruxelles sont passés un jour ou l’autre sur les chaises d’Europolitique/Europolitics. Malgré les difficultés au quotidien, c’était aussi un des seuls médias où il y avait une certaine propension laissée aux journalistes pour travailler à leur guise. La pression était énorme certes. C’était la pression de l’actualité. Mais on pouvait quasiment écrire autant que l’on voulait. Un luxe aujourd’hui où la place est comptée dans les journaux.

Enfin, c’est un journal où, même si l’essentiel se déroulait en anglais, le « coeur » et le vivier restait francophone. Les nombreuses nationalités s’y croisaient – de l’ouest et de l’est, du sud ou du nord – voire s’y entrechoquaient. Et les points de vue – de droite ou de gauche – pouvaient trouver à s’y exprimer. Il n’y avait pas de pensée unique. Parfois les discussions pouvaient être intenses, non pas par un désaccord profond, mais par des divergences de vues, d’analyse, de positionnement géographique tout simplement. Les portes claquaient, même, de temps à autre… En bref, c’était une petite Europe, cette rédaction…

(NGV)

(*) Pour être exact, il ne s’agit pas de salaires. Tous les journalistes d’Europolitique sont employés comme « indépendants ».

Le Non Grec : Bruxelles n’a pas réussi à conquérir les coeurs et les esprits

Mon, 06/07/2015 - 00:23

(BRUXELLES2) Une fois de plus, le coeur européen a été battu largement lors d’une consultation par référendum. Une fois de plus, les sondages qui prédisaient un Oui-Non ont été totalement démentis. Une fois de plus, les Européens ont été abasourdis par le résultat, hésitant entre l’admonestation et le ton froid sans penser à chercher où était l’erreur. Est-ce pour autant l’idée européenne qui est vaincue ? Ou la façon de la défendre ? Je pencherai pour la seconde option.

Des informations distillées qui n’ont cessées d’être démenties par les faits

A écouter le martèlement qu’ont produit les différentes structures européennes, on avait comme un malaise à être Européen la semaine dernière. Les arguments utilisés étaient partiaux, qu’il s’agisse de l’analyse juridique et économique, et de l’appréciation politique. Que n’a-t-on en effet entendu dans les couloirs européens. Tout d’abord, le parlement grec n’allait pas voter pour l’organisation du référendum (c’était samedi 27 juin). Le parlement a voté à une large majorité. Deuxième ‘ligne de défense’ : ce référendum est illégal et il va être annulé par la justice. Cela n’a pas été le cas. Le Conseil d’Etat a validé l’organisation. Pour l’instant, personne ne conteste le résultat. La participation a été importante (62,5% selon les résultats définitifs) sans être pour autant massive mais suffisante pour donner un résultat incontestable. Troisièmement, l’organisation du référendum va entraîner immédiatement la coupure de toutes les lignes budgétaires de la Banque centrale européenne. Et, le chaos sera immédiat. Rien de tout cela n’est arrivé. Le Financial Times a même été jusqu’à prédire un prélèvement sur les comptes en banques… Enfin, on a laissé entendre que le Oui était tout proche de l’emporter. On en était presque à discuter de la constitution d’un gouvernement technique etc. Tout cela est tombé comme un château de cartes dès les premiers résultats partiels qui donnaient plus de 60% de Non. Un chiffre qui s’est confirmé et même amplifié au fil de la soirée avec 61,31% selon le résultat définitif. L’écart de voix entre le Non et le Oui : plus d’un million de voix étant assez notable.

S’inspirer de la théorie de la contre-insurrection

Il y a comme une ‘erreur système’ au dispositif européen qui martèle si fort des arguments tout aussi populistes et fallacieux que ceux qu’il prétend combattre. La volonté d’intégrer les peuples à la « chose » européenne paraissait bien lointaine. Les institutions européennes n’ont pas réussi à « Convaincre les coeurs et les esprits » comme en 2005 en France et aux Pays-Bas. Les dirigeants européens feraient bien de relire le général Petraus, qui a le plus récemment théorisé cette conception de la contre insurrection : « Gagner les cœurs signifie persuader la population que leur meilleur intérêt est servi par les succès des contre-insurgés. Gagner les esprits signifie convaincre la population que la force peut les protéger et que la résistance est inutile ». Comme dans les référendum en France et aux Pays-Bas en 2005, ce ‘Non’ n’est pas un refus à l’Europe ou à leur gouvernement, malgré ce que proclament certains commentateurs ou mouvements extrêmes. C’est un ‘Non’ à une certaine idée de l’Europe, lointaine, arrogante qui dit ‘moi je sais’, ‘il n’y a qu’un seul choix’, celui que je vous propos. Et vous êtes ‘un ignare, un incapable’.

A cent lieues des idées qui font la base de l’Europe

Dire que ce vote entraîne un « Grexit » automatiquement, voire la sortie de l’Europe, est un parfait exemple de cette attitude. Certes en terminant le dernier plan mis sur la table, fin juin, ce qui n’était qu’auparavant qu’une supputation devient une option de crise. Il n’est aujourd’hui tabou. Mais l’agiter comme une menace, la peur, a eu l’effet contraire de l’effet recherché. Chez certains responsables européens, notamment dans plusieurs Etats membres, était bien perceptible la volonté d’humilier la Grèce et les Grecs… Dans une sorte de chantage : c’est çà où le chaos. Si présente chez certains qu’elle ne pouvait que provoquer un vrai malaise chez ceux qui croient vraiment à l’idée européenne. Méconnaître, sous-estimer un adversaire est partir au combat avec un sacré désavantage. L’humilier au surplus, c’est la défaite assurée. « Ne poussez pas à bout un ennemi aux abois. » dit Sun Tzu.

Dans cette campagne, on était très loin des idées européennes à la fois de la solidarité, de l’intégration et de la négociation… en bref de la communauté et de l’union. L’objectif de l’Europe ce n’est en effet pas d’unir ce qui est semblable, c’est d’unir dans une communauté de destins des peuples et des Etats dissemblables, de les solidariser dans une union qui les rapproche et non pas les éloigne. Le raté de cette campagne éclair, c’est cela…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Dans la crise grecque, un manque de courage et de vision politique (Philippe Lamberts)

Sun, 05/07/2015 - 13:35

(BRUXELLES2) B2 a interrogé Philippe Lamberts, le coprésident du groupe des Verts au Parlement européen sur la crise grecque. Mathématicien, passé par le privé (chez IBM) avant de se lancer en politique, Philippe Lamberts incarne sans doute – avec quelques autres – ce qu’il peut y avoir de meilleur dans les eurodéputés. De solides convictions mais aussi un travail de fond. Un sens de l’à-propos mais aussi une réflexion sur le long terme. Le Vert s’est taillé une réputation en suivant les différentes réformes des marchés financiers mis en place au niveau européen. Et son point de vue aide à y voir plus clair…

Comment a-t-on pu échouer à trouver une solution avant le 30 juin ?

Du côté grec, beaucoup de choses pouvaient être acceptées à condition qu’il y a un engagement ferme sur la restructuration de la dette. Ce auquel on se refusait du côté européen. Ce qui est absurde car chacun sait que, de gré ou de force, il faudra restructurer la dette. C’est une position totalement idéologique. Le FMI voulait bien restructurer la dette mais avec des conditions au coût trop important. Le FMI et les Européens ont, en fait, combiné leurs inflexibilités et ont raté la négociation. On peut dire beaucoup de choses sur l’amateurisme et la volte face des Grecs. Mais que ne peut-on pas dire sur l’absence du sens de responsabilités des leaders politiques européens ?

Le référendum grec n’était pas vraiment opportune cependant ?

La convocation du référendum intervient à un moment bizarre. Si la question était la restructuration de la dette, il fallait le faire le plus tôt. Mais le faire à cheval au moment juste où le programme se termine, c’est créer des crispations inutiles. Ce n’est pas très responsable. Mais les irresponsables politiques sont des deux côtés. Dans une négociation, c’est celui qui le plus de pouvoir qui doit avancer, avoir justement ce sens de responsabilités. Et celui-ci n’était pas présent. Pour certains, il y a eu une idéologie écrasée du réel et, pour d’autres, un amour propre blessé par les Grecs. La cause européenne ne doit pas servir à faire mordre la poussière à un gouvernement qui n’est pas de votre bord. Et il faut savoir surmonter les mauvaises relations personnelles. Il ne s’agit pas seulement de discipline budgétaire et de finances, c’est un choix politique.

Les dirigeants européens n’ont pas été à la hauteur ?

J’attends de voir un leader européen assurer aujourd’hui ses responsabilités. J’attendais Juncker. Et, clairement, il a pris parti sans prendre la hauteur nécessaire. Les Juncker, Merkel et autres ont une responsabilité écrasante dans ce qui est un échec européenne.

Une solution était possible ?

On était à deux doigts. Si Jean-Claude Juncker avait dit je m’engage à étudier la restructuration de la dette. C’était la gâchette qui pouvait déclencher le reste. Il n’a pas osé faire sauter ce tabou. Mais Juncker n’a pas osé … C’est une erreur politique grave. (…) Il faut voir que derrière Juncker, il y a des relais de l’ordolibéralisme à l’Allemande, incarné par Martin Selmayr et Frans Timmermans. On n’est pas vraiment bien servi

Juncker n’est pas seul, les leaders européens semblent aussi aux abonnés absents ?

On manque de stratèges politiques. La Chancelière allemande Angela Merkel est une tacticienne pas une stratège. Elle l’a montré sur le nucléaire, en changeant d’avis après Fukushima. Ce n’est pas une visionnaire, non plus. Elle ne sait pas prendre d’altitude. Elle ne se comporte pas comme un homme d’Etat. Quant à François Hollande, c’est la mouche du coche. Et ce n’est pas la première fois. Le seul sujet où il a été le coche, c’est le Mali. Wolfgang Schäuble et les autres se drapent dans la vertu, dans le sens des responsabilités. Mais ils sont écrasés par des courtes vues à ‘trois balles’. Sur la crise européenne dans l’ensemble, on assiste à une défaillance de courage.

Un manque de courage ?

Oui. Il y un manque total de courage politique. Et la Grèce n’est pas le seul exemple. On l’a vu au dernier Conseil européen sur la question de l’accueil des réfugiés. Pour accueillir 60.000 réfugiés sur deux ans, l’Europe hésite aujourd’hui alors qu’au moment de la guerre en ex-Yougoslavie, l’Allemagne ou l’Autriche accueillaient à eux seuls plusieurs centaines de milliers de réfugiés. Où est l’Europe aujourd’hui ? Il y a une crise très profonde de l’idée européenne. J’attends que Merkel se réveille. Il faut siffler la fin de la récréation.

Pourquoi s’attaquer à la restructuration de la dette semble si difficile ?

C’est une question à la fois d’orgueil et d’obsession politique. Car s’attaquer à la dette, c’est quelque part reconnaitre que le Policy mix imposée depuis cinq ans à la Grèce n’a pas marché.

La restructuration de la dette ne suffit pas. Il faut des réformes importantes en Grèce, à commencer par l’Etat grec ?

C’est évident. Tout le monde le sait. Il faut construire un Etat grec. Il faut sortir du clientélisme, remettre sur pied une administration fiscale. Cela ne peut être fait en un ou deux ans. C’est le travail de toute une génération. Regardez combien de temps, il a fallu à l’Allemagne de l’Ouest pour remettre à niveau l’Allemagne de l’Est. Et c’était l’Allemagne…

Syriza a cependant gaspillé ses chances ?

Au lieu de travailler directement après leur élection, ils ont continué la campagne électorale durant plusieurs mois. Ils ont gaspillé du capital politique inutilement. C’est vrai. Quand l’équipe de négociation a été restructurée, en avril – début mai, le travail a réellement commencé. Mais il y a une vraie volonté chez Syriza de tourner la page de clientélisme. C’est la première fois qu’un parti politique depuis le début la crise a cette volonté. Il faut saisir cette chance.

Il n’y a plus de gras pour la Grèce dit-on souvent. Y-a-t-il des coupes encore possibles sans dommage ?

Il faut toucher aux dépenses de défense. L’armée grecque aligne plus d’unités et d’avions que l’armée allemande et a des dépenses de défense disproportionnées. Personne n’a jamais trouvé à redire à cela. Il faut encourager ce gouvernement qui a envie de faire quelque chose à aller dans ce sens.

Chacun semble se résoudre aujourd’hui à un Grexit, une sortie de la Grèce de la Zone euro. Est-ce une bonne chose ?

Ce serait un échec catastrophique pour l’Union européenne. Un Grexit, au niveau comptable, c’est d’abord un défaut de paiement. Et donc le passage de la dette comme une charge pour nos Etats membres. Cela veut dire que la France se retrouve avec environ 40 milliards de dette en plus, l’Allemagne 56 milliards d’euros, la Belgique 7 milliards, etc. Cela ne fait pas passer tout le monde au rouge, car c’est s’étale sur plusieurs années. Mais cela ne facilite pas la tenue des objectifs du pacte de stabilité. Pour moi cependant, la principale conséquence négative n’est pas là.

Vous estimez que les conséquences sont davantage politiques que financières ?

Oui. Le Grexit, c’est surtout ancrer dans la réalité que la construction européenne n’est pas une construction à sens unique, qu’on peut aller en arrière. C’est un signal de défiance qui est envoyé aux marchés financiers, d’une part. Les instruments de la Banque centrale européenne sont plus solides aujourd’hui certes. Mais on ouvre un champ des possibles qu’on aurait mieux fait de ne pas ouvrir. C’est aussi et surtout un signal de défiance envoyé aux citoyens européens. On trace un boulevard à tous ceux qui veulent sortir de la Zone Euro et de l’Europe, les Le Pen et Melenchon qui ne rêvent que de cela. C’est un encouragement au départ de l’Europe. On a tous les paramètres de la crise politique.

Si je reviens sur les conséquences financières, peut-on prévoir les conséquences d’un éventuel Grexit. Peut-on le calculer, le prévoir ?

S’ils sortent, personne ne sait vraiment ce qui va se passer. Le mécanisme financier n’est pas une mécanique déterministe. Ce sont des êtres humains, qui réagissent de façon pas toujours rationnelle. On l’a vu avec Lehman Brothers. Ici ce n’est pas pareil car nous sommes en présence d’Etats. Mais on peut avoir des attaques sur des Etats. Et ce que je crains ce sont les réactions en chaîne. Car l’économie est fragile. Pour répondre à la crise, on a inondé le pays de liquidités. On n’a pas réinvesti dans le réel. Regardez aujourd’hui le prix des actions. On est revenu aux prix de 2007, à des niveaux exubérants, avec des cours largement surévalués par rapport au bénéfices réels. Il peut y avoir une correction à un moment. Nous avons aussi des éléments de fragilité dans le système. Il existe des bulles dans certains secteurs, immobiliers par exemple, financiers aussi. Les prêts étudiants représentent une masse de 1500 milliards $ aux Etats-Unis. On ne sait pas s’ils seront tous remboursables. Une partie de ces prêts peut avoir été titrisée et se retrouve aujourd’hui dans d’autres mains que les créanciers initiaux. Si la Grèce ne rembourse, pourquoi pas l’Irlande ou le Portugal ou même l’Italie. Dès le moment où il y a le doute s’instille, il va y avoir un surenchérissement de la dette qui peut provoquer le défaut. C’est un cycle de la prédiction autoréalisante.

Pourquoi faire une exception sur la Grèce et pas pour les autres ?

Il faut arrêter de faire de l’idéologie et retourner au réel. Il faut voir l’effet systémique d’une faillite grecque au plan économique, au plan politique. Et on touche là au cœur de l’idée européenne d’une prospérité partagée. Quand on voit l’intégration du Portugal, de l’Espagne… il y a eu cette progression partagée. Il n’y a pas d’intégration européenne sans transferts financiers. C’est comme cela que cela marche. C’est comme cela que l’Allemagne de l’Ouest a procédé avec l’Allemagne de l’Est avec transferts colossaux. Sans solidarité financière, c’est fini de l’UE.

Mais cela coûte cher la solidarité avec la Grèce ?

Avoir une solidarité financière permet d’augmenter la croissance sur le continent. Si l’Allemagne croit qu’elle pourra assurer sa croissance uniquement par les exportations hors d’Europe, elle se trompe. L’essentiel de ses exportations est à l’intérieur du marché européen. Etrangler la Grèce, c’est étranger sa croissance de demain. Si les Européens croient qu’ils auront toujours un poids dans le monde, ils se trompent. L’Europe qui pèse environ 1/6e aujourd’hui n’en pèsera plus qu’1/20e d’ici quelques dizaines d’années. Croire que chaque pays gardera une souveraineté est illusoire. Ce n’est qu’ensemble qu’on arrivera à garder et regagner de la souveraineté, un pouvoir d’agir. C’est là où devrait être le message que devraient tenir Merkel, Hollande et les autres… Je suis un souverainiste européen. Et je pense que nous devons nous doter d’outils pour cela.

Comment l’Europe peut regagner de la souveraineté, être efficace. Que reste-t-il à faire ?

Beaucoup ! Premièrement, je rêve d’un système où chaque citoyen serait doté d’un budget ‘éducation’ au départ, qu’il pourrait dépenser où il veut, avec des équivalences réelles de diplômes. Prenez la Belgique. Nous avons de bonnes écoles. On peut devenir exportateur de compétences que les autres n’ont pas. Mais il faut une compensation. Ensuite, il faut une réforme fiscale, une équivalence fiscale. Tout le monde peut y gagner. Cela suppose une volonté politique. On ne peut pas continuer à vivre avec des inégalités. Enfin, le marché intérieur. On vit sur une fiction d’un marché intégré, ce n’est pas vrai. Demandez aux PME quelles difficultés elles rencontrent. Avant de penser à faire un TTIP (traité transatlantique), il faut penser au marché intérieur, mettre en place un vrai système de reconnaissance des qualifications, d’accès à la profession, supprimer les possibilités de dumping social. Le dispositif de détachement des travailleurs ne marche pas bien. Il faut un embryon de sécurité sociale européenne. Le chantier est immense. Quatrième terrain d’action : la transition énergétique. Celle-ci ne peut pas marcher à l’échelle d’un pays. Il faut le faire au niveau européen. Le projet d’Union de l’énergie est loin de cela. Imaginez ce que signifierait une Europe souveraine énergétiquement, en termes politiques et économiques. Ce serait un formidable moteur de croissance économique. Mais un signal politique également. La marque d’une certaine autonomie et de sécurité. Ce qui est recherché par les investisseurs.

(Propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde)

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Et la rubrique Economie Zone Euro

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix l’UE (PSDC) – juin 2015

Sat, 04/07/2015 - 23:23

(B2)

P L’hypothèse de la destruction des ponts obligeait à la construction d’un point de passage entre deux rives. (Crédits: EUFOR Althea)

Derventa (Bosnie-Herzégovine) Exercice d’assistance pour catastrophe naturelle devient réel.

Pluies de déluge et inondations historiques. Tel était le scénario imaginé pour l’exercice d’assistance militaire en situation d’urgence humanitaire, qui a failli se transformer en réalité. Les ingénieurs autrichiens et slovaques de la mission EUFOR Althea se préparaient à de fortes pluies et des tremblements de terre dans la zone de la rivière Urina. Les militaires européens étaient soutenus par les forces locales de police, les pompiers, la protection civile locale. La Croix-Rouge était chargée d’établir un centre de crises. Exercice sans doute inspiré par les deux semaines de pluies continues qui frappent la région. Et pour cause, l’exercice de simulation était en cours lorsque l’alerte pour inondation a été lancée dans toute la région.  Forces civiles et militaires se sont mises à disposition des autorités du pays pour répondre au risque réel d’inondation. Finalement, l’alarme a été levée et l’exercice a pris fin sans autre incident.

Sambir (Ukraine). Déploiement des patrouilles de police locale rénovées 

Les protagonistes de l’actes ont été les quatre véhicules, fournis par EUAM, qui permettront une présence plus ample et une réponse plus rapide. (Crédits: EUAM Ukraine)

La mission européenne de conseil en Ukraine (EUAM) fait ses premiers pas. La station de police de Sambir, dans la région de Lviv, a été officiellement ouverte le passé 9 juin. Les 147 policiers qui la composent ont été formés par EUAM Ukraine. Les standards d’opération ont été améliorés et les descriptions de postes modernisées pour une meilleure réponse des agents locaux aux appels d’urgence au 102.  Il s’agit d’un projet pilote pour l’introduction de nouvelles formes et méthodes de travail visant la mise en place d’une réponse efficace de la Police ukrainienne. Les patrouilles locales ont été déployées dans tous les secteurs de la ville.

Kapi/Izvor (Serbie/Kosovo). Mise en place de nouveaux points de passage de frontières

Serbes, Kosovars et Européens lors de la visite a Kapi. (Crédits: EULEX Kosovo)

Deux nouveaux points intermédiaires de passage de frontière sont prévus à Kapi (dans le sud) et Ivor (nord) du Kosovo. Leur usage est uniquement prévu pour le trafic frontalier local afin de faciliter les besoins de la communauté locale. Bernd Thran, responsable de l’équipe de Gestion de frontière de l’Union européenne, et les experts d’Eulex Kosovo, ont visité les deux sites avec leurs homologues de Belgrade et Prestina. « Ceci est à la base du dialogue et de l’accord IBM (gestion intégrée des frontières), qui se révèle être devenu un succès », a conclu Bernd Thran.  Ces visites des 9 et 10 juin ont permis d’accorder les localisations exactes des nouveaux points de passage de frontière et de discuter des prochaines étapes, notamment l’expropriation des terres et la construction elle même. L’accord signé par les deux parties prévoit que les deux nouveaux centres soient opérationnels en 2016, au plus tard.

Jericho (Palestine). Les Palestiniens prêts pour contrôler la frontière à Rafah 

Européens et Palestiniens ont mis fin au programme de formation préparant l’Autorité palestinienne à reprendre le contrôle du point de passage de Rafah. La cérémonie de clôture, célébrée le 17 juin, a réuni les membres de la mission d’assistance aux frontières EUBAM- Rafah et leurs homologues palestiniens. Pendant huit mois, plusieurs dizaines de Palestiniens ont travaillé avec les Européens pour renforcer le contrôle de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte. Guy Rolin, le chef par intérim d’EUBAM Rafah, a salué le dévouement des participants.

Une patrouille des gardes côtes somaliens a rapidement été envoyée à la zone du choc pour éteindre le feu à bord du pétrolier (Crédits: Eucap Nestor)

Seychelles. Simulation d’accident multiple

Les eaux au large de Mahé (Seychelles) ont été le théâtre d’un exercice de collision entre un pétrolier et un ferry, causant une fuite d’huile, un incendie à bord d’un pétrolier, le naufrage du ferry et l’abandon des navires par les équipages. Les radeaux de sauvetages étant attrapés par les courants marins et menés à la dérive loin du site de l’incident. Le but de cet exercice est de vérifier préventivement le niveau de coordination et de coopération entre les agences nationales et les partenaires internationaux dans le cas d’un incident environnemental en mer. Les capacités des agences nationales ont été confirmées, dans la mise en œuvre de leur plan d’urgence anti-pollution mais aussi de recherche et de sauvetage, et de lutte contre les incendies à bord d’un navire. Organisé par EUCAP Nestor le 19 Juin, l’exercice a regroupé le navire espagnol d’EUNAVFOR Atalanta, SPS Galicia, et plusieurs agences de sécurité des Seychelles.

Côtes somaliennes. Atalanta en mission de dépannage

Le navire marchant MV Roberto Rizzo a lancé un appel au secours le 18 juin. Des problèmes de moteurs l’obligeant à jeter l’ancre à seulement 55 miles nautiques des côtes somaliennes, la menace pirate était sérieuse. Le navire italien Libeccio, qui participe à l’opération EUNAVFOR Atalanta, a répondu à l’appel. Des mécanos militaires ont été hélitreuillés pour réparer les moteurs.

Avant l’événement, les étudiants ont effectué un exercice au cours duquel ils ont démontré les compétences qu’ils ont acquises au cours de leur formation. (Crédits: EUTM Somalie)

Mogadiscio (Somalie). Nouveau cycle de formations à EUTM Somalie : formateurs et commandants

Pour la première fois depuis sa création, la mission EUTM Somalie a mené en 2015 une formation de formateurs et une formation pour des commandants de compagnie. Environ 20 officiers de chaque formation ont ainsi passé trois mois au camp d’entraînement somalien Jazeera. Tactiques et techniques de commandement et formation ont été introduites par des cours théoriques et mis en pratiques lors d’exercices réels. Les cours ont été planifiés, organisés et menés par l’EUTM Somalie, en coordination avec l’armée nationale somalienne, l’AMISOM, et ONUSOM. Une cérémonie de remise de diplômes a eu lieu le 25 juin à Mogadiscio.

Koulikoro (Mali). Priorité à la formation des officiers 

Au camp d’entrainement de Koulikouro, les formations se s’arrêtent pas. Pendant le mois de juin, les Européens ont entamé la deuxième phase du cours pour formateurs (TTT), qui vise à améliorer les connaissances des instructeurs de l’armée malienne. Au menu : topographie, méthodes de formation, cours de leadership … Pendant huit semaines, les étudiants du cours de TTT ont dû mettre en pratique les connaissances acquises en donnant cours aux étudiants de l’Académie militaire située dans la base de Koulikouro.  À l’habituelle « formation des formateurs » s’est ajoutée le soutien à l’Ecole Militaire Inter Armes (EMIA). Depuis le 8 juin, les formateurs de EUTM Mali participent à l’instruction et à la formation des trois premiers cours impartis à l’Académie des officiers cadets au Mali.

(Leonor Hubaut)

Deux navires allemands engagés en Méditerranée dans l’opération EUNAVFOR Med

Sat, 04/07/2015 - 13:58

(B2) Les deux navires allemands engagées dans l’opération de sauvetage en Méditerranée, la frégate <p>">Schleswig-Holstein (F-516) et le navire auxiliaire etde soutien Werra (A-514) ont fait relâche en Sicile. Mais comme le précise mon collègue Augengeradenaus, il ne s’agit pas simplement d’une phase de repos. Mais d’un changement de mission pour les deux navires qui sont passés, depuis le 30 juin, sous le commandement de l’opération européenne de lutte contre les trafiquants (EUNAVFOR Med).

<p>">Les navires vont aussi être équipés avec de nouveaux terminaux de communication, pour pouvoir correspondre en temps réel tant avec le QG maritime de l’opération situé à Rome qu’avec le commandement de la force situé sur le Cavour. Le sauvetage en mer va rester une part de leur mission, mais l’essentiel sera la surveillance et la reconnaissance des navires de trafiquants.

<p>">Le détachement allemand est commandé par le capitaine de vaisseau Thorsten Mathesius, tandis que le Schleswig-Holstein est sous le commandement du capitaine de frégate Marc Metzger et le Werra par le capitaine de corvette Stefan Klatt.

(NGV)

Lire aussi : Un Falcon 50 survole la Méditerranée. Premier vol de reconnaissance français pour EUNAVFOR Med

Un Falcon 50 survole la Méditerranée. Premier vol de reconnaissance français pour EUNAVFOR Med

Fri, 03/07/2015 - 20:41

(BRUXELLES2) Un avion de surveillance maritime Falcon 50 de la Marine nationale a effectué son premier vol de reconnaissance sur la Méditerranée vendredi (3 juillet). C’est la première contribution opérationnelle de la France à l’opération de lutte contre les réseaux de trafiquants (EUNAVFOR MED), lancée le 22 juin dernier.

L’avion, en provenance de la base d’aéronautique navale de Lann Bihoué, dans le Morbihan, a décollé de la base d’aéronautique navale de Hyères (près de Toulon) à 10h. Un ravitaillement en carburant à Sigonnella, en Italie, lui a permis de réaliser un survol de trois heures au large de la Sicile. Le renseignement collecté a été transmis à l’état-major tactique de l’opération (FHS), basé sur le porte-aéronefs Cavour. Trois officiers français sont insérés dans cette structure de commandement qui compte une centaine d’officiers, d’une dizaine de pays européens.

Vendredi également, le Conseil des ministres italien a approuvé un décret-loi autorisant la participation italienne à EUNAVFOR MED, notamment par la mise à disposition du Cavour et des structures de commandement à Rome, le Comando Operativo di vertice Interforze (COI) qui est établi sur l’aéroport militaire de Centocelle.

A Malbork, les F-16 belges veillent

Fri, 03/07/2015 - 06:50

Le badge de la Enhanced Air Policy sur fond de damier blanc et rouge, logo de l’armée de l’air polonaise (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) Les quatre F-16 belges, basés à Malbork, en Pologne, ne chôment pas tous les jours. Faisant partie de l’arsenal de « réassurance » mis en place par l’Alliance atlantique au sommet du Pays de Galles face à la nouvelle attitude plus agressive de la Russie, ils visent à rassurer les pays baltes face à l’attitude plus agressive de la Russie ces derniers mois comme à renforcer la protection de l’espace aérien de l’OTAN. Les Russes sont tout proches, l’oblast de Kalilingrad n’est qu’à peine à 80 km à vol d’oiseau.

4 équipes pour la surveillance aérienne des pays baltes

Il y a aujourd’hui 4 détachements aériens qui assurent la surveillance du ciel baltique, ou de la zone internationale au large : outre les 4 F-16 Belges, il y a les Eurofighter Italiens et F-16 Norvégiens, qui opèrent à partir de Šiauliai en Lituanie, et les Eurofighter Britanniques, sur la base d’Amari en Estonie tout au nord. Ce sont les Norvégiens qui assurent l’astreinte BAP (Baltic Air Policy), c’est-à-dire qu’ils sont disponibles 24h/24. Tandis que les autres qui sont en renfort (Enhanced Air Policing ou EAPM) prennent l’astreinte une semaine sur deux. Dans tous les cas, ils restent disponibles si nécessaire pour revenir en mode alerte. « Nous avons six heures pour revenir en mode alerte » explique un officier.

14 alertes

Depuis le début de leur déploiement, en janvier, les avions belges ont décollé pour 14 alertes réelles pour des avions russes en limite de zone. Et cela s’est accéléré dans les deux derniers mois. 2/3 des interventions (10) ont lieu en mai et en juin, contre 4 dans dans les quatre premiers mois de la présence belge. Sur ces 14 alertes, huit ont débouché sur une identification visuelle, à proximité de l’avion (voir encadré).

Une augmentation à des moments particuliers

Les vols russes ont particulièrement augmenté durant les exercices de l’OTAN (Baltops 2015) tout comme lors d’un gros exercice russe, qui s’est déroulé au large de Kaliningrad. La plupart des vols viennent de Saint Petersbourg, passent le long des eaux internationales et entrent en Baltique (qui concentre plus de la moitié des vols russes). Ce qui place la base d’Amari (Estonie) en première ligne.

Augmentation nette en nombre

« Depuis le dernier déploiement belge en Lituanie en 2013, cela s’est accéléré, il y a davantage de vols russes, mais aussi de l’OTAN » remarque un officier. Entre 2013 et 2015, il y a eu une augmentation de près de 50% des vols de transport tactique qui sont passés de 134 à 179 et 213 comme des vols d’avions de combat ou bombardiers qui sont passés de 31 à 54 et 132.

De la musculation

« Chacun fait un peu de musculation. On est revenu à un rythme de la guerre froide ». Il ne s’agit pas d’erreurs ou d’incidents techniques. Ni même d’objectifs militaires. C’est une attitude, décidée « à haut niveau » de l’armée russe, « avec un objectif politique : montrer la puissance russe, montrer également que « ici » ils sont un comme chez eux » explique à B2 un haut gradé belge.

Pas de violation territoriale

Les « incidents » ne sont pas vraiment « graves ». Il n’y a ainsi pas violation des zones territoriales baltes ou polonaises. Les avions russes volent au-dessus des eaux internationales. Simplement ils « ne rédigent aucun plan de vol, ne répondent pas aux indications et coupent les transpondeurs ».

Une technique d’interception bien rôdée

© NGV / B2

La reconnaissance visuelle

Pour notre arrivée sur la base de Malbork, nous avons droit à bord de l’Embraer ministériel à un exercice d’accompagnement. Les deux F-16 se rapprochent de l’appareil, un droite, un à gauche, l’escortent, avec des battements d’ailes pour la reconnaissance, des signaux visuels. Mais rien de plus… « L’objectif est d’aller identifier l’avion, son type, ses armements, et le suivre jusqu’aux limites de l’espace aérien. » C’est une mission « interception, identifiy, shadow ».

10 à 12 minutes pour être en l’air

Les avions enchaînent des semaines d’alerte (hot week) et des semaines de pause (cold week). Durant les Hot week, les avions prennent la QRA avec 2 avions 24/7. Selon le contrat OTAN, les deux avions doivent être prêts à décoller en 20 à 30 minutes, tout compris entre la transmission par le CAOC de Uedem, à l’état-major de Varsovie, puis à la tour de contrôle et enfin le décollage. « Dans la réalité, nous arrivons à décoller en 10 à 12 minutes en réel » pour ce qu’on appelle les Alpha Scramble, les alertes réelles.

Avions armés

Chaque avion est armé avec 2 missiles air-air de moyenne portée CATM 120B et des missiles infrarouge en combat rapproché. Il est aussi équipé avec deux bidons de fuel permettant d’assurer des missions plus longues jusqu’à 2h à 2h30 et d’atteindre le large de la Baltique. NB : les avions belges n’assurent la surveillance de l’espace aérien balte et de l’espace international. Ils n’interviennent pas du tout sur l’espace polonais qui reste de la responsabilité de Varsovie.

Un terrain idéal pour l’entraînement

Durant les cold week, il ne s’agit pas vraiment de repos. Les avions continuent de voler pour l’entraînement. Comme l’explique un officier, l’avantage de cette zone, est de « disposer de certaines facilités pour voler que nous n’avons pas chez nous ». Il y a « plus de flexibilité, davantage de latitude pour les vols militaires par rapport aux vols civils, des possibilités de vol à basse altitude, et des zones plus vastes également ». La Pologne est (un peu) plus grand que la Belgique. De plus, les Polonais disposent « d’un espace extrêmement permissif qui permet de faire de l’entrainement de tirs au sol ».

Les Tango Scramble pour se former

Il y a des Tango Scramble = les entrainements comme en réel (le T = Training). Des vols très utiles pour former les pilotes aux alertes, mais aussi pour travailler en coopération avec les alliés, que ce soit en l’air ou au sol. Dans l’espace lituanien, il s’agit également de former les contrôleurs de combat lituanien du GCI de Karmelava en coordination avec les Norvégiens et les Italiens.

Un rappel en QRA durant les entraînements

Durant ces périodes, les avions volent désarmés, avec possibilité de rappel en configuration QRA, dans les 6 heures. « C’est arrivé le 9 juin, quelques minutes avant le décollage d’entrainement, le CAOC d’Uedem a demandé une intervention à quelques centaines de miles d’ici. On avait deux possibilités alors : soit préparer l’avion pour un vol d’interception, avec les armements, ou décoller plus rapidement sans armement. C’est cette possibilité qu’on a choisi. On a réussi à décoller en 10 minutes. »

Détachement belge

 

Réduit à l’essentiel

Le détachement belge est réduit à l’essentiel. « Nous avons 49 personnes là où les Néerlandais avaient 65 personnes et les Américains 120 personnes pour effectuer la même mission. L’effectif est réduit mais opérationnel. » Un point sur lequel a insisté le ministre, Steven Vandeput.

Une mini base aérienne

La structure du détachement est une mini-base aérienne en soi : une section opérationnelle (pilotes et mécanos), une section maintenance (CIS, Log…) et une section soutien, composée de 25 personnes (Admin, Médic, Welfare, Kitchen). Une équipe de pompiers est également présente en cas d’incident ou de feu sur un avion. La cuisine reste bien belge (j’ai pu le tester, frites et mayonnaise sont bien là :-)).

Un traducteur aussi est présent. C’est « extrêmement important » insiste le chef du détachement. Si certains militaires parlent anglais, d’autres même à certains niveaux de commandement ne parlent que polonais. Le détachement mixte, francophone et néerlandophone. 30 personnels viennent de Florennes / 10 de Kleine Brogel, 4 de la composante terre.

L’assistance polonaise

La Pologne en tant que Host nation support fournit aux Belges tout le nécessaire. Un grand hangar permettant d’accueillir 4 avions simultanément et toutes les pièces de rechange et éléments techniques. « Toutes les sections sont ensemble. Et cela permet une symbiose entre chacun » précise le chef du détachement. Les avions d’alerte disposent chacun d’un hangar au plus près de la piste. Tandis que les 4 pilotes et mécanos d’astreinte se trouvent dans un bâtiment non loin des pistes. Un officier est détaché à la tour de contrôle à la base pour assurer la liaison entre le contingent belge et les Polonais.

(Nicolas Gros-Verheyde, à Malbork)

NB : les noms des pilotes et du personnel restent anonymes. Depuis l’intervention en Irak, ces militaires sont des cibles potentielles. Des mesures de précaution sont de rigueur.

8 alertes en mai – juin

Le 21 mai, 2 bombardiers supersoniques Tupolev 22 Backfire, de la force aérienne stratégique, Les Belges ont décollé avec les Italiens. Les avions ont été interceptés par les Italiens qui ont fait demi tour.

Le 26 mai, les avions interceptent, sans plan de vol, un avion de transport An-26 qui ne répondait pas. Il est suivi jusqu’à la zone de Kaliningrad.

Le 27 mai, lors d’un exercice de T-Scramble au-dessus de la Lituanie, les F-16 sont envoyés sur un Sukhoï 24 (Fencer) en survol de Kaliningrad. Il reste sur cette zone.

Le 28 mai, même topo, l’avion Sukhoï 24 sort de Kaliningrad.

Le 9 juin, 2 avions décollent pour un Ilyushin IL-20 Coot A, un avion de guerre électronique et surveillance, qui n’est pas sorti. Deux heures plus tard, le même avion est sorti de la zone et photographié.

Le 11 juin, un Ilyushin IL-20 Coot A est intercepté par la QRA Danoise, puis pris en relais et « raccompagné » par les Belges.

Le 13 juin, c’est l’inverse, un Ilyushin IL-20 Coot A est intercepté par les F-16 belges, les F-16 de la QRA danoise prennent le relais.

Le 15 juin, interception d’un Sukhoï 24 qui sort régulièrement de la zone russe, à l’occasion d’un gros exercice combiné entre la marine russe et les avions. Les avions belges sont alors « illuminés par les navires russes ». Un Coot-A est intercepté dès sa sortir de Kaliningrad.

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Minute de silence pour les Britanniques décédés en Tunisie ce vendredi

Fri, 03/07/2015 - 00:16

Un C-17 Globemaster du 99 Squadron, rapatrie les corps des victimes en Tunisie sur la base de Brize Norton (crédit : Royal Air Force)

(B2) Le traumatisme subi au Royaume-Uni lors de l’attentat en Tunisie avec plus de 30 victimes britanniques est passé relativement inaperçu en Europe. Une minute de silence sera célébrée dans tout le pays à midi ce vendredi (3 juillet). C’est le plus grave bilan pour des citoyens de la Couronne depuis l’attentat du 7 juillet 2005.

Les 4 derniers blessés, les plus gravement atteints ont été rapatriés mardi (30 juin) tandis que les premiers corps des personnes décédées ont commencé d’être rapatriées par les avions C-17 de la base de la RAF de Brize Norton mercredi (1er juillet)

(NGV)

Lire aussi : De nombreux Européens tués lors de l’attentat de Sousse en Tunisie (Maj4)

 

La crise grecque en toutes lettres

Thu, 02/07/2015 - 22:29

Derrière les sourires en présence des photographes, un amour-haine sur fond de drame économique (crédit : Conseil de l’UE)

(BRUXELLES2) Ce ne sont pas des lettres d’amour. Ce ne sont pas des lettres de déchirure. Mais cela y ressemble un peu. Les lettres, discours, tweets que se sont échangés quasi-publiquement, ces derniers jours, l’Europe et la Grèce, marquent une certaine incompréhension de part et d’autre, un manque d’Europe.

Lundi (22 juin), la Grèce envoie une lettre faisant état de ses contre-propositions. Télécharger Une réunion au sommet des dirigeants de la Zone Euro n’aboutit pas vraiment à autre chose qu’à demander à l’Eurogroupe de continuer à travailler.

Jeudi (25 juin), les autorités européennes mettent au point un dernier plan « tenant compte des différentes propositions grecques ».

Vendredi (26 juin), dans la nuit, Alexis Tsipras annonce la tenue d’un référendum sur le plan présenté par la Commission européenne. François Hollande et Angela Merkel apprennent la nouvelle juste avant, que leader grec a « élégamment » a prévenu auparavant. Le Grec a bien appelé aussi Jean-Claunde Juncker. Mais le président de la Commission européenne dormait profondément. Et il n’apprendra la nouvelle le lendemain, comme la plupart des autres dirigeants européens ou ministres des Finances qui découvrent la nouvelle sur… twitter. De quoi bien fâcher.

Samedi (27 juin), une nouvelle réunion de l’Eurogroupe s’achève, cette fois, sur un clair constat de désaccord. Le ministre grec des finances ne veut pas approuver la déclaration finale. Le service juridique du Conseil est consulté. L’Eurogroupe est une structure informelle. Et il n’y a pas de règle de vote. La déclaration est donc adoptée à 18 pays (sauf la Grèce). Une note de bas de page témoigne du divorce. Le ministre grec quitte la salle. La réunion se poursuit à 18 pour examiner les mesures de stabilité à prendre dans la Zone Euro. Le mot Grexit n’est plus tabou. Télécharger la déclaration de l’Eurogroupe

Dimanche (28 juin), la Commission européenne diffuse – ce qu’elle n’avait jamais fait jusqu’ici – le document distribué aux négociateurs sur la dette grecque. Un texte intéressant car il contient les dernières propositions convenues entre les trois institutions (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Ces propositions « prennent en compte les propositions des autorités grecques ">de 8, 14, 22 et 25 juin 2015 ainsi que les négociations au niveau politique et technique tout au long de la semaine ».  ">Télécharger. Lire aussi : En toute transparence… Un budget de la défense, un peu, préservé

Lundi (29 juin), lors d’une conférence de presse convoquée spécialement pour la circonstance, Jean-Claude Juncker, appelle délibérément à voter ‘Oui’ au référendum. Au-delà des mots, on sent chez l’ancien Premier ministre luxembourgeois une déchirure personnelle, une blessure d’amour-propre. Télécharger (lire aussi : La Grèce dans l’Euro. L’adieu aux idéaux de jeunesse de Jean-Claude Juncker)

Mardi (30 juin), Alexis Tsipras envoie, au dernier moment, dans l’après-midi une ultime lettre au président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. Son contenu est plutôt vague et se résume à deux demandes : un nouveau programme d’assistance de deux ans et la restructuration de la dette grecque. Un peu exorbitant à première vue. Dans la foulée, une réunion des ministres des Finances de la Zone Euro est convoquée par visioconférence. Le plan est terminé, soulignent les ministres.

Mercredi (1er juillet), le Fond monétaire international (FMI) constate l’arriéré de paiement de la Grèce sur la somme de 1,5 milliard $. Mais il se réserve de se prononcer sur la demande grecque d’extension du délai, demande qui sera examinée par le Conseil d’administration du FMI « en temps voulu » (télécharger communiqué du FMI). Réuni à deux reprises dans la journée par vidéoconférence, l’Eurogroupe décide de renvoyer la proposition grecque. La lettre de Jeroen Dijsselbloem est un ‘non merci’ ferme et un ‘retour à l’envoyeur’ de la proposition Tsipras. Télécharger.

Le même jour, le ministre grec des Finances, Yannis Varoufakis, explique sur son blog les 6 raisons qui l’appellent à voter ‘Non’ Télécharger

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi :

 

Les Français prennent l’alerte de la force de réaction rapide de l’UE

Wed, 01/07/2015 - 09:45

(crédit : DICOD / EMA)

(BRUXELLES2 – exclusif) Les Français (et les Belges) ont pris le relais des ‘Nordiques » pour assurer le tour d’astreinte du battlegroup, la force de réaction rapide de l’UE, qui sera de permanence ce semestre jusqu’à la fin décembre 2015.

Un seul groupe d’astreinte

Contrairement à ce que prévoit le concept européen, il n’y aura qu’un seul battlegroup d’astreinte durant cette période. Ce n’est pas la première fois. Les plannings contraints des armées européennes comme les budgets à la baisse – et un certain manque d’entrain politique aussi – ont entraîné quelques « trous » dans le planning.

Capable d’intervenir sur tout le spectre

Fort d’environ 2000 personnels, ce groupement tactique franco-belge sera « capable d’intervenir sur tout le sceptre du concept d’opération des battlegroups » : maintien de la paix ou imposition de la paix, interposition, évacuation de ressortissants européens, etc. Il pourra exercer ainsi des « missions de coercition de très haute intensité ». Il n’y a d’ailleurs aucun « caveat » national, posé par les Etats participants.

Un coeur robuste

Le battlegroup français sera constitué essentiellement autour de la 2 BB (la deuxième brigade blindée – héritière de la célèbre 2eDB du général Leclec). Ce battlegroup sera « robuste » – selon les éléments qui ont été communiqués à B2, avec un cœur « combattants » affirmé et des capacités « puissantes et modernes ».

On y trouvera ainsi un escadron de chars Leclerc, des VBCI (véhicules blindés de combat d’infanterie) derneir cri, le canon Caesar 155 mm. En bref, le dernier cri de ce qui fait l’équipement de l’armée de terre. Une « vitrine des derniers équipements français » en quelque sorte. Un certain nombre d’unités – comme des escadrons d’éclairage, des unités « Rens » (renseignement) accompagneront ce noyau dur, dans « un format assez souple qui pourra être adapté à la mission et au théâtre d’opérations potentiel » a précisé à B2 un expert des questions. Et il pourra être renforcé au besoin d’avions, d’hélicoptères, de forces spéciales, si la situation l’exige sur le terrain.

Le centre de commandement sera assuré au Mont-Valérien. Ce quartier général d’opérations était déjà en veille les six premiers de 2015 pour le battlegroup nordique. Ces pays ne disposant pas d’OHQ agréé au plan européen ou OTAN.

(Nicolas Gros-Verheyde)

L’Europe groggy par la crise grecque

Wed, 01/07/2015 - 01:18

Jeroen Dijsselbloem à la conférence de presse de l’Eurogroupe le 27 juin qui voit le départ de la délégation grecque (crédit : CUE)

(BRUXELLES2) Ce n’est pas moi, c’est lui ! Tout le week-end, cette antienne a résonné par déclarations, communiqués et twitters interposés entre les dirigeants grecs et européens. Entre Bruxelles et Athènes, après la réunion avortée de l’Eurogroupe samedi après-midi, il y a davantage qu’un différend technique, il y a une incompréhension grandissante, un amour déçu, amer.

La Grèce, sur qui on avait mis tant d’espoir, vantée il y a quelques années comme la réussite même de la bonne utilisation des fonds européens, apparaît aujourd’hui comme l’enfant insolent, menteur et… dépensier. L’Europe, qui fait partie même de l’ADN grec, se montre égoïste, hautaine et peu respectueuse de la démocratie selon le gouvernement Tsipras.

Un manque de confiance réciproque qui se traduit bien quand on écoute le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis raconter, par le menu, sur son blog, la réunion dramatique du 27 juin. « L’idée même que le gouvernement allait consulter son peuple a été traitée avec incompréhension et souvent avec dédain proche du mépris. On m’a même demandé: ‘Comment voulez-vous que les gens ordinaires à comprendre ces questions complexes ?’ » La Commission européenne, de son côté, a dénoncé la décision « unilatérale des autorités grecques d’abandonner le processus de négociation » Elle a même décidé de publier le détail des propositions faites à la Grèce, brisant l’omerta, « dans l’intérêt de la transparence et pour l’information du peuple grec ». Un fait exceptionnel qui en dit long sur l’état d’esprit ambiant.

En bref, la vaisselle est cassée. Et personne n’a envie d’en acheter une nouvelle en commun. L’Europe est groggy. Mais elle n’est pas restée inactive pour autant. Toute la journée du dimanche, le téléphone a fonctionné entre les dirigeants européens. Car l’inconnue est maximale et les risques multiples.

D’une part, il faut limiter les dégâts un défaut grec. La Banque centrale européenne a été appelée à la rescousse. Après une réunion exceptionnelle, dimanche, la BCE a assuré vouloir travailler étroitement avec la Banque de Grèce « pour maintenir la stabilité financière ». Ainsi « l’assistance de liquidités d’urgence » qui maintient en survie les banques grecques va être « maintenue ». Et Athènes a annoncé une stricte limitation des fonds pouvant être retirés comme la fermeture des banques.

Ensuite, chacun sera suspendu, lundi, aux réactions des marchés. Les mesures prises suffiront-elles ? L’inconnue est totale. Un choc monétaire n’est pas à exclure. Et la contagion de la crise à d’autres pays doit être contenue. Chypre, la Slovaquie ou le Portugal sont particulièrement « exposés », selon les indiscrétions d’experts européens.

Enfin, il va falloir essayer de garder la Grèce dans la Zone Euro, en lui évitant la faillite, sans avoir l’air de revenir sur la discussion avortée de l’Eurogroupe ni accepter les demandes grecques. Autrement dit la quadrature du cercle. Une porte de sortie pourrait être l’effacement, partiel, de la dette grecque. Une hypothèse clairement mise sur la table… par les Américains. « Il est important d’arriver à une solution qui inclut une discussion sur la réduction de la dette » a indiqué le secrétaire US au Trésor Lew dans ses entretiens téléphoniques avec ses homologues allemand Wolfgang Schäuble et français Michel Sapin. Tandis que Barack Obama exhortait la chancelière allemande, Angela Merkel, à faire « tous les efforts » pour permettre à la Grèce de « reprendre les réformes et la croissance au sein de la zone euro ». Autrement dit pas de Grexit possible pour Washington !

En France, François Hollande a convoqué un conseil restreint à l’Elysée pour ce lundi. Et à Bruxelles, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, parlera devant la presse vers 13h. Autant dire que l’heure est grave. Après « Je suis venu te dire que je m’en vais » de Gainsbourg, les Européens auront-ils le courage de chantonner à la Grèce, comme Jacques Brel : « Ne me quitte pas » et de terminer par un « Formidable » de Stromae. Rien n’est moins sûr…

(Nicolas Gros-Verheyde) paru dans Sud-Ouest, le 29 juin.

Une stratégie ne fait pas le printemps !

Tue, 30/06/2015 - 17:30

Une stratégie, c’est un comme un défilé, c’est beau, mais ca ne dure que le temps d’un défilé (crédit : MOD UK)

(BRUXELLES2) Les Européens ont avalisé, vendredi dernier (26 juin), la préparation d’une nouvelle stratégie de sécurité que Federica Mogherini, la Haute représentante de l’UE, devrait présenter dans un an, lors du sommet européen de juin 2016.

La réflexion stratégique

Croire cependant que la réflexion stratégique va permettre de cristalliser une nouvelle volonté européenne et l’alpha et l’oméga d’une nouvelle politique européenne par le seul poids du verbe, semble un pari illusoire. Mettre près d’un an pour rédiger cette stratégie, c’est bien, c’est beau. Les débats seront certainement intéressants, captivants. Cela va occuper pas mal de monde, des chercheurs, des diplomates, pour placer ici un paragraphe sur l’autonomie stratégique, l’autre sur l’enjeu de l’Arctique ou de la mer de Chine, le troisième sur la guerre hybride et les cyberattaques… Mais, concrètement face aux enjeux et menaces du moment, c’est un peu irréaliste. C’est un peu comme si, en face d’un incendie, le pompier se demandait s’il ne fallait pas mieux réfléchir à la conception des maisons ou la disposition des extincteurs Ce d’autant que l’utilité de la stratégie dans le déroulement des actions européennes a été, pour l’instant, assez réduit…

Une stratégie n’a jamais rien permis ni autorisé.

Depuis dix ans qu’existe la stratégie Solana, on ne s’est jamais vraiment référé à la stratégie pour lancer ou ne pas lancer une opération ou une mission menée au titre de la PSDC ou pour entériner une décision européenne en matière de sécurité. Certains succès ont été obtenus avec une vraie stratégie d’action : contre la piraterie et, plus généralement, dans la Corne de l’Afrique. Mais soyons honnêtes. Ce n’est qu’après la pratique qu’est venue la théorisation avec l’approche globale. Et non l’inverse. Par contre, des échecs retentissants sont survenus alors qu’il y avait, sur le papier du moins, une stratégie. Il suffisait de s’y référer, de l’appliquer. Mais on n’a rien fait. L’exemple le plus frappant est le Sahel et le Mali ou la Libye.

Une stratégie pour quoi faire ?

Il ne peut y avoir de réflexion stratégique que si, de façon structurelle, il y a une vision commune. Et celle-ci ne pourra pas être créée à 28, même avec la meilleure plume du monde. Négocier une stratégie à 28 implique de mettre tout dedans : la vision pacifiste ou neutraliste des uns, réaliste et engagée des autres, un peu de militaire, de développement, d’humanitaire, du bon sentiment et du réalisme, etc. Autrement dit, des mots qui rassurent, sont consensuels et vont ressembler à des documents déjà existants, simplement mis à jour. Avec le risque qu’ils soient dépassés d’ici 2 ou 3 ans, au rythme où va l’évolution des crises.

Une review régulière par les Chefs d’Etat et de gouvernement ?

Au rythme de l’évolution des menaces, la meilleure stratégie serait plutôt de voir et revoir régulièrement au plus haut niveau européen, au niveau des Chefs d’Etat et de gouvernement, l’état des lieux des menaces, de l’environnement sécuritaire, et du voisinage. Cette « revue stratégique » régulière était d’ailleurs prévue, avec sagesse, par le traité de Lisbonne. Elle n’a jamais été appliquée. Il serait temps de la remettre au goût du jour.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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