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Défense - Diplomatie - Sécurité - Crises - Pouvoirs
Updated: 58 min 12 sec ago

Retour sur l’opération Artémis. Le modèle d’origine des battlegroups, un mythe ?

Sun, 25/07/2021 - 10:17

(B2) Chercheur patenté, bon connaisseur des missions PSDC, Laurent Borzillo revient sur l’opération Artémis, la première opération militaire autonome de l’UE. Une opération atypique qui n’est pas, contrairement à l’imagerie européenne

Arrivée des forces sur Bunia (Reportage TV – INA) Postdoctorant (programme ambassadeur DGRIS), Laurent Borzilo est rattaché au CNRS (Cepel) et au réseau d'analyse stratégique (UQAM). Ses propos n'engagent que lui. Mais ils nous ont semblé intéressants de les mettre à disposition de nos lecteurs pour exercer leur oeil critique.

Une absence d’emploi des battlegroups notable

« Lorsque l’on aborde le cas des groupements tactiques de l’UE (GTUE ou battlegroup en anglais), on ne peut malheureusement que constater leur absence d’emploi jusqu’ici. Ce, alors que les premiers GTUE d’alerte ont désormais plus de 16 ans. Plusieurs auteurs (chercheurs ou praticiens) ont depuis plusieurs années écrit sur les raisons expliquant selon eux cette absence d’emploi ou sur les réformes nécessaires pour modifier cette situation considérée par plusieurs comme navrante. Pour certains, ceci est d’autant plus regrettable du fait de la réussite de ce qui fut l’opération Artémis lancée en 2003 en Ituri (République Démocratique du Congo), quelques mois avant la décision relative à la création des GTUE.

La première opération autonome de l’UE

Considérée comme la première opération autonome de l’Union européenne, bien qu’ayant été réalisée avant la mise sur pied des GTUE, de par certaines de ses caractéristiques (effectifs projetés, rapidité de déploiement, durée limitée de l’opération, réalisation des objectifs, etc.), Artémis est devenue d’une certaine manière non pas la première mission des GTUE, mais ce que l’on pourrait dénommer la « mission 0 », précédant la création des GTUE, mais ayant les mêmes caractéristiques de ce que serait censée être une opération avec les GTUE. Ce faisant, la preuve serait ainsi faite de la validité du concept des GTUE, l’absence de volonté politique étant quant à elle l’unique responsable de leur non-emploi jusqu’ici.

La mission 0 des battlegroups : un mythe ?

Or l’analyse de décisions prises en 2003 (lancement de l’opération Artémis, discussions sur la création des GTUE) tend à démontrer que cette filiation forte entre Artémis et les GTUE relève du mythe. Certes plusieurs des interlocuteurs interrogés pour notre recherche, ainsi que de nombreuses sources écrites primaires et secondaires font référence à cette opération lorsque le sujet des GTUE est abordé. La source primaire la plus emblématique est justement la déclaration conjointe issue du sommet franco-britannique de Londres de 2003 annonçant la création des battlegroups : « En continuant sur la lancée du succès de l’opération Artémis dans la République Démocratique du Congo, nous proposons une nouvelle initiative pour que l’Union européenne se focalise sur le développement de ses capacités de réaction rapide afin de renforcer son aptitude à répondre aux requêtes de l’ONU dans les situations de gestion des crises à court terme »2. Artémis constitue-t-elle pour autant le modèle à partir duquel les GTUE ont été imaginés et créés ?

Des objectifs proches

La nature de la mission d’Artémis cadre, il est vrai, avec les objectifs assignés aux GTUE. Celle-ci consistait à mettre rapidement fin aux combats et exactions se déroulant dans la province de l’Ituri en République démocratique du Congo. Ce, le temps que l’ONU puisse mettre sur pied une nouvelle force militaire de casques bleus dénommée « brigade Ituri », chargée d’assurer sur le long terme la paix dans cette province. La composition des troupes de l’opération Artémis bat cependant en brèche la thèse du modèle pour les GTUE. En effet, le GTUE se veut avant tout une unité multinationale.

… Mais une composition monocolore

Certes il n’existe pas officiellement de seuils quant au pourcentage que doivent représenter les militaires de la nation cadre au sein du battlegroup. Si l’on se réfère toutefois aux battlegroups d’alerte qui se sont succédé depuis 2005, la moyenne se situe entre un et deux tiers de l’ensemble des forces. Or Artémis était composée de près de 80 % de soldats français. Cela signifie donc que si Artémis avait réellement été utilisée comme modèle, en général 80 % de la composition d’un GTUE devraient être issus de la nation-cadre. La pratique de la composition des groupements d’alerte en est très loin.

Avant tout, une opération française bénéficiant d’un rapide « habillage européen »

Cette mise sur piédestal de l’opération Artémis comme modèle pour les GTUE, sert en fait à masquer une réalité bien moins enchanteresse, à savoir qu’Artémis fut avant tout une opération française bénéficiant d’un rapide « habillage européen » en incorporant des militaires issus de divers États membres, ne servant cependant que dans des postes secondaires d’état-major ou de logistique. À notre question sur l’hypothétique filiation entre l’opération en Ituri et les groupements tactiques un de nos interlocuteurs nous donna justement cette réponse tranchée.

La réalité : loin du mythe

« C’est un mythe complet voulu par les politiques. [Le chef d’état-major de l’armée de Terre] déclencha [à l’époque] l’alerte guépard, [puis] proposa le général Thonier [comme commandant d’opération] au chef d’état major des armées. En huit à dix jours on fit partir le 3° RIMA. Rapidement il fallu faire un habillage européen. Les Belges comme d’habitude fournirent un à deux C-130. Les Suédois acceptèrent et envoyèrent leurs forces spéciales d’un niveau égal voire inférieur à un régiment d’appelés en France. […] Je ne dis pas qu’il ne fallait pas le faire, car c’est bon pour la France de ne pas être seul, mais il ne faut pas se leurrer: c’était une opération française 3».

Une volonté française ardente

Plusieurs autres militaires français occupant des fonctions clés à cette époque nous ont confirmé d’ailleurs cette version, ainsi qu’un militaire allemand en poste alors à la représentation militaire allemande auprès de l’OTAN et du Comité militaire de l’UE : « Sur Artémis, les Français nous avaient prévenus qu’ils le feraient quoiqu’il arrive, mais que cela était mieux avec un affichage européen 4».

Le symbole d’une dynamique positive

Opération française bien que présentée comme européenne tant à l’époque qu’encore aujourd’hui, Artémis ne fut malheureusement pas le modèle à la base de la création des GTUE. On ne peut néanmoins nier que celle-ci a favorisé une dynamique positive en faveur du développement des capacités militaires européennes entre l’automne 2003 et le printemps 2004.

Une proposition franco-britannique à l’origine

Une des raisons possibles de cette absence de lien est peut-être à chercher dans l’origine de la proposition de création des GTUE. En effet le projet relatif à la création de ces unités fut proposé par le gouvernement de Tony Blair aux Français lors du sommet franco-britannique de Londres en 2003, ainsi que l’attestent plusieurs de nos interlocuteurs. Ceci n’empêcha pas cependant les responsables britanniques d’adopter par la suite des politiques peu favorables vis-à-vis des GTUE, une fois ces derniers sur pied.

(par Laurent Borzillo)

  • Ce papier est tiré des recherches réalisées dans le cadre d’une thèse1 menée en cotutelle entre l’Université de Montréal et l’Université de Montpellier. Une thèse portant sur les groupements tactiques de l’Union européenne (GTUE) et la brigade franco-allemande en recourant à une comparaison entre la France et l’Allemagne.
  1. Borzillo Laurent, Les forces expéditionnaires bi/multinationales en Europe : analyse comparée des politiques d’alliance de la France et de l’Allemagne (1991-2016), Universités de Montpellier et de Montréal, 2020.
  2. Jacques Chirac et Tony Blair, « Communiqué conjoint, sommet franco-britannique de Londres » Lancaster House, 24 novembre 2003.
  3. Entretien avec un militaire français membre de la direction de l’EMA en 2003, réalisé le 8 juin 2017.
  4. Entretien avec un militaire allemand membre de la représentation militaire allemande auprès de l’OTAN et de l’UE en 2003, réalisé le 9 août 2017.

Lire aussi : Opération Artémis : dix leçons pour l’Histoire

Voir ce reportage

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Takuba. Les Italiens opérationnels à la fin de l’été. Avec une capacité reconnaissance et Medevac

Sat, 24/07/2021 - 15:05

(B2) La participation italienne se confirme. Elle va apporter des capacités précieuses à la task-force Takuba. Pour 2022, les Italiens pourraient passer à l’encadrement des forces maliennes

C’est un détachement Air assez semblable à celui déployé à Herat en Afghanistan avec ses A129 Mangusta (MOD Italie / Archives B2)

Un déploiement commencé en mars, clos d’ici la fin de l’été

Le redéploiement du contingent italien a commencé en mars dans la zone des trois frontières de Liptako Gourma. Les Italiens seront basés plus précisément dans les bases de Gao et Menaka. Et selon le ministre italien Lorenzo Guerini, il est prévu « d’atteindre la capacité opérationnelle initiale après l’été ».

Une capacité reconnaissance et MEDEVAC

L’apport italien se matérialisera surtout par une capacité de reconnaissance et d’évacuation sanitaire (MEDEVAC). Une capacité essentielle pour Takuba, qui lui permettra ainsi d’être autonome des moyens de Barkhane. Les Italiens mettent ainsi à disposition huit hélicoptères (quatre de transport et quatre d’attaque A129 Mangusta). Coût de la mission : 49 millions d’euros (1,2 million € par mois pour le personnel et 1,4 million € pour le fonctionnement + 23 millions pour les coûts d’investissement et déploiement).

Un task-group de mentoring en 2022

Mais Rome prévoit, à partir de 2022, « d’étendre l’activité également à la formation des membres des forces spéciales locales ». Le contingent italien pourrait donc être plus important que prévu. La limite maximale d’engagement a ainsi été augmentée. Elle passe de 200 à 250 hommes pour la période 2021-2022. En moyenne, cela signifie une présence de 150 militaires présents sur le théâtre. Tandis que le nombre de véhicules double — passant de 20 à 44 véhicules.

Des appuis avec les missions conjointes

Des appuis associés seront « possibles vers et depuis les autres missions dans la zone », précise la note gouvernementale, notamment la mission bilatérale (MISIN) de formation des forces spéciales nigériennes. De même, les moyens nationaux, « complétés si nécessaire par des unités de forces spéciales », pourraient « éventuellement être utilisés pour soutenir les activités de ces missions ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

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BA709, la base de référence pour les pilotes de drones

Fri, 23/07/2021 - 18:30

(B2, à Cognac) Futur terrain d’accueil de l’Eurodrone, la base aérienne de Cognac-Châteaubernard abrite déjà les Reaper dont une partie sont utilisés en bande sahélo-saharienne (BSS)

Au coeur du vignoble charentais, dans le sud-ouest de la France, la base aérienne 709 s’étend sur un peu plus de 450 hectares. C’est une base en pleine croissance. Une plateforme de formation des pilotes de chasse en pleine modernisation. Près de 1500 effectifs s’y croisent. C’est le plus gros employeur de l’agglomération, après Hennessy, la célèbre distillerie. Sur la base, on y trouve des bâtiments anciens, dont celui abritant le mess, des casernes et des hangars où se garent les Pilatus PC 21 (quasi) flambant neufs de la formation des pilotes de chasse. Outre l’Ecole de l’aviation de chasse, la base est devenue celle de la 33e escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque (dite 33e ESRA), chargée de la mise en œuvre des drones MALE (moyenne altitude et longue distance) affectés à l’armée de l’air et de l’espace.

Les bureaux de l’escadron spécialisé de pilotes de drones (© ES/B2)

Comme au cinéma, ou presque…

En recul, surprotégés, des containers forment une base dans la base. C’est là qu’opèrent les équipages des drones Reaper. « La force du Reaper, c’est sa persistance, sa capacité en temps réel, sa discrétion », explique le lieutenant-colonel Samuel, de la 33 escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque. La discrétion est aussi de mise dans ces containers où les équipages se relaient. Mais pas le bruit de la soufflerie, entêtant. L’équipage ne l’entend plus, sous ses casques. Tout est pensé pour leur concentration optimale. Jusqu’au rideau pour protéger de la lumière du jour au moment de la relève. Un équipage de Reaper compte quatre personnes. Deux dans le cockpit de pilotage (à gauche le pilote, à droite le capteur) et deux dans le cockpit de renseignement. Deux cockpits séparés. Mais les quatre membres d’équipage communiquent en permanence. Chacun fait face à une myriade d’écrans, claviers, tableaux et commandes.

Des équipages complets

Dans le cockpit de pilotage, le pilote est chargé du positionnement, de la coordination 3D, du tir. Le capteur se charge du guidage d’armement, de la boule optique. Volant de 5 à 10 km d’altitude, le Reaper quadrille au millimètre. Au renseignement, l’opérateur d’image analyse la vidéo en temps réel, il habille les images (en les retravaillant avec les éléments analysés). Le coordinateur tactique fait la manoeuvre, gère l’interface avec le centre de commandement. C’est « le chef d’orchestre » de la mission. Suivant les missions, « le centre de gravité sera plus ou moins mis sur le renseignement ou le pilotage » explique le lieutenant-colonel Samuel.

Des nouveaux pilotes à part entière

Un pilote de drone, « c’est un pilote et pas un demi pilote » insiste le colonel Nicolas Liautey. Il est le commandant de la base depuis près d’un an, et pilote de chasse expérimenté. La formation initiale sur avion impose « avoir le sens de l’air ». Parce qu’il pilote à distance, il doit s’insérer dans la circulation, communiquer avec les organismes de contrôle aérien, savoir gérer les pannes, etc. La différence, c’est que le pilote de Reaper subit moins de contraintes physiologiques. Son corps ne subit pas les accélérations du vol. « Il n’encaisse pas les 9G d’un pilote de Rafale qui fait demi tour », livre en exemple un pilote.

Le drone reaper, en repos au sol, sur la base aérienne de Cognac-Châteaubernard (© ES/B2)

La particularité sur Reaper, c’est que le spectre des missions est large : renseignement, appui des troupes au sol, etc. Cela justifie que les premiers pilotes aient été recrutés parmi les pilotes de chasse. Le recrutement s’élargit aujourd’hui aux pilotes de transport et d’hélicoptères. Ce qui est certain, c’est qu’il faut encore recruter. Car quand un drone part pour 24 heures, ce sont des équipages qui doivent se relayer. En moyenne, 15 équipages sont nécessaires pour un orbite H24. Un officier l’assure, les jeunes recrues ne sont pas forcément « plus geek » que d’autres. « La richesse de la 33e escadre de Cognac, c’est justement qu’elle compte des profils de différents horizons. »

De Cognac à Barkhane

Le colonel Liautey aime à comparer la 33e escadre à une « start-up », « car on a beaucoup d’expérience mais pas encore de business model sur les drones ». Le « vrai carburant du drone », « ce sont les ressources humaines » résume le commandant. Le « challenge » est de former des équipages tout en apportant un soutien opérationnel en bande sahélo-saharienne (BSS). La base de Cognac-Châteaubernard est la maison mère de deux systèmes BK1 et de deux systèmes BK5 (livrés en 2020). En tout, ce sont douze drones, mais seuls six sont à Cognac. Six autres sont déjà partis en BSS (1). En deux ans, « il a fallu apprendre en marchant en parallèle d’un engagement soutenu » (au Sahel). La première capacité opérationnelle pour le BK5 en BSS date de mai. La pleine capacité est prévue d’ici 2022. D’ici là, les équipes expérimenteront encore les lasers, les munitions guidées au laser, etc.

Sa majesté le MALE

Avec son envergure de 20 mètres, le Reaper est actuellement le plus grand drone. À l’opposé du plus petit en usage dans l’armée, de 20 cm. On l’aperçoit de loin dans son hangar. Comme un grand planeur. Cela lui permet d’être plus léger, et d’avoir une autonomie plus longue (près de 24h). En revanche, il vole moins vite qu’un avion. Ici, il sort quasiment tous les jours. Pour des exercices d’entrainement dans 99% des cas. Une dizaine de pilotes s’y forment par an.

Du plus grand au plus petit, le drone miniature (© ES/B2)

À long terme (2026), les infrastructures de Cognac devront encore s’adapter, pour être prêtes à accueillir l’eurodrone MALE et ses sept mètres de largeur supplémentaire. La base accueillera les premiers à partir de 2028. Le commandant de la base n’en doute pas. À l’horizon 2030, la loi sur la programmation militaire a programmé en tout huit systèmes de drone MALE.

(Emmanuelle Stroesser)

reportage réalisé sur la base de Cognac en juin 2021

  1. Les Reaper sont armés depuis décembre 2019.

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Deux cadres de Daech neutralisés au Mali par Barkhane avec les Américains

Thu, 22/07/2021 - 17:30
(crédit : DICOD / EMA)

(B2) Les militaires français au Mali ont neutralisé « deux cadres » du groupe armé l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), affilié à Daech, annonce le ministère des Armées ce jeudi (22 juillet).

Dans la région de Menaka

Cette neutralisation suit une opération « déclenchée » par la force Barkahne « en coordination avec l’armée américaine » dans la nuit du mercredi au jeudi, « sur très court préavis », contre un camp de l’EIGS, dans la région de Ménaka au Mali. L’identité des deux responsables neutralisés lors de l’opération est « en cours de confirmation », précise le ministère.

L’élimination des cadres dirigeants de Daech : une stratégie

Ce n’est pas la première fois que l’armée française vise des hommes clés dirigeant l’EIGS. C’est même un des axes suivis depuis plusieurs et appelés encore à se renforcer selon la dernière annonce du président français Emmanuel Macron (lire : L’opération Barkhane reconfigurée sur trois piliers. La menace est au Sud, cap sur le Niger dit Emmanuel Macron)

(Aurélie Pugnet)

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Mirage 2000D. Enquête sur une avarie au-dessus du Mali

Thu, 22/07/2021 - 15:20

(B2) Une enquête va être initiée « pour préciser l’origine » de l’incident d’un Mirage 2000D dont l’équipage (un pilote et un officier navigateur système d’armes) s’est éjecté au-dessus d’une zone inhabitée de la région de Hombori, au Mali mardi (20.07), indique le ministère français des Armées. Un groupe de recherche et de combat (combat search and rescue) a évacué l’équipage, « dont l’un des membres a été légèrement blessé », vers la base de Gao. L’appareil participait à une « mission d’appui aérien au profit d’un Groupement tactique désert (GTD) dans la région de Hombori ». Il a dû subir une « avarie ». L’épave a été « localisée par la force Barkhane ».

(Agnès Faure, st.)

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Temps de travail. Halte au feu

Wed, 21/07/2021 - 17:15

(B2) C’est un véritable tir à boulets rouges auquel on assiste contre les juges européens et la directive sur le temps de travail. Avec des arguments, qui sonnent creux, voire sont carrément faux. Il importe de rétablir quelques faits

Forces spéciales en opération – un des cas exprès de dérogation au temps de travail (DICOD/EMA)

Une débauche de commentaires

L’arrêt rendu par la Cour de justice le 15 juillet a suscité une série de prises de position. L’ancien premier ministre Edouard Philippe (LR) y est allé de sa prose dans une tribune publiée dans le Monde. Le porte-parole des armées, Hervé Grandjean, a enchaîné dans les colonnes du Figaro. Une flambée vibrionnante, arguant de la défense de l’honorable patrie face à l’odieuse Europe, qui se retrouve aux limites de l’exactitude, en restant extrêmement gentil (1). A ce niveau là de responsabilité, le genre d’arguments utilisés est sidérant, tellement ils sont pour certains carrément faux. Dans tous les cas, ils témoignent d’une méconnaissance et d’un mépris certain pour la chose européenne.

Le droit, rien que le droit

La réalité est que la Cour n’a fait que son travail en appliquant le droit. Ce droit a été établi et décidé par les gouvernements. La directive, qui date de 1993, a été modifiée à plusieurs reprises (en 2000 et en 2003 notamment) sans que personne ne songe à insérer une exception pour toutes les forces armées.

Un distinguo secteurs / activités

La directive sur le temps de travail englobe en fait « tous les secteurs publics comme privés ». Il ne peut y avoir d’ambiguïté dessus. C’est inscrit en toutes lettres. Elle prévoit des exceptions pour certaines « activités » des forces armées (2). Ce qui implique deux choses : 1. les forces armées sont bien incluses dans le champ de la directive, 2. seules certaines activités des forces armées sont exemptées du respect de la directive. Elle prévoit une série de règles concrètes (cf. encadré).

De nombreuses exceptions

Plusieurs exceptions sont prévues soit pour des secteurs entiers (gens de mer, médecins, routiers…) qui sont tenus à d’autres règles, soit pour certaines professions (cadres, églises, travailleurs familiaux…), soit pour certaines activités (gardes de biens et personnes, ports, presse, etc.). Aucune exclusion ou dérogation n’a été mise au point pour les militaires ou les membres des forces armées (3).

Une interprétation favorable

En indiquant que les forces armées figurent bien dans le champ d’application de la directive, les juges européens jettent certes un pavé dans la mare. Mais ils ne font que dire expressément ce qui est prévu implicitement. Il ne pouvait en être autrement. Ils donnent ensuite une interprétation des activités non soumises à la directive, notamment les entraînements, les opérations, etc. Interprétation plutôt extensive puisqu’elle exclut du champ de la directive la majorité des actions militaires. Ce qui donne en réalité une marge de manœuvre assez large aux États membres.

Un déni continu

On peut s’en alarmer, être choqué. Mais pour qui suit les affaires sociales ce que disent les juges européens n’est pas une surprise. Cela fait plusieurs années que la Cour de justice tape du poing sur la table. On est dans une sorte de déni continu. Depuis plus de trente ans, la France — comme d’autres pays — feint d’ignorer l’application des règles européennes.

D’excuse en excuse

L’argumentation a varié au fil du temps. Au moment de la négociation de la directive du temps de travail — elle était de dire que : « Cela ne nous concerne pas ». L’article 346 (réserve de sécurité nationale) a été un temps invoqué. mais l’argument a très vite volé en éclat. Puis on a évoqué le fait que les militaires ne sont pas des travailleurs, ni des employés, ni des fonctionnaires. Argument français très spécifique, mais qui n’a aucune valeur au niveau européen en matière de règles impératives de santé. Tous ceux qui ont approché le droit social européen le savent. Du coup, aucune exception ou dérogation n’a été négociée et encore moins mise en place. Plus filous ou plus intelligents, les Britanniques avaient eux imposé un opt-out sur les questions sociales (ils s’abstenaient entièrement de participer).

Des dérogations possibles…

Il est tout à fait possible d’anticiper. Ce texte contient nombre de possibilités de dérogations. Il en est même truffé. Il suffit de les utiliser. Par exemple, il est possible de déroger aux règles pour les « activités caractérisées par la nécessité d’assurer la continuité du service ou de la production » ou « pour les activités caractérisées par la nécessité d’assurer la continuité du service ou de la production ». Le texte liste certes un certain nombre de secteurs (les sapeurs-pompiers par exemple), concernés par ce type de dérogation, sans mentionner les forces armées, mais la liste n’est pas exhaustive (le terme « notamment » en témoigne). Cette dérogation peut en outre être mise en œuvre par voie législative ou réglementaire. La France peut très bien établir sur le fondement de la directive une législation dérogatoire. Si elle ne l’a pas fait, elle ne doit pas incriminer l’Europe, mais s’en prendre à elle-même.

… jusqu’à la modification de la directive

Il est aussi possible de mettre en place une dérogation individuelle (opt-out) à la durée maximale du travail, voire de le mettre en vigueur par accord social (ce qui est délicat dans les forces armées, puisque cette forme de représentation n’est pas possible). Enfin, il est possible de réviser le texte de la directive européenne (4). Bref avec un peu d’ingéniosité juridique, il est tout à faire possible pour la France de respecter la directive en utilisant toutes les dérogations présentes. La Cour de justice européenne pourrait ainsi avoir un argument pour ne appliquer la directive. Cet arrêt est d’ailleurs quasiment un appel en ce sens. Inutile de crier au loup. Il vaut mieux agir concrètement.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. J’ai annoté les propos du porte-parole des armées. On peut y avoir au moins cinq ‘approximations’ (en étant gentils). En termes journalistiques ce sont des fausses informations, en termes politiques, c’est de la désinformation. Télécharger ici
  2. La directive distingue bien les secteurs, des activités menées au sein de ces secteurs. Un distinguo qui peut paraître complexe, mais traduit en fait la volonté de bien saisir tous les modèles européens très différents, et d’aboutir au final à une certaine égalité.
  3. Dans les années 1993-1994 (juste après la mise en place de la directive sur le temps de travail), la ministre actuelle des armées Florence Parly a été notamment cheffe du bureau de la protection sociale et de la sécurité sociale à la direction du budget. Même si elle n’avait pas dans son escarcelle la question de l’aménagement, elle ne pouvait en ignorer la teneur au moment de la mise en place de la loi quinquennale sur l’emploi (qui prévoit un dispositif d’aménagement/réduction du temps de travail) et la transposition de la directive.
  4. La Commission européenne publie tous les cinq ans un rapport d’application de la directive, pouvant aussi donner des pistes d’évolution. Le prochain rapport devrait être publié en 2022 (sous la présidence française).

Que prévoit la directive européenne ?

Cette directive, établie en 1993, révisée en 2000 et codifiée en 2003, ne prévoit qu’un certain nombre de règles succinctes. L’objectif est de préserver la santé des travailleurs en indiquant des limites ‘minimales’ (de repos) ou ‘maximales’ (de travail). Elle ne prévoit pas de durée moyenne du temps de travail. L’exemple donné des 35 heures est donc fallacieux. Cela ne ressort que de la législation française, et non pas européenne.

  • Un repos journalier minimal de 11 heures consécutives pour chaque période de 24 heures (art 3).
  • Un temps de pause lorsque le travail journalier est supérieur à 6 heures (modalités définies par conventions collectives, accords entre partenaires sociaux, législation).
  • Un repos hebdomadaire minimal de 24 h sans interruption par semaine. Avec dérogation si des conditions objectives, techniques ou d’organisation du travail le justifient. Calcul sur une période de référence de 14 jours. (art. 5). NB : Par dérogation à la limite hebdomadaire sur le temps de travail, il est en fait possible de travailler jusqu’à 78 heures par semaine (13 heures de travail par jour X six jours sur sept)
  • Une durée maximale moyenne de 48 heures de travail par semaine – y compris heures supplémentaires. Calcul sur une période de référence de 4 mois (art. 6).
  • La possibilité de déroger à cette limite de 48 heures maximale avec l’accord de l’employé (opt-out individuel), avec une obligation administrative légère (tenue de registres).
  • Un congé annuel payé minimal de 4 semaines (art. 7).
  • Une durée maximale quotidienne du travail de nuit : maximum 8 heures en moyenne par période de 24 heures (art. 8)

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Une armée qui perd sa singularité est une armée qui perd son efficacité (Général François Lecointre)

Tue, 20/07/2021 - 12:05

(B2) Après quatre ans de bons et loyaux services, le chef d’état-major des armées françaises François Lecointre quitte ses fonctions. Un homme qui l’art de la réflexion sur la position du militaire

(crédit : Assemblée nationale)
  • Le chef d’état-major des armées (CEMA), était devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale le 7 juillet 2021, autour d’un thème assez général : la place des armées dans la société française et la singularité militaire ». Un thème, qui lui a permis de développer ses idées personnelles. Non sans émotions.
  • François Lecointre aura vécu une période tourmentée. Il a dû d’abord rassurer les militaires après l’éviction à grand bruit par le président Macron de son prédécesseur, le général de Villiers. Il a dû ensuite affronter une période de Covid-19 qui n’a pas été évidente.
  • Enfin, il a dû gérer les tergiversations de l’exécutif sur la transformation/clôture de l’opération Barkhane au Sahel, et subir le feu de plusieurs tribunes de militaires au ton violent contre l’autorité de l’État. Ce qui était usant.

De l’art et de la discipline du militaire

De l’art militaire et de l’art d’une civilisation

L’art militaire a une singularité centrale selon le général Lecointre. « Une société s’élabore et se construit autour du fait militaire et autour de la relation à la violence et à la force. » « C’est à partir du moment où l’on peut commencer à distinguer un civil d’un militaire, à partir du moment où on peut dire à quelqu’un vous n’aurez plus en charge la mise en œuvre de cette force, car un autre ordre en a la charge, que peut commencer à naître une civilisation. » « Une distinction qu’on retrouve à l’ère médiévale entre les Oratores (ceux qui prient), les Laboratores (ceux qui travaillent), et les Bellatores (ceux qui font la guerre). »

Une très stricte discipline envers le politique

En France, la soumission au président de la République, chef des Armées, est revendiquée par le général Lecointre. « Notre honneur de soldat est d’obéir au politique, c’est une condition essentielle de la légitimité de l’action militaire ». Cette soumission a un corollaire : l’association très étroite du commandement militaire, à l’élaboration des décisions du pouvoir politique. Avec un point phare : l’éthique. Un soldat peut s’interroger sur la légitimité de l’acte qu’il doit accomplir.

Avec un corollaire : l’association étroite aux décisions

L’obéissance ne doit pas être aveugle mais intelligente, ce qui suppose une connaissance très fine du politique. Chaque échelon militaire doit garder une marge d’appréciation et de manœuvre, en ayant bien à l’esprit l’objectif final recherché. Le militaire doit donc pouvoir « contester, discuter l’ordre ». Mais une fois « l’ordre reçu », il doit être exécuté avec la « dernière des rigueurs ». Une discipline exigeante aussi pour le président de la République qui « doit savoir rentrer dans ce débat ».

Une éthique permanente

Donner la mort n’est pas facile. « Demander de transgresser ce tabou absolu est extrêmement complexe » et « nécessite une capacité à maîtriser cette violence » (1). Cela passe « par une éthique permanente qui est au cœur de la singularité militaire » dont la clé de voûte est de « donner la mort sur ordre, au risque de sa propre mort ». « Cela passe par une capacité à s’exposer soi-même au danger parce que je ne donnerai la mort qu’en sachant que je risque ma vie ».

Mourir pour son pays

Un soldat n’accepte pas « de mourir pour son pays », mais « de tuer pour son pays ». Une chose tellement difficile à faire « qu’en réalité il accepte le risque de sa propre mort et qu’en le mettant en avant il essaie de rétablir une symétrie déontologique entre la mort qu’il donne et la mort qu’il accepte de recevoir ».

Retrouver la singularité militaire

Une armée qui se civilise

En France, les armées ont été construites selon des logiques opérationnelles qui n’ont rien à voir avec les logiques civiles, pour permettre une réactivité et une montée en puissance rapide. Mais les politiques ont changé de stratégie après la Guerre froide. « Par mesure d’économie et de rentabilité, [on a] aligné l’organisation des armées sur celle du monde civil ; on a perdu cette organisation pyramidale, on a perdu la logique de stock ». « Cette civilianisation (2 est liée pour une part à une vision de stricte économie sans en mesurer les effets, en particulier en séparant les soutiens du commandement et des unités ». Il y a aussi une autre raison, « plus politique » : l’armée peut être vue comme dangereuse, « parce qu’elle serait une tentation de césarisme, et pourrait entraîner un exécutif trop fort », en écho à un « vieux débat entre républicains et monarchistes ».

Le danger de la banalisation

Or, « une armée qui perd sa singularité est une armée qui perd son efficacité ». Cette banalisation s’est faite « d’autant plus facilement » que l’armée est devenue « comme celle du Second Empire », une armée de « corps expéditionnaire ». Face aux menaces, « une armée qui n’est qu’une armée de corps expéditionnaire n’est pas capable de défendre son pays », alerte le général pour qui il faut « absolument » reconstituer cette singularité militaire « dans toutes ses dimensions ». NB : un point qui revient à plusieurs reprises dans son exposé.

La France a-t-elle la capacité d’être un acteur stratégique

Pour être un acteur stratégique, il faut « une vision, une volonté et des capacités ». La France « est un des seuls pays d’Europe – avec la Grande-Bretagne – à avoir une vision ». Elle repose sur « un ordre international multipolaire avec des relations de puissance qui sont équilibrées entre ses pôles et régulées par le droit international ». Dans cet environnement, « il faut plusieurs puissances et l’Europe doit être une de ces puissances ». La France a les « capacités d’exprimer cette volonté et d’élaborer cette vision », estime le général d’armée. Le Livre blanc, la revue stratégique et la loi de programmation militaire (LPM) sont des « exercices d’élaboration de cette vision ». « Nous avons une capacité à élaborer une vision dans le champ militaire, géopolitique et international qui est proprement stupéfiante et unique en Europe ».

Une prise de conscience européenne en cours

Pour faire grandir les capacités en Europe, « il faut s’appuyer sur la prise de conscience que commencent à avoir les Européens » en matière géopolitique. « Nous allons disparaître si nous ne basculons pas dans la deuxième phase de construction géopolitique de l’Union européenne ». Le général salue ainsi la prise de conscience progressive en Europe « des enjeux qui mettent en danger la sécurité européenne et sa prospérité ».

L’armée du futur

La question démographique

Les questions « environnementales et démographiques », en particulier, entraînent une « obligation » pour les Européens à aider les pays africains dans leur développement « dont dépend absolument notre sécurité ». Il ne faudrait pas que « le doublement de population d’ici 2040 ou 2050 se traduise par de mouvements de grande migrations mais au contraire par le développement de l’Afrique pour que les gens aient un avenir chez eux ».

Le futur : savoir monter en puissance au-delà de 260.000 hommes

« En réalité, les armées manquent de profondeur et d’épaisseur organique ». La LPM (loi de programmation militaire) actuelle « ne permet pas de faire une armée de masse importante [mais] elle permet de consolider un modèle complet, de restaurer les fonctions qui étaient en train de disparaître, de préserver des compétences ». Une fois que ce modèle a été « préservé, sauvegardé et modernisé », à l’horizon 2030, se posera la question de la montée en puissance : « En combien de temps et à quel prix je suis capable de passer d’une armée de 260.000 hommes à une capacité d’engagement au combat très supérieure ? ».

Une armée petite par rapport à la Chine et la Russie

« Nous sommes une armée puissante certes, mais par rapport à la Chine ou à la Russie, nous sommes une petite armée ». Cela devra passer par des alliances. « D’où l’intérêt de travailler avec les Européens à ce qu’on est capable de mettre sur pied pour regrouper nos efforts ». Ce qui inclut d’avoir une capacité de « coopération opérationnelle » et en matière de « normes industrielles et technologiques ».

(Agnès Faure, st., avec Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Il faut distinguer les forces de l’ordre « qui n’ont la possibilité de tuer qu’en situation de légitime défense, c’est-à-dire pour protéger une vie qui est agressée » — et les forces armées « qui ont cette obligation redoutable de mettre en œuvre la force de façon délibérée y compris jusqu’au point de tuer ». C’est inhérent à l’État de droit : « On ne peut le faire que lorsque la nation, son existence même, est en danger ».
  2. Ouverture des forces armées à la présence, voire l’ingérence de civils.

À écouter ici : le passage du général Lecointre devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale. Un véritable cours de philosophie militaire.

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Une attaque au camp d’EUTM Mali à Koulikoro

Mon, 19/07/2021 - 17:01

(B2) Trois inconnus ont ouvert le feu, dimanche (18 juillet) vers 6h du matin, à l’entrée du camp de formation de l’armée malienne de Koulikoro, base également des formateurs européens de la mission EUTM Mali. Les agresseurs ont « utilisé des armes à feu de poing » signale la mission. La sécurité du camp a alors « riposté ». « Les assaillants ont fini par s’enfuir. »

(NGV)

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Dans les coulisses de la task force Takuba (Ltt-Col. François)

Wed, 14/07/2021 - 16:12

(B2) Travail avec les Européens, coopération avec les Maliens, renseignement, planification, opérations… Le lieutenant-colonel François, issu des forces spéciales (un béret rouge), connait bien la task-force Takuba pour en avoir planifié la montée en puissance, puis l’avoir commandé en début d’année. Une parole rare mais d’or

Le lieutenant colonel François (en béret rouge au centre) défile, avec un groupe de militaires européens, en tête du défilé militaire ce 14 juillet. Les Estoniens sont reconnaissables à leur tenue plus claire et béret vert olive.

Comment est née l’idée de Takuba, de voir des forces spéciales européennes opérer ensemble au Sahel ?

— Tout simplement d’une forte appétence des pays européens à venir travailler au Sahel avec les forces spéciales françaises. Nous avons eu nombre de discussions informelles, dans des groupes de travail, des séminaires internes de l’OTAN, ou dans le cadre du salon Sofins… Nous avons parfois travaillé ensemble sur d’autres théâtres.

Une appétence ? C’est étonnant. Ce n’est pas l’impression qu’on a à l’extérieur ?

— Elle est présente. Je peux en témoigner. Le CPCO [Centre de planification et de conduite des opérations] reçoit des appels de quasiment tout le monde. Pour l’instant, l’appétence est même un peu plus forte que le besoin. On cherche plutôt à réguler la génération de force pour que tout le monde ne vienne pas en même temps et pouvoir durer dans le temps. [NB : les Suédois sont là jusqu’en 2022, il faudra les remplacer]

Comment expliquez-vous cet engouement ?

— D’un côté, d’un point de vue militaire, il y a une certaine confiance dans les forces spéciales françaises, dans notre réputation. Les Européens veulent découvrir un nouveau terrain, partager le savoir faire africain que nous avons acquis. Il y a le sentiment aussi de pouvoir améliorer leurs procédures, leurs connaissances. De l’autre côté, au niveau politique, la France a demandé aux pays européens de davantage s’engager. Et, côté européen, on sent une réelle inquiétude et une volonté de régler la situation au Sahel. C’est un peu à la rencontre entre ces convergences de volontés militaires et politiques que se situe cet engagement. Même si, parfois, le chemin peut être long entre l’appétence militaire et la décision politique finale.

La fin de l’engagement de l’Afghanistan a aussi aidé ?

— C’est vrai. La fin des opérations en Afghanistan, la réduction de voilure en Iraq libèrent des forces et les rendent disponibles.

Que proposez-vous de si spécifique par rapport aux autres engagements multinationaux de si intéressant pour eux ?

— Ils ne viennent pas s’intégrer dans une coalition existante, ils viennent chercher une coopération. Nous avons aussi une ouverture la plus complète possible à l’information et au renseignement. C’est très différent du renseignement des opérations multinationales [NB : les Américains partagent le renseignement de façon assez ouverte qu’avec le réseau des ‘Five Eyes’ (Royaume-Uni, Canada, Australie, etc.), mais de façon plus limitée ailleurs]. Tout ce qui est récolté au sein de la task-force Takuba est partagé immédiatement, entre nous, avec l’ensemble des partenaires. C’est un peu plus difficile et plus long pour déclassifier des renseignements classifiés français. C’est un défi pour nous. Mais on y arrive.

Il y a quand même de grosses différences par rapport à l’Afghanistan pour les Européens ?

— Ils découvrent une nouvelle culture. Avec les Afghans et Iraquiens, les rapports étaient, en quelque sorte, très professionnels. Ici, avec les Maliens, on est beaucoup plus intégrés avec les troupes locales. Il y a une proximité qu’il n’y avait pas en Afghanistan. On discute, on vit, on mange avec eux. C’est une grosse différence. Les Européens ont été un peu surpris, c’est vrai, au départ. Mais il se sont ouverts assez vite.

Comment arrivez-vous à travailler ensemble, alors que vous venez d’armées différentes ?

— Pas si différentes. Nos forces sont totalement interopérables, notamment grâce au travail réalisé au NSHQ, le quartier général des opérations spéciales de l’OTAN (1). Cela a une fonction normative sur nos capacités, nos compétences techniques (comme le guidage aérien, soutien médical, etc.). Tout cela — comme l’école des forces spéciales à Chièvres — nous a beaucoup aidé. Quand des Estoniens arrivent avec des Français, cela matche donc tout de suite. Il n’y a pas besoin de s’entraîner durant plusieurs semaines pour s’initier aux procédures. Nous avons les mêmes. Idem à l’état major. Les modalités de planification et de conduite sont assez semblables, dans l’esprit des forces spéciales, de bottom-up.

Qu’entendez-vous par bottom-up ?

— Ce n’est pas l’état major qui dicte, mais les task-group en commun avec leur ULRI malienne qui font remonter les propositions. À l’état-major ensuite de mettre cela en musique, de synchroniser, de vérifier.

Dans la pratique, cela donne ?

— Le ‘Com TG’ (commandant du task-group) a des contacts quotidiens avec les FAMA. Ils repèrent ensemble des zones d’intérêt. Par exemple, un lieu où on n’a pas été depuis longtemps, où il y a une opération civilo-militaire (Cimic) qui se déroule, ou si on veut reconnaitre un point donné, ou tout simplement si on a du renseignement…

D’où vient ce renseignement. Est-ce côté malien, de votre côté, du côté des Takuba ?

— Je resterai discret. Ce que je peux vous dire c’est que les Maliens ont des informations. Nous en avons également. Il y aussi des officiers européens sur le terrain chargés du recueil du renseignement, et de l’analyse et du traitement des informations à l’état-major…

… et on peut alors planifier ?

— Oui. De ce travail sort une zone où on peut opérer. De son côté, le ‘Com TF’ (commandant de la task-force) mène des contacts opérationnels avec des Maliens pour décider d’une opération. Les Takuba vont alors planifier une opération. Un Conops (concept d’opération) est mis au point, qui sera validé par les commandements et l’état-major de la task-force. Nous impliquons au maximum les Maliens. C’est leur territoire. Ils le connaissent bien. Et notre objectif n’est pas de planifier des opérations, mais que les Maliens soient en position de planifier eux-mêmes leurs opérations.

Du coup, vous êtes capables de réagir vite ?

— C’est la spécificité des forces spéciales : avoir beaucoup de souplesse, être capable de réagir vite, de changer rapidement de fusil d’épaule.

Comment se passe la coopération avec les Maliens ?

— C’est le même principe que pour la planification. L’approche de Takuba, ce sont des opérations des FAMA, où ils sont actifs. Le but n’est pas qu’ils jouent la partition dressée par nous ou de mener le combat à leur place. Le but est qu’ils fassent l’opération. On apprend ainsi aux ULRI (unités légères de reconnaissance et d’intervention) maliennes à rouler et éviter les IED (les engins explosifs improvisés) (2). On leur met les capacités qui les assurent et les réassurent [NB : soutien médical, appui feu, etc.]. Progressivement, au fur et à mesure qu’ils auront les capacités, on mettra de moins en moins d’accompagnement et soutien. J’en ai été le témoin. Au début des opérations, en cas de prise à partie, ce seront les forces spéciales qui règleront le problème rapidement, monteront à l’assaut concrètement. Mais, au bout de quelques mois, on fera un effort de ne pas monter à l’assaut — c’est un réel effort de ne pas s’engager je peux vous assurer — pour que les Maliens règlent le problème eux-mêmes. Cela progresse. En janvier, ce n’était pas le cas, maintenant ils y vont.

La nuit, le jour, …

— Il y a beaucoup de fantasmes sur les forces spéciales. C’est très simple en fait. On part au combat avec les Maliens, on les accompagne. On est peu dans l’inverse de l’action habituelle des forces spéciales, avec beaucoup de technicité. Ici c’est un travail de générosité, plus que de technique. Ce sont de petites équipes qui partent. On retrouve un peu l’esprit des colonnes de Stirling (3). Ces vieilles patrouilles de forces spéciales dans le désert, la chaleur, le sable, les camps qu’on monte dans la nuit. C’est un peu l’aventure. Avec des véhicules qui cassent, qui crèvent, où il faut attendre, se protéger, et attaquer. Et souvent improviser.

Quel est l’enjeu aujourd’hui pour la task-force. Faut-il grossir ?

— Pas automatiquement. Le volume [NB : environ 600 hommes] est le bon aujourd’hui. Ce qu’il nous faut davantage, ce sont des capacités. On l’oublie souvent. Mais dans une opération, il y a plus de la moitié de forces conventionnelles qui fournissent du soutien, de la protection, des capacités de Medevac. Aujourd’hui, on s’appuie essentiellement sur les capacités de Barkhane. Mais si celles-ci ne sont pas disponibles, on ne peut pas intervenir. L’accompagnement au combat [des FAMA] peut être assez limité en hommes. Mais nous avons toujours besoin de soutien, d’appui feu, de soutien médical. C’est vital. L’enjeu pour Takuba c’est donc de devenir autonome…

… cela commence avec les Italiens qui arrivent avec de grosses capacités ?

— Oui. Ils sont en cours de déploiement avec trois hélicoptères Chinook et 3 hélicoptères et du soutien médical. Ce qui est important. Sans moyens médicaux, d’Evasan (évacuation sanitaire), on ne monte pas une opération.

Vous avez aussi une QRF, une Quick Reaction Force, armée par les Suédois aujourd’hui. Elle est déjà sortie ?

— Elle a été engagée de nombreuses fois. Ce n’est pas juste une réaction en cas de coup dur. C’est une force d’intervention, qui peut aussi être utilisée de façon pré-planifiée, faire une intervention tactique, pour avoir un effet sur le terrain de plus grande ampleur. Très utile.

Comment travaille-t-on au jour le jour avec des Estoniens, Tchèques, Suédois, pas spécialement francophones ? en anglais en français ?

— Sur le terrain, la langue est le français. Celle que les Maliens parlent. À l’état-major, la langue de travail est l’anglais. Nos contributeurs européens ont cependant fait un effort pour mettre en formation en langue française leurs opérateurs, pour être à l’aise, avec les Français comme les Maliens. Sinon on a des traducteurs Anglais-Bambara, Anglais-Français, Français-Touareg, etc. A l’expérience, tout ça est assez fluide. On se débrouille. C’est le principe des forces spéciales.

(Propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Situé à Mons, au SHAPE, le quartier général alliés, il regroupe outre les pays membres de l’Alliance, la Finlande, la Suède et l’Autriche.
  2. Les ULRI équipées par France et Barkhane avec des véhicules et motos ont été conçues pour être plus souples et légères d’emploi, aussi mobiles que les groupes terroristes.
  3. Militaire britannique engagé dans les commandos de l’armée britannique au Moyen-Orient, David Stirling développe en 1941-42 le concept du SAS, le Special Air Service, avec de petites unités (de 25 hommes) opérant dans le désert, derrière les lignes allemandes ou italiennes, à bord de Jeeps, de façon autonome, afin de vaincre.

Entretien réalisé par téléphone le 13 juillet 2021

Pour prolonger cette conversation, voir le reportage sur LCP

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Une réunion des ministres sur la task-force Takuba

Wed, 14/07/2021 - 00:23

(B2) Les ministres de la défense ou leurs représentants de 26 pays ont participé à une réunion par vidéo-conférence ce mardi (13 juillet). Certains étaient déjà à Paris pour assister au défilé du 14 juillet qui verra les troupes de Takuba à l’honneur défiler en tête.

Objectif : « évaluer les derniers développements au Mali » et « aborder les questions de coopération dans le domaine de la sécurité, de la stabilité et de la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel ».

Les participants ont surtout « pris acte » du projet de transformation de l’engagement français au Sahel, annoncé vendredi dernier par le président français Emmanuel Macron. Ils « se sont engagés à rechercher le plus grand soutien international possible pour la stabilisation des pays du G5 Sahel et leurs programmes de lutte contre le terrorisme », rapporte l’un des participants.

La formation en ligne de mire

La future participation des alliés internationaux devrait « se concentrer sur la formation et le renforcement des capacités des forces armées nationales locales », à travers deux outils : la Task Force Takuba et la mission de formation de l’UE EUTM Mali. Enfin, ils ont adressé un message aux autorités maliennes pour qu’elles « suivent le calendrier électoral adopté lors du sommet de la CEDEAO en juin ».

26 pays participants

Étaient représentés à la réunion : des membres de l’UE (Allemagne, Belgique, République tchèque*, Chypre, Danemark*, Estonie*, France*, Grèce, Hongrie, Italie*, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Portugal*, Roumanie*, Slovaquie, Espagne, Suède*) ou proches (Royaume-Uni, Norvège, Serbie, Ukraine), deux Nord-Américains (Canada, États-Unis) et les deux pays africains les plus concernés (Mali, Niger).

(Nicolas Gros-Verheyde)

* Des pays qui contribuent directement sur le terrain ou devraient contribuer dans un avenir proche.

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La Norvège dans Takuba à l’automne. C’est officiel

Tue, 13/07/2021 - 21:03

(B2) Oslo va envoyer pour la première fois des troupes dans la task-force Takuba au Mali. Le gouvernement norvégien l’a confirmé ce mardi (13 juillet). Cette contribution consistera en un « petit nombre de soldats » qui seront incorporés dans la contribution suédoise. Deux officiers participeront également au quartier général de la task-force Takuba. Ils arriveront « au cours de l’automne » et resteront sur la même durée que les Suédois, en 2022. Cette contribution s’ajoute à celles des Estoniens, Tchèques et Suédois (déjà présents) et des Italiens (en cours de déploiement).

(NGV)

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Dernières nouvelles des missions et opérations de maintien de la paix de l’UE – PSDC (juin 2021)

Mon, 12/07/2021 - 16:03

(B2) La formation occupe une place prépondérante dans nombre de missions de l’Union européenne. Les circonstances dans lesquelles elle se déroule sont tout aussi variées, sous 45°C, sur terre, sur mer, en forêt, à Rome même… 

Lviv, Odesa, Kharkiv et Donetsk (Ukraine). Communiquer moins, mais mieux : le conseil fait à la police

La mission de conseil aux forces de sécurité intérieure ukrainiennes (EUAM Ukraine) s’était donnée deux ans pour améliorer la communication régionale de la Police nationale d’Ukraine (NPU). Le projet vient de se terminer. Des conseillers en communication de l’unité de communication stratégique (StratCom) de l’EUAM ont accompagné des équipes dans quatre régions du pays, en partant de l’analyse des pratiques, de conseils, formation et dons d’équipements pour faire évoluer ces pratiques. Une opération dont peuvent s’inspirer aujourd’hui les autres régions. Plus de détails ici

De nouveaux équipements (caméras, logiciels de montage, etc.) participent à l’amélioration de la communication (crédit : EUAM Ukraine)

Gao (Mali). Sur les terrains d’entraînement, le mercure ne descend jamais en dessous de 44°C…

Des visages « burinés et endurcis ». Ce sont ceux d’ex-combattants non gouvernementaux. Ils ont été dans des camps opposés lors de conflits passés. Ils sont depuis engagés dans le DDR comme on l’appelle, le processus « désarmement, démobilisation et réinsertion », ils ont été constitués en unités au sein des FAMA (les forces armées maliennes) et sont redéployés dans le Nord du pays. En juin, c’était au tour de la mission de l’UE de formation de l’armée malienne d’assurer la formation de 68 d’entre eux. La suite du reportage est à lire ici

(crédit : EUTM Mali)

Centrafrique. Formation sous escorte…

Fin juin, le vice amiral Hervé Bléjean, directeur de l’état-major militaire de l’UE, s’est déplacé à Bangui pour suivre, sur le terrain, les activités de formation de la mission d’entraînement militaire en République centrafricaine (EUTM RCA). Il a également assisté aux entraînements de l’EUTM (BIT7 et bataillon amphibie) en même temps que la presse.

(Crédits : EUTM RCA)
(Crédits : EUTM RCA)

Niamey (Niger). Bilan, perspectives et nouveauté !

C’est le 5e bilan, à mi-parcours, rendu par la mission d’appui aux forces de sécurité intérieure (EUCAP Sahel Niger) depuis son premier déploiement, en août 2012. L’occasion aussi de dresser les perspectives compte tenu des « nouvelles orientations » du partenariat entre le Niger et l’Union. La mission va développer son soutien au niveau stratégique auprès des ministères et des forces de sécurité intérieure. Plus de détails ici. La mission a débuté fin juin, une formation destinée au personnel des Eaux et Forêts. Une première ! Le motif ? Ce personnel participe bel et bien à la sécurité en contribuant à la protection de l’environnement, la lutte contre le braconnage, l’orpaillage illégal et la pollution des eaux. 

(crédit : EUCAP Sahel Niger)

Golfe d’Aden (Somalie). Le partage d’informations s’exerce aussi 

Les exercices en mer entre la Task Force 465 de la forme maritime européenne chargée de combattre la piraterie maritime (EUNAVFOR Somalia) et le navire Trikand de la marine indienne, mi juin, se sont complétés, sur terre, d’exercices entre les centres d’opérations maritimes de l’EUNAVFOR et de l’IFC-IOR Gurugram de la marine indienne. Au coeur de ces échanges, la plateforme de partage d’informations sur la région de l’océan Indien développée par le CRIMARIO, IORIS. Plus de détails ici

(crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Libye. Week-end à Rome 

La capitale italienne a servi de terrain pour un voyage d’étude de procureurs libyens, d’officiers du ministère des affaires étrangères et d’enquêteurs du CID. Ils ont pu y rencontrer le chef de la direction nationale italienne de lutte contre la mafia et le terrorisme ainsi que des procureurs et des enquêteurs. Une visite pensée et organisée par la mission d’assistance frontalière à la Libye (EUBAM Libya), dont le mandat vient d’être prolongé jusqu’au 30 juin 2023.

(crédit : EUBAM Libya)

Iraq. Préparatifs électoraux

La mission d’observation de l’UE en Iraq (EUAM Iraq) a participé à plusieurs rencontres en juin avec le ministère de l’Intérieur et la mission exploratoire du Service européen d’action extérieure (SEAE) pour discuter de la sécurité des élections nationales iraquiennes prévues en octobre 2021. Cet engagement dans la sécurité des élections est d’autant « plus pertinent » que Bruxelles a depuis annoncé le déploiement d’une mission d’observation de l’UE en Iraq de ce prochain scrutin. 

(informations recueillies par Emmanuelle Stroesser)

NB : Pour tout connaître des dernières évolutions de la politique de défense européenne, n’hésitez pas à vous procurer la nouvelle ‘boîte à outils’ de la défense européenne, qui vient de paraître, ainsi que notre ouvrage de référence sur la PSDC

Lire aussi sur le B2 Pro (parus en juin) :

Et sur le blog : 

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L’opération Barkhane reconfigurée sur trois piliers. La menace est au Sud, cap sur le Niger dit Emmanuel Macron

Sun, 11/07/2021 - 16:15

(B2) Réduction de l’emprise militaire et de l’efectif sur place, réorientation des efforts vers la menace au Sud et à l’Ouest, recentralisation du commandement au Niger… Voici quelques unes des pistes présentées par Emmanuel Macron vendredi (9 juillet). Trois missions sont fixées dans l’après Barkhane : neutraliser les terroristes, accompagner la montée en puissance des forces du G5 Sahel et réaction rapide en cas de menace

Emmanuel Macron présentant les détails de la reconfiguration de Barkhane à la fin de la réunion du G5 Sahel (Flux Elysée – Sélection B2)
  • Ces annonces ont eu lieu à la fin d’une réunion du G5 Sahel en format hybride (à moitié par vidéo-conférence) et en présentiel, le président nigérien étant seul présent aux côtés du président français à l’Élysée.
  • Le président français vient ainsi détailler les annonces faites fin juin. Les raisons de ce dégengagement sont multiples et ne résument pas juste à une évolution de la menace (lire : Le Barkhane Exit de Emmanuel Macron. Sauve-qui-peut opérationnel ou raisonnement politique ?)

Objectif : fermer Barkhane

On ne se cache plus devant une terminologie plus floue, tels le mot ‘transformation’. L’objectif présidentiel est clair : « l’opération Barkhane sera fermée », dès que la réorganisation — le « cheminement » dans le langage présidentiel — sera « accompli[e]. »

Aller vite

Après avoir longtemps hésité à acter un changement de pied pour Barkhane, Emmanuel Macron ne veut désormais plus traîner. Cette volonté d’aller vite revient à plusieurs reprises dans le propos présidentiel. Il faut« sans plus attendre », entamer ce redéploiement, profitant du « reflux de l’emprise terroriste » dans le Nord du Mali et de la « stabilisation de la zone frontière ». Le nouveau dispositif au Niger sera mis en œuvre « dans les prochains mois ». La « reconfiguration » de l’opération Barkhane va débuter « dès les prochaines semaines ». Elle devrait ainsi être achevée courant 2022, si on en croit les éléments mentionnés, juste à temps avant la période électorale en France.

Le retrait du Nord Mali

La France va ainsi réduire ses emprises militaires au nord du Mali, de façon « progressive » mais assez rapide. Kidal, Tessalit, Tombouctou vont ainsi être « dégraffées » (selon la terminologie officielle). « Ces fermetures s’étaleront sur le second semestre 2021 et seront achevés d’ici le début de l’année 2022. » NB : Le terrain devrait être laissé aux Casques bleus de la MINUSMA et aux forces maliennes.

Une réduction du format des troupes

A terme, il y aura entre 2500 et 3000 forces sur place (à comparer aux plus de 5000 aujourd’hui) qui seront moins éparpillées sur le terrain, mais concentrées sur quelques points essentiels : Niamey (Niger) et Gao et Ménaka (Mali), auxquels il faut ajouter la base historique dans la région : N’Djamena (Tchad – sur la base aérienne 172 Camp Kossei).

Relocaliser le commandement au Niger

Le commandement central de la Task Force Takuba et le commandement de la coordination entre Takuba et les dispositifs des forces conjointes du G5 Sahel déménage. Actuellement à Gao et N’Djamena, ils vont être relocalisés à Niamey. Avec les forces aériennes, le pôle ‘Niamey’ va être « très fortement musclé » confirme le président. La France reste « engagée au Sahel ». Même si elle « n’a pas vocation, encore moins la volonté, de rester engagée éternellement au Sahel » affirme Emmanuel Macron.

Les trois éléments de la présence

La présence militaire va s’articuler autour de trois missions (et non pas deux comme indiqué) qui ont toutes trois pour objectif la « lutte contre le terrorisme ».

Premier axe : « poursuivre la neutralisation et la désorganisation » du commandement des deux organisations « ennemies » : Etat islamique au Grand Sahara et Al Qaida. Elle sera essentiellement assurée par la Task Force Sabre, composée des forces spéciales françaises et d’autres éléments de soutien.

Deuxième axe : « l’appui à la montée en puissance des armées de la région ». Cette « dimension partenariale de combat » avec l’accompagnement des partenaires africains lors « des opérations communes » sera menée par la Task Force Takuba qui aura « donc [aussi] donc une mission de lutte contre le terrorisme », mais aussi par des actions de formation bilatérales et via la mission européenne EUTM Mali.

Troisième axe : la réaction rapide (ou « réassurance » dans la terminologie présidentielle). Les forces françaises resteront « en permanence en mesure d’intervenir rapidement au profit des forces alliées ou partenaires », à partir de plusieurs pôles : Niger, Mali et Tchad (pour le Sahel) ainsi que la Côte d’Ivoire (qui n’est pas expressément mentionnée, mais figure bel et bien dans le dispositif).

La task-force Takuba en pôle position

La task-force Takuba monte en puissance, au moins au plan politique. Elle s’est vue reconnaitre un rôle à part entière dans les dernières conclusions du Conseil européen (1) comme dans le mandat de la Minusma (2). La France reste la « nation cadre » de cette force, y apportant une « contribution significative ». Mais Paris espère bien agréger de nouvelles composantes. « Nous avons sollicité plusieurs autres partenaires non-européens et nous sollicitons sur des missions d’appui des partenaires africains » explique le dirigeant français. Les USA devraient occuper une place de choix dans cette coopération. Le fait que la ministre française des Armées, Florence Parly, vient tout juste de signer à Washington un mémorandum pour la coopération entre les forces spéciales ne tient pas du hasard.

NB : trois pays participent déjà concrètement à la mission (Estonie, Tchéquie, Suède) rejoint par l’Italie. Ils devraient être suivi en fin d’année par la Roumanie et la Portugal et, début 2022 par le Danemark, et (peut-être) les Lituaniens.

Renforcer la partie coopération-formation

Cette dimension s’appuiera sur deux éléments principaux : le dispositif français de « partenariat militaire opérationnel » déjà existant à « l’échelle régionale de l’Afrique de l’Ouest » (la coopération bilatérale) ; et la mission européenne de formation EUTM Mali. Deux objectifs sont fixés par la France à ce partenariat : « la préparation à l’engagement opérationnel, et la construction des outils de défense capables de former, d’entraîner et de gérer dans la durée les soldats, d’entretenir les matériels, d’acquérir aussi des compétences ».

Avec la mission EUTM Mali en pôle central sur le Sahel

La transformation est déjà engagée pour les Européens puisque le mandat V de la mission EUTM Mali, décidé il y a plus d’un an au niveau européen (en mars 2020 !) vise à augmenter ses effectifs et étendre son action dans trois directions : le Centre du Mali, le Burkina-Faso et le Niger. La crise sanitaire et le premier coup d’État d’août 2020 ont un peu retardé la mise en place de cette évolution. Mais elle est déjà engagée. Le général espagnol Gracia Herreiz nous l’a confirmé dans une interview exclusive.

Mes six mois à la tête d’EUTM Mali. Le général Gracia Herreiz se confie

La réassurance des forces locales sur trois pôles géographiques

La France devrait maintenir un dispositif de réaction assez conséquent : des « capacités aériennes » basées au Niger (base aérienne projetée de Niamey avec drones Reaper notamment et avions de chasse) ; certaines capacités de soutien basées au Mali — soutien « santé » (hôpital Rôle 2 de Gao), « aéromobilité » (hélicoptères de transport et d’attaque) et « force de réaction rapide » ; une « présence aérienne et terrestre significative » basée à N’Djamena au Tchad (groupement terre et groupement ‘Air’). Les militaires français (basés près de l’aéroport au camp Kossei) devrait garder leur fonction première de « coopération avec les forces armées tchadiennes » (aide renseignement, défense territoire, etc.). A ceux-là, il faut ajouter les éléments français en Côte d’Ivoire, sur la zone Afrique de l’Ouest.

Un changement de focus vers le Niger

Le changement de focus, davantage porté vers le Niger, est net. Une « feuille de route » va être établie « dans une semaine » pour accroitre le rôle au Niger et développer « un partenariat de combat et de lutte contre le terrorisme ». Cette évolution répond à une nécessité politique tout comme militaire.

Un ilot démocratique

Avec le Tchad et un Mali dirigés vers des gouvernements militaires de ‘transition’ issus d’un coup de force ou d’un coup d’État, et par conséquent instables, le Niger demeure un ilot démocratique et stable. Même s’il reste fragile et sujet à des raids des djihadistes, hors zone de ‘conflit’ au sens politique du terme. Il est donc plus facile de s’y engager pour la plupart des pays européens. Il peut permettre ainsi un déploiement d’avions de soutien ou d’officiers au quartier général sans approbation formelle du parlement pour les pays soumis à cette procédure (ex. Allemagne ou Pays-Bas).

Une coopération militaire déjà entamée par plusieurs pays européens

Au plan militaire, les Italiens, comme les Allemands ou les Belges ont déjà entamé des coopérations bilatérales avec l’armée nigérienne. Ajouté à cela la présence américaine, en fait, tout milite aujourd’hui pour faire du Niger le centre de l’activité militaire européenne. Ce changement a été déjà été illustré par l’opération ‘Soltice’ menés par les Takuba en juin avec les forces nigériennes, au Niger (le leurre du terme ‘Liptako malo-nigérien’ utilisé dans la communication officielle vole ainsi en éclat).

Les raisons avancées de ce changement

Les ‘succès’ engrangés

Emmanuel Macron justifie essentiellement ce changement par deux raisons. Premièrement, les « succès » engrangés dans la zone des trois frontières — « le projet d’enracinement territorial a été entravé, empêché par la concentration des efforts et des forces » décidée lors du sommet de Pau. « Nous avons pu tous ensemble reprendre le contrôle de ces territoires ».

… et le pivot terroriste vers l’Afrique de l’Ouest

Deuxième cause : « l’évolution de la nature de la menace » qui se diffuse davantage vers le « Sud » et l’Ouest. Un véritable « pivot » des organisations terroristes est en train de s’effectuer. Le schéma actuel de la présence française « ne correspond plus ni à la géographie, ni [à] la menace ». « Nos adversaires ont aujourd’hui délaissé une ambition territoriale au profit d’un projet de dissémination de la menace » qui ne concerne « plus seulement le Sahel mais « l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest ». Un « changement de paradigme » qui s’illustre dans « la pression [exercée] par les groupes terroristes dans les zones se situant à la frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ». La pression vers « l’ensemble des pays du golfe de Guinée est d’ores et déjà une réalité ».

La menace vers l’Europe évacuée

On peut remarquer que la menace vers l’Europe, qui a été un temps évoqué comme une justification de la présence française, n’est pas mentionné, sauf de façon indirecte. En revanche, est mise en avant la solidarité européenne et africaine. « Les attaques que nous avons vécues sur notre territoire nous enseignent que ce combat est aussi le nôtre, nous, Français et Européens. C’est pour cette raison que nous le menons à vos côtés. »

Le rôle des Européens mis en avant

De la même façon, sauf de façon sibylline, la situation politique complexe au Mali ou au Tchad, est évacuée. En revanche, Emmanuel Macron invoque plusieurs fois l’Europe ou les Européens, dans son propos (à cinq moments j’ai compté), comme s’il entendait démontrer que cette présence n’était plus française mais européenne.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Sur les motifs de ce retrait, lire notre analyse : Le Barkhane Exit de Emmanuel Macron. Sauve-qui-peut opérationnel ou raisonnement politique ? Pour découvrir un peu ce que font les ‘Takuba’ dans la formation et l’accompagnement des #FAMA maliennes dimanche sur LCP à 19h30 dans le Journal de la défense. Lire aussi notre analyse (janvier 2021) : Les multiples contradictions de l’opération Barkhane et de l’engagement français au Sahel

  1. « L’UE et ses États membres continueront de soutenir la stabilisation des pays du G5 Sahel, en particulier la Force conjointe du G5 Sahel, par la poursuite des missions PSDC de l’UE et de l’engagement au sein de la task force Takuba. » (point 38 des conclusions du Conseil européen du 24 et 25 juin 2021.
  2. La résolution 2584 approuvée le 29 juin par le Conseil de sécurité des Nations Unies insiste en particulier sur « La coordination, l’échange d’informations et, selon qu’il convient, l’appui opérationnel et logistique entre la MINUSMA, les Forces de défense et de sécurité maliennes, la Force conjointe du G5 Sahel, les forces françaises et les partenaires européens, dont le groupement de forces Takuba et les missions de l’Union européenne au Mali ». Et elle demande au secrétaire général de faire rapport tous les trois mois sur cette question.

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EUTM Mozambique : une nouvelle mission pour les Européens

Fri, 09/07/2021 - 18:55

(B2 – exclusif) Les Européens vont donner lundi (12 juillet) leur feu vert au lancement d’une nouvelle mission de formation militaire, la quatrième EUTM en Afrique. Une mission dirigée par les Portugais. La France participera de façon ‘mesurée’

Les fusiliers marins portugais, une des unités d’élite de l’armée portugaise, pourraient venir former leurs homologues mozambicains (Armée portugaise)

Un feu vert politique

La décision va être adoptée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères. Mais, sans débat, dans ce qu’on appelle la partie des ‘points A’. Elle a, en effet, été préparée bien en amont, entre les États membres, l’état-major de l’UE et le service diplomatique européen, au sein des différents groupes de travail et avalisée lors de la réunion des ambassadeurs du COPS (comité politique et de sécurité) puis du COREPER (représentants permanents).

Deux décisions en une

En fait, il n’y a pas un texte, mais deux qui sont adoptés. L’une est une décision qui cadre la mission au point de vue politique (objectif, tâches, durée, chaine de commandement, budget). Un document public, qui sera publié au journal officiel dans toutes les langues officielles. L’autre document — le concept de gestion de crises (ou CMC dans le jargon) —, est plus technique et ne sera pas rendu public. Il décrit de façon plus précise les tâches à accomplir, les moyens développés sur place, comme le contexte (mozambicain, international, etc.). Il sera suivi de plusieurs autres documents de planification militaire (comme un plan de mission, les règles d’engagement, etc.) qui sont déjà en cours d’écriture.

Une mission de formation qui s’insère dans d’autres actions

Comme toutes les autres « EU Training Mission« , EUTM Mozambique n’aura pas de mandat exécutif. Elle n’aura pas vocation ainsi à imposer ou rétablir la paix, mais juste à former les forces armées de défense du Mozambique (FADM), ou plutôt une partie d’entre elles. EUTM n’est qu’un pan de l’action européenne qui comprend de l’action humanitaire dans le Nord du Mozambique, mais aussi du soutien en équipements aux FADM, non létaux (par exemple des véhicules, des radios, etc.).

Un État existant et une armée déjà constituée

Cette EUTM est cependant différente des autres déployées entre la Corne de l’Afrique et le Sahel. Il ne s’agit plus d’intervenir dans un État failli (Somalie) ou quasi-failli (Centrafrique, Mali) où l’armée est en lambeaux, mais dans un État assez structuré, avec une armée qui manque de capacités certes, mais existe bel et bien. Les Européens auront donc une seule tâche : former plusieurs compagnies de forces spéciales, pour arriver à terme à constituer une Quick Reaction force.

Une présence en milieu protégé

La mission européenne intervient aussi pour la première fois dans la partie australe de l’Afrique, dans une zone, a priori, calme. La mission européenne de formation ne sera pas en effet basée à proximité du Cabo Delgado, réputée dangereuse, où les rebelles et djihadistes agissent, mais très loin dans les casernes mozambicaines des forces spéciales et des fusiliers marins, près de Maputo (la capitale).

Un format réduit, essentiellement fourni par les Portugais

Le format de la mission sera plutôt réduit : environ 120 personnes, dont près de deux tiers devraient être fournis par les Portugais, d’après nos informations. Des Portugais déjà présents dans le cadre d’une formation bilatérale. La mission sera d’ailleurs dirigée par un officier portugais expérimenté, le général de brigade Nuno de Lemos Pires.

https://club.bruxelles2.eu/2021/06/un-general-portugais-a-la-tete-deutm-mozambique/

Une contribution française par les FAZSOI

Les Français ne devraient pas fournir beaucoup de personnel. Du moins en l’état des forces. Un ou deux officiers devraient être présents au Mozambique dans l’état-major de la mission. Mais les forces françaises de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI), basées à la Réunion ou Mayotte, pourraient venir faire des formations ponctuelles et ciblées (par exemple entrainement au tir ou maritime), dans le cadre de détachements d’instruction opérationnelle (DIO). Une participation qui pourrait augmenter avec le temps (1). Une destination qui n’est pas totalement inconnue pour les FAZSOI, qui sont déjà intervenues au profit des forces mozambicaines, mais surtout en mer.

Démarrage opérationnel de la mission : entre fin septembre et fin octobre. Si tout va bien…

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. L’engagement français pourrait être assez réciproque de l’engagement portugais dans Takuba, d’après notre compréhension des discussions entre Paris et Lisbonne. Si le Portugal fournit ce que demande la France au Sahel (des unités sur le terrain, et non pas uniquement quelques officiers d’état-major), la France s’engagerait davantage au Mozambique. Un échange de bons procédés que personne ne nous a expressément confirmé, mais qui n’a pas été démenti énergétiquement…

D’autres détails ici (sur B2 Pro) :

https://club.bruxelles2.eu/2021/07/ou-quand-comment-les-points-cles-de-la-future-mission-de-formation-de-lue-au-mozambique-eutm/

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Le Parlement européen prévient. La présidence slovène va être surveillée de près sur le respect des valeurs

Wed, 07/07/2021 - 11:05
Sophie In’t Veld remet à Janez Jansa le questionnaire du groupe Démocratie auquel le premier ministre n’a toujours pas répondu depuis mars (crédit : PE)

Le premier ministre slovène, Janez Jansa, présentait mardi matin, 6 juillet, au Parlement européen, les priorités de sa présidence du Conseil de l’UE pour les six mois à venir. L’exercice rituel à chaque nouvelle présidence a viré cette fois à un jeu de ping-pong autour des valeurs de l’Union européenne. Les députés européens prenant l’ascendant de la présidente de la Commission européenne dans la virulence des accusations et mises en garde concernant le pluralisme des médias et l’indépendance de la justice notamment. À l’exception notable du groupe des droites nationalistes d’Identité et démocratie (ID) qui « salue la position courageuse contre la relocalisation des migrants » et des conservateurs du groupe ECR.

La question du Parquet européen

La première attaque est signée du PPE, le groupe auquel appartient le parti du Slovène. L’Allemand Manfred Weber (CSU) d’emblée aborde l’état de droit et le fait que la Slovénie soit le dernier État membre à ne pas avoir nommé de procureur délégué au Parquet européen, en charge d’enquêter sur les infractions portant atteinte au budget européen (fraude, corruption). « Le plus urgent, c’est de créer ce parquet européen pour pouvoir commencer à travailler. Nommez sans attendre un représentant à cet égard ! » Mais il relativise au passage la critique en pointant du doigt que tous les États peuvent avoir à l’heure actuelle des faiblesses, comme le Danemark et sa législation sur le droit d’asile. « Ils ont aboli le droit d’asile tout simplement ! Imaginez si une telle décision avait été prise en Hongrie ou Slovénie » fait-il remarquer à l’adresse de ses collègues cette fois.

Sommations

L’attaque est plus directe et virulente de la part du groupe Renew. « Vous voulez faire partie d’un sinistre club qui ne supporte pas le pluralisme des médias, l’indépendance judiciaire et ne respecte pas les droits LGBT. La corruption et la fraude font partie de ce club. Vous parlez mais n’agissez pas », lâche le Néerlandais Malik Azmani (VVD), vice-président du groupe. Les sommations s’enchaînent : « arrêtez de harceler les journalistes et les juges, de nommer vos amis juges et forces de police », « nommez les délégués au parquet européen ». Le Français Stéphane Séjourné (LREM) n’est pas plus tendre, mais ouvre une porte : « Je distingue les priorités constructives et la situation politique d’un pays qui se revendique de plus en plus ouvertement illibéral. Et nous sommes inquiets. Inquiet de la campagne de haine contre les journalistes, relayée par le gouvernement. (…) Il faut donner des preuves. Nous vous soutiendrons sur le fond, et serons vigilants sur les valeurs européennes ».

Surnommé ‘maréchal Twitto’

Le ton des échanges est resté aigre-doux tout au long de la matinée entre les députés européens et le premier ministre. « Trump n’était pas un modèle mais doit être un avertissement, quand on est appelé à exercer la présidence de l’Union européenne on ne doit pas suivre cet exemple » raille Martin Schirdewan, co-président du groupe de la gauche radicale (GUE), faisant référence aux tweets ravageurs dont le premier ministre slovène est coutumier, d’où son surnom de ‘maréchal Twitto’, et à son admiration de l’ancien président américain.

Pique…

Jusque là stoïque et impassible, Janez Janša est sorti de sa réserve en fin de matinée. Comme piqué au vif par la dernière banderille plantée par la Néerlandaise Sophia In’t Veld (D66). L’eurodéputée, à la tête du groupe de suivi de l’État de droit au sein de la commission des libertés publiques (LIBE) du Parlement européen, s’est avancée jusqu’à son fauteuil pour lui remettre une copie du questionnaire préparé pour une audition (lire Carnet 08.07 à venir), prévue en mars dernier, mais interrompue par le premier ministre slovène, pour de soi-disant problèmes techniques. « Nous vous avions posé des questions sur la situation en Slovénie, mais nous n’avons pas reçu de réponses alors je vous apporte une copie papier… ». Le premier ministre ne tend pas la main, laissant les feuilles A4 se déposer d’elles-mêmes sur sa tablette. À peine fait-il un signe de tête.

et réplique

La réponse arrive quelques minutes plus tard. Lors de son dernier tour de réponses aux commentaires, questions et propos des dizaines de députés qui se sont succédés ce matin au micro. La réplique est brève. Le ton reste austère, sans ébauche de sourire ni de gestuelle. « Vous avez parlé de liberté de médias mais le dernière journaliste qui a été mis en prison pour ce qu’il a écrit est devant vous ! Aujourd’hui, il n’y a aucune répression contre les journalistes ! » Sur le fond des critiques, le premier ministre argumente à peine. Il assure de son attachement aux valeurs européennes et de l’État de droit, « sans état de droit il n’y a pas d’Union européenne, c’est évident » explique-t-il quelques minutes plus tard en conférence de presse. « Il y a 400 prisonniers politiques qui meurent en Biélorussie et ont besoin de notre soutien, il y a beaucoup de problèmes plus importants que ceux sur lesquels on perd du temps maintenant ».

(Emmanuelle Stroesser)

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Opération Solstice contre l’EIGS. Takuba entame sa coopération avec les Nigériens

Tue, 06/07/2021 - 10:30
Des moyens héliportés ont concouru à l’opération Solstice (DICOD / Etat-major des armées)

(B2) Plusieurs cadres de l’État islamique au Grand Sahara ont été neutralisés lors d’une intervention menée par Barkhane, Takuba et les Nigériens courant juin. Deux cadres de l’EIGS ont été arrêtés. L’organisation terroriste est affaiblie dit la ministre des Armées. Les Européens débutent leur coopération avec les forces nigériennes

L’opération Solstice : 1200 militaires engagés

Des Français, des Nigériens et des Européens

Dénommée ‘Solstice’, cette opération a été menée du 6 au 20 juin entre Niger et Mali associant Français, Européens et Nigériens. De l’aveu même du ministère « la frontière reste floue » dans cet endroit. Près de 300 militaires français et européens ainsi que 800 Nigériens ont été déployés « entre Ouallam au Niger et Ménaka au Mali, pour traquer les groupes armés terroristes dans leur sanctuaire, autour des villages d’Akabar, de Tabankort et d’In Araban » indique-t-on à l’état-major des Armées. Durant toute l’opération, ils ont été appuyés au niveau aérien par des avions « Mirage 2000, des hélicoptères Tigre, des drones armés ». Cette opération a été coordonnée à partir d’un poste de commandement colocalisé avec celui de l’armée nigérienne à Ouallam.

Suédois et Tchèques engagés, aux côtés des Nigériens

Selon nos informations, du côté européen sont intervenus des Tchèques et des Suédois de la task-force Takuba. Les Européens sont cependant intervenus « sans les Maliens des ULRI » qu’ils encadrent d’habitude, conformément à la suspension de coopération opérationnelle décidée par l’Élysée, a précisé à B2 une source officielle. Une association qui n’est pas fortuite. Cela permet « d’initier la coopération opérationnelle avec les forces armées nigériennes, appelée à se renforcer dans les mois et les années à venir ». NB : c’est apparemment lors de cette opération que des Tchèques ont été victimes d’un IED. Pas de blessés

Des combats violents

Les combats au sol ont été « violents » de l’aveu même de l’état-major. Un soldat nigérien est décédé. Tandis que trois soldats français et un soldat nigérien ont été blessés. Ils ont été rapidement évacués par hélicoptère vers les antennes chirurgicales militaires de Ménaka et de Gao. Ce qui a permis de « sauver leur vie ».

Des matériels saisis

La saisie de nombreuses ressources : treize motos, près de trente armes légères d’infanterie, une cinquantaine d’appareils de communication ou encore du matériel entrant dans la confection d’engins explosifs.

L’EIGS désorganisé

Des cadres de l’EIGS, l’État islamique au Grand Sahara, ont été atteints dans cette opération.

Six hommes neutralisés

L’opération a permis de « neutraliser » (tuer), six adversaires, notamment un des cadres de l’EIGS, réputé « proche de l’émir » de l’EIGS (Walid al-Sahaouiri), selon la ministre française des Armées Florence Parly qui a révélé l’information aux journalistes de l’AJD (dont fait partie B2) : Almahmoud Al Baye (alias Ikaray), « chef du groupe de combattants de Ménaka ».

… et deux autres arrêtés

Point plus notable, l’opération a aussi permis la capture de « deux lieutenants de l’émir de l’EIGS » : Daddi Ould Shouaib, plus connu sous son diminutif de combat Abou Dardar, et Sidi Ould Ahmed Mohamed, alias Katab el Mauritani. Une arrestation « dont on attend beaucoup en termes de renseignements », souligne Florence Parly, qui s’est cependant refusé à indiquer si les deux prisonniers avaient été, ou non, remis aux autorités maliennes.

NB : Selon l’accord avec les Maliens, toute personne arrêtée par Barkhane ou les Européens de Takuba, doit ensuite être transférée aux autorités maliennes pour être jugée et incarcérée (lire : Le statut des forces dans Takuba. Le texte du SOFA conclu entre Paris, Bamako et les partenaires européens). Mais le délai n’est pas exactement précisé.

L’EIGS gravement atteint

A cela il faut ajouter le fait que le numéro 2 de l’EIGS Abdel Akim, un proche al-Sahaouiri, « très médiatique, connu pour son application extrêmement stricte de la Charia auprès des populations locales » et sa cruauté « égorgeant lui-même ses victimes », serait « mort en mai dans des circonstances non connues et qui restent à élucider ». Paris n’indique pas « être à l’origine » de cette mort. L’EIGS, organisation proclamée ennemi numéro 1 par les Français, a été « gravement affaibli ces derniers mois » s’est réjoui Florence Parly. « Les opérations menées ont été utiles et efficaces. J’espère que ces coups vont désorganiser l’organisation. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Les forces armées nigériennes étaient « employées de multiples manières » indique l’état-major des armées. Elles ont mené « en autonomie des opérations dans le centre et le sud-est de la zone d’opération ». Des troupes nigériennes faisant preuve d’une « grande valeur combattante » ont également été intégrées au sein d’un Sous-groupement tactique désert (SGTD) et du Groupement commando (GC) de la Force Barkhane.

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Excursion au sommet pour Borrell et Jansa, pour le fun, les photos… et la politique

Mon, 05/07/2021 - 18:28

(B2) Alors que dans la vallée, la polémique enflait entre la Commission européenne et la présidence slovène de l’UE, le premier ministre slovène, Janez Jansa, a emmené le Haut représentant de l’UE, Josep Borrell en balade dans les montagnes slovènes

J. Borrell, U. Bacovnik (la femme de J. Jansa) et J. Jansa (crédit : twitter Jansa)

La randonnée en montagne

Josep Borrell durant la montée dans les passages pierreux (crédit : twitter Jansa)

Objectif : le plateau de Kredarica et le refuge Triglavski. Une montée assez exigeante, sur un chemin aménagé et balisé, avec des phases rocheuses, de type via Ferrata, cotée T2 à T4 dans les topos de montagne (selon l’endroit d’où l’on part). Le premier ministre slovène aime ces randonnées en montagne. Son dernier invité de marque : Josep Borrell, le Haut représentant de l’UE. Le tout documenté par de nombreuses photos diffusées par le compte twitter du slovène. Une habitude. En septembre dernier, il avait ainsi convié son homologue autrichien Sebastian Kurz à venir crapahuter en montagne, comme le raconte le site d’actualité slovène siol.net.

Une discussion très politique

La rencontre entre les deux hommes, l’un socialiste, l’autre passé dans les rangs conservateurs, apparemment sympathique d’après les images diffusées par le Slovène, peut paraitre surprenante. Mais elle a plusieurs fondements très réels. Les deux hommes ont un riche passé politique et peuvent se dire certaines choses. Le vice-président de la Commission européenne était, là, certainement pour faire passer un message, amadouer un peu Janez Jansa le temps de la présidence slovène. Mais il y avait aussi nombre de sujets diplomatiques à évoquer, à commencer par les Balkans. Le chef de la diplomatie européenne tient aussi à éviter toute politique parallèle de Ljubljana dans le dialogue Belgrade-Pristina, du type initiative visant à redessiner les frontières de la région.

« [Nous avons eu] un échange ouvert et approfondi d’opinions et de points de vue sur les questions les plus urgentes de la politique étrangère et de sécurité de l’UE » raconte Janez Jansa. Entre autres : le Sahel, la Méditerranée, la question migratoire, les Balkans, l’élargissement, le voisinage oriental et l’État de droit.

J. Jansa et J. Borrell à la table du refuge, l’un des plus grands de Slovénie (crédit : twitter Jansa)

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Task-force Takuba : les Européens sont là. Ils ont pris conscience du danger au Sahel (Florence Parly)

Mon, 05/07/2021 - 16:05

(B2) La ministre des armées, Florence Parly, indique combien elle mise sur les Européens pour prendre le relais. Elle donne aussi des précisions sur le soutien américain. Autres sujets tensions avec la Turquie ou en mer Noire

Florence Parly lors de l’échange avec les journalistes ‘défense’ (© NGV / B2)

Un propos qui intervient juste avant l’annonce officielle vendredi (soir) 2 juillet, de la reprise de sa coopération avec l’armée malienne (cf. encadré).

Au Mali et Sahel

La Task-force Takuba peine à monter en puissance. Les Européens semblent peu mobilisés ?

—  Je ne partage par la vision selon laquelle peu d’Européens sont là. Le déploiement se déroule à un bon rythme. Aujourd’hui, quatre pays sont déjà sur le terrain (Estoniens, Suédois, Tchèques et Italiens [NB : qui arrivent] ainsi que quelques Portugais). Les Roumains vont nous rejoindre avec une cinquantaine de militaires [NB : au dernier trimestre 2021]. Et les Danois [début 2022]. [Certes] Cela suppose beaucoup de dialogue avec nos partenaires européens. [Mais] les Européens ont pris conscience du danger qui existe au Sahel.

Vos partenaires européens vous ont-ils fait part de leurs réticences après le coup d’État ?

— À ce stade, je ne vois pas d’inflexion, ni de réticence ou remise en cause de la part de nos partenaires, liée à la situation — le coup [d’État] dans le coup [d’État].

Quel sera l’avenir de Takuba dans le nouveau dispositif. Y aura-t-il un changement ?

— Il y aura une place majeure de Takuba dans les prochains mois et années, dans le cadre de la transformation et de la réarticulation du dispositif Barkhane. [Mais] il n’y a pas de changement de la vocation de Takuba qui est d’accompagner au combat les forces maliennes. Il y aura un changement progressif d’échelle. Takuba n’a pas vocation à se battre à la place des Maliens. Notre principal chantier est d’organiser la disponibilité de ces unités. Trois groupes sont actuellement constitués avec les forces maliennes [les ULRI]. Deux autres, les quatrième et cinquième, sont en cours de constitution. La transformation de Barkhane ne signifie pas notre départ du Sahel ou que nous allons diminuer les opérations contre les terroristes au Sahel.

Le soutien américain a-t-il été confirmé ?

— Oui. Les Américains nous soutiennent. [Le Secrétaire d’État] Antony Blinken l’a confirmé. Une confirmation importante. Les moyens ISR (intelligence, surveillance et reconnaissance) ou les drones, les capacités de ravitaillement en vol, le transport aérien… le soutien américain détermine de façon notable notre capacité à agir.

Huit ans après, on a l’impression de ne plus trop bien cerner l’objectif, le but de la guerre ?

— L’objectif n’a pas changé, c’est la lutte contre terrorisme. Celui-ci n’a pas disparu. Le fait que les groupes terroristes n’aient pas été en mesure d’organiser et projeter une opération sur le territoire national ne signifie pas que ces groupes ne sont pas dangereux, et ne puissent envisager de le faire. […] Nous avons une responsabilité : sécuriser le flanc sud de l’Europe, éviter que le Sahel ne devienne une zone refuge voire d’expansion de groupes terroristes, des groupes affilés aux organisations internationales… C’est une menace pour nous et pour les Européens. C’est une vraie raison pour poursuivre les opérations. Car pendant ce temps là les groupes terroristes ne chôment pas. Leur zone d’influence s’étend, notamment vers le Sud, vers le Golfe de Guinée, vers la Côte d’ivoire.

Méditerranée et mer Noire

Les tensions avec la Turquie s’apaisent-elle ?

— On a changé un tout petit peu de registre par rapport à ce qui se passait l’année dernière. Je n’ai pas connaissance de [nouvel] incident entre les marines turque et française. Je ne note pas d’escalade ni de tension particulière. Cela ne signifie pas que ce soit réglé.

Avez-vous des éléments sur ce qui s’est passé en mer Noire entre Russes et Britanniques ?

— Nous ne savons pas tout. Les Russes ont fait des déclarations dont je ne sais pas dire si elles sont exactes ou pas, en réaction à la présence de navires britanniques accompagnés d’un navire néerlandais. Les faits reprochés sont-ils ceux relatés par la partie russe ? Je n’ai pas d’éléments pour le dire. Ce qui est certain est que la mer, les océans, sont un bien commun qui doivent rester accessibles à tous. Nous voyons partout dans le monde, des tentatives de limitation de la navigation, d’accaparement des ressources, qu’il s’agisse de la pêche, des fonds marins ou des ressources naturelles. C’est un milieu où les tensions sont plus vives que par le passé. La France et les Européens souhaitons nous engager de façon plus attendue sur ce sujet. Avec la présence maritime coordonnée dans le Golfe de Guinée, la stratégie dans la zone Indo-Pacifique, nous souhaitons entrainer les Européens.

(Nicolas Gros-Verheyde)

La ministre s’est également exprimée sur la coopération industrielle en particulier avec les Allemands. Lire : Coopération industrielle franco-allemande. « L’Union est un combat » (Florence Parly)

Entretien réalisé, à l’Hôtel de Brienne (Paris), siège du ministère de la Défense, vendredi 2 juillet, dans une séance de questions-réponses, à bâtons rompus, avec les journalistes membres de l’AJD (dont fait partie B2)

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Des éléments de la police militaire slovaque à bord d’un navire d’Irini en 2022

Sat, 03/07/2021 - 13:16

(B2) Jusqu’à onze membres de la police militaire slovaque pourront éventuellement rejoindre l’opération européenne de contrôle de l’embargo en mer Méditerranée (EUNAVFOR MED Irini) pendant six mois à partir de mars 2022.

C’est ce qu’a proposé le ministère de la Défense à Bratislava, selon l’agence slovaque TASR. Ils feront partie d’une équipe d’intervention sur un navire battant pavillon allemand. Le ministre de la défense a soumis sa proposition en procédure interminstérielle.

Selon le mandat actuel, seuls cinq membres de l’armée slovaque peuvent servir dans l’opération. Ce n’est pas la première fois que les Slovaques s’engagent dans une opération maritime de l’UE. Un engagement similaire avait été fait lors de l’opération EUNAVFOR Med Sophia, de lutte contre les trafics d’êtres humains (lire : Des Slovaques en Méditerranée).

(NGV)

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Une patrouille suédoise visée par des tirs dans Takuba

Fri, 02/07/2021 - 19:10

(B2) Les soldats effectuaient une mission de routine, lorsqu’ils ont été « visés par des tirs de gros calibre » mercredi soir (30 juin), indique un communiqué de la défense suédoise. Aucun soldat n’a été blessé. Tous les soldats sont revenus au camp principal. Cette situation « ne remet pas en cause l’engagement de la Suède dans la région », précise-t-on côté suédois.

(AF, st.)

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